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La loi Macron et le FN

Publié le 08 février 2015 par Despasperdus

Même pour un irréductible opposant à la loi Macron, le débat parlementaire commence à lasser parce que tout est déjà acté grâce aux institutions de la Cinquième République. Seuls quelques puissants lobbies arrivent à arracher à cette loi quelques dispositions. Pour le reste, tout ce qui est défavorable au salariat est inscrit dans le marbre austéritaire.

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La loi Macron constitue une avancée de plus dans le grand mouvement de régression sociale. Pas une seule des dispositions n'est sociale. Tout ce qui peut gêner la toute domination patronale sur le salariat sera éliminé par la loi Macron comme le dénonce 117 élus, syndicalistes, intellectuels et responsables associatifs :

« Les dispositions de la loi ont un fil directeur : « ce qui est bon pour le patronat est bon pour l’économie », quelles qu’en soient les conséquences pour les salariés. Cette loi est le complément du pacte de responsabilité dont les prétendues contreparties se sont révélées des illusions. Elle participe d’une tendance générale dans l’Union européenne au moins-disant social. La stagnation, voire la baisse, des salaires et des pensions, les coupes massives dans les dépenses publiques pèsent sur la demande globale et donc sur l’activité des entreprises. Ces dernières préfèrent verser de confortables dividendes à leurs actionnaires plutôt qu’investir. »

La suite de l'appel est disponible sur le site de L'Humanité, seul quotidien national à ne pas verser dans le soutien au délire néolibéral en cours.

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Tandis qu'en Grèce, le gouvernement Tsipras respecte ses engagements en stoppant l'austérité, la France s'enfonce dans la régression sociale. La Grèce a subi un traitement néolibéral austéritaire sans précédent en Europe de 2010 à 2015, digne d'un remède de cheval, causant une crise humanitaire en pleine Europe. La France, elle plus riche, subit encore une austérité plus douce et plus lente qui la mène inexorablement à se désindustrialiser, à casser ses services publics, à privatiser, à gérer le chômage de masse, et à imposer comme norme la précarité sociale et l'insécurité sociale avec des chômeurs condamnés au chômage à vie et une population grandissante de sans domicile fixe.

Mort violente d'un côté, mort douce de l'autre, mais mort inexorable des Etats providence qui permettaient grosso modo, à force de lois et de règlements, d'assurer à la population un certain nombre de protections sociales vitales contre les effets les plus durs du capitalisme. Permettant aussi le vivre ensemble et une certaine cohésion et solidarité sociale.

Si la Grèce semble entrevoir la fin du tunnel, la France et tous les autres pays de l'UE se noient dans la nuit austéritaire. Le capitalisme sauvage et l'emprise de la finance sur les partis dits de gouvernement qui s'échangent le pouvoir à intervalles réguliers font le lit des mouvements d'extrême droite dans toute l'Europe, hormis la Grèce, l'Espagne et l'Irlande.

Dans cette Union européenne qui impose, avec la complicité des forces de droite et de la social-démocratie, la concurrence permanente à défaut de la solidarité entre les pays membres, naît un contexte politique délétère où les peuples ne semblent avoir qu'une seule alternative aux partis austéritaires, l'extrême droite. En d'autres termes, les lois de régression sociale favorisent les mouvements d'extrême droite.

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Si l'Histoire ne se répète pas, nous dit-on, elle a une fâcheuse tendance à bégayer.

Quand les partis austéritaires traditionnelles seront complètement discrédités, l'extrême droite les remplacera probablement pour protéger les privilèges de la caste oligarchique. Le capitalisme ne fait pas de sentiments, et, il na jamais été synonyme de démocratie. Il s'est accommodé des pires régimes, l'Allemagne d'Hitler, l'Italie de Mussolini, la France de Pétain, l'Argentine des Colonels, le Chili de Pinochet, l'Iran de Khomeini, etc. Et aujourd'hui, la Hongrie de Viktor Orban. Voire, l'action de la BCE contre la Grèce...

Par conséquent, le capitalisme dominé par la finance favorisera la conquête du pouvoir de l'extrême droite pour faire barrage aux forces anticapitalistes. Le fait que les médias dominants, aux mains d'une poignée d'oligarques, participent à l'entreprise de banalisation du FN tout en ostracisant les forces de gauche qui s'opposent à l'austérité, en est le signe le plus évident. De même que la banalisation médiatique et politique du discours anti-immigré et des atteintes à nos libertés individuelles au nom de la lutte contre "l'assistanat" et le terrorisme par les forces austéritaires. Le chemin est balisé...

Aussi, permettez-moi de rire (jaune ou rouge) quand on évoque le vote républicain... puisque ces républicains-là soutiennent des politiques de classe, dont la loi Macron, qui favorisent l'extrême droite.


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