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La Chine peine à camoufler sa production de porte-avions

Publié le 03 février 2015 par Plusnet
La Chine peine à camoufler sa production de porte-avions La bourde d'un élu local de Changzhou a confirmé ce que craignaient les États-Unis : la Chine a bien entrepris la construction d'un second navire de guerre. Même dans l'empire rouge, les secrets d'État peinent à rester sous le boisseau. L'espace de quelques heures, une entreprise de la province du Jiangsu a éventé un secret de Polichinelle, emporté par la ferveur d'une campagne d'autopromotion. "Shangshang Cable Group, le leader dans son domaine en Chine et numéro dix mondial, a remporté avec succès un appel d'offres pour le deuxième porte-avions chinois", a claironné samedi le site officiel de la ville de Changzhou, sur son site Weibo, le Twitter chinois. Un nouveau succès du "made in Changzhou", immédiatement repris par le journal local du soir, dithyrambique. "En Chine, les médias locaux ont pour mission de promouvoir les gouvernements provinciaux", explique au Point.fr une journaliste, sous le couvert de l'anonymat. Problème, ce projet de porte-aéronefs est nié en bloc par l'Armée populaire de libération (APL). Branle-bas de combat, en quelques heures, le post mettant en cause la sécurité nationale est effacé à la demande express des militaires.
Trop tard ! La presse internationale et nationale relaye l'information. Cette nouvelle indiscrétion confirme les soupçons des services de renseignements occidentaux. La Chine a bien mis en chantier, sans doute à Dalian, un frère jumeau du Liaoning, son seul porte-avions en opération depuis 2012. En réalité, le mystérieux navire, dont la construction pourrait durer six ans, sera le premier véritable porte-aéronefs conçu et fabriqué par l'empire du Milieu. Car le Liaoning est d'origine soviétique et sa carcasse fut vendue par l'Ukraine en 1998 à Pékin, qui l'a remis à niveau. Symbole spectaculaire des nouvelles ambitions maritimes chinoises face aux États-Unis, le mastodonte de 60 000 tonnes est en fait avant tout un navire d'entraînement pour familiariser les marins chinois à la guerre en haute mer, jugent les experts.
"Combat du siècle"
Puissance continentale avant tout, la deuxième économie mondiale met les bouchées doubles pour tenter de combler son retard au large. En effet, sa marine "n'est pas à la hauteur de sa puissance économique", juge le quotidien nationaliste Global Times, justifiant ce nouvel investissement. Elle traîne derrière celle du Royaume-Uni ou même de l'Inde, qui sont dotés chacun de deux porte-aéronefs, souligne le journal proche du parti.
L'APL compte se doter non pas de deux mais de quatre porte-avions à terme, a laissé entendre Wang Min, le chef du parti de la province du Liaoning, l'an passé. Des affirmations jamais confirmées par le régime, mais qui nourrissent l'inquiétude des États-Unis, qui dénoncent "l'opacité" de la croissance à deux chiffres du budget militaire chinois. Avec en ligne de mire les îles Senkaku, contrôlées par le Japon et réclamées par la Chine sous le nom de Diaoyu. Ainsi que les îles Spratly, en mer de Chine du Sud, disputées par plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, soutenus en sous-main par Washington. Pourtant, l'US Navy peut voir venir, puisqu'elle peut aligner officiellement dix porte-avions sans compter une nouvelle classe "America" de navires d'assaut "amphibies" capables d'embarquer des chasseurs de combat. Avec un budget militaire toujours trois fois plus lourd que celui de Pékin, selon le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), le Pentagone a de la marge pour préparer le "combat du siècle" dans le Pacifique.
Source : LePoint

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