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Consequences des traumatismes de l’enfance precoce

Publié le 07 février 2015 par Darouich
Les conséquences à long terme des traumatismes précoces de l’enfance sont très difficiles à prédire et dépendent d’un grand nombre de variables. Ces variables comprennent la nature, la durée, l’intensité et la signification d’un traumatisme donné ; le nombre de fois et la fréquence à laquelle les traumatismes surviennent ; et l’âge, l’état de santé préexistant, le tempérament et la constitution de la victime. Cela inclura aussi le degré de bénignité, de guérison, d’événement indifférents ou nuisibles, les maladies, les accidents ou les pertes qui ont précédé ou suivi le ou les traumatismes.Des traumatismes sévères et répétés peuvent conduire à une anxiété d’ordre phobique et à des attaques de panique. Cela peut être si invalidant que des personnes de ce genre peuvent être empêchées de travailler, de poursuivre leurs études, ou même de quitter leur domicile.Voici ce que Stella CHESS-STATES (1992) nous dit de la contribution que le traumatisme précoce de l’enfance apporte au conflit adulte : " Les différences de style de réactivité à l’âge adulte sont souvent une cause plus puissante de dissonances inter-personnelles que ne l’étaient les traumatismes infantiles ".Elle et son mari, Alex THOMAS, ont suivi le même groupe d’enfants pendant vingt-cinq ans. Ils ont trouvé que les enfants qui montraient une conduite " difficile " dans l’après-coup et indépendante du traumatisme, étaient les plus menacés.Pour HERTZIG (1983) " L’enfant difficile ... est simultanément irrégulier dans le fonctionnement biologique, se replie devant des situations nouvelles, a tendance à des expressions d’humeur négatives et intenses et n’est pas adaptable, ou lentement adaptable. Cet enfant est à haut risque pour le développement futur d’une maladie psychiatrique. Par ailleurs, les études sur les enfants atteints de blessures cérébrales ne montrent pas de corrélation dans l’après-coup entre les données neurologiques et les problèmes psychiatriques dans les années qui précèdent. L’enfant " difficile " encourt statistiquement les mêmes risques avec ou sans problèmes neurologiques. Cependant, il y a plus d’enfants " difficiles " dans le groupe des enfants à problèmes neurologiques.Il est possible que l’enfant " difficile " présente plus fréquemment des traumatismes crâniens." La désinhibition sociale est le seul facteur spécifique de la blessure cérébrale. Tous les autres problèmes psychiatriques varient beaucoup selon le tempérament et les variables psycho-sociales " (RUTTER, CHADWICK ET SHAFFER, 1983).De tels facteurs constitutionnels faisant d’un enfant " un enfant difficile " et des infirmités et des incapacités dans l’apprentissage peuvent prédisposer à un traumatisme précoce dans l’enfance.RANGER, thérapeute pour enfants victimes d’abus, constate que ces enfants handicapés sont particulièrement menacés par la dépression, les troubles du comportement et par l’abus sexuel. De tels abus, il constate (qu’ils) " ... peuvent affecter l’identité sexuelle à long terme, les relations amoureuses d’un adolescent, l’indépendance de sujets d’une vingtaine d’années et le choix d’un partenaire pour se marier ".Un abus sexuel de la part d’un parent implique une trahison par celui-ci et sa perte, aussi bien que l’abus sexuel lui-même. Cette perte est moins traumatisante que le traumatisme physique lui-même. Même s’il s’agit d’une catastrophe comme un tremblement de terre, des individus examinés à plus ou moins grande fréquence (tous les mois, ou tous les six mois) montraient des symptômes persistant à la mort de leurs proches, mais pas quand ils perdaient des biens matériels.Il y a des conditions qui sont associées avec un très forte incidence de symptômes de longue durée chez des individus exposés. Par exemple, les prisonniers de la IIème guerre mondiale qui ont connu la faim, l’isolement et ont été victimes de sévices durant leur réclusion, ont montré des symptômes sévères de stress post-traumatique quarante ans après dans 5 % des cas. Les enfants du Cambodge après quatre ans de pertes d’objet, de tortures, d’abus et de négligeance, ont montré des symptômes accentués de stress post-traumatique cinq ans après dans cinquante pour cent des cas (KINZIE, 1990).Il n’y a pas de statistiques sur l’incidence de la personnalité multiple à propos de ces victimes, mais ils montraient certainement une grande propension à la panique et aux anxiétés diffuses. On a aussi retrouvé que les personnes ayant un score élevé de stress post-traumatique présentaient le plus souvent un score élevé dans la faculté d’être hypnotisées et un score élevé au niveau de l’imagerie, les deux pouvant prédisposer ces sujets à des perturbations d’ordre dissociatif ou alors à des conversions (UHDE, NEMIAH, 1990).Il est utile à présent de se pencher sur la dialectique traumatisme / dissociation dans une perspective historique. Par exemple, il y a eu ce célèbre héros de tragédie, Oedipe (son nom signifie aux pieds enflés, OId Ip OU ) qui a été appelé ainsi parce que son père lui ait transpercé les pieds avec des liens destinés à l’immobiliser. De cette façon, il avait toutes les chances d’être mangé par des bêtes sauvages.Le mot traumatisme vient du mot grec qui signifie " blessure " ou " plaie qui s’est violemment produite " (WEBSTER, Nouveau Dictionnaire Universel, deuxième édition). L’autre signification pour ce mot en Psychiatrie est une expérience émotionnelle ou un choc qui a un effet psychique persistant. Depuis les temps anciens, les événements traumatiques ont été considérés comme des contributions malheureuses ou comme les causes de maladies mentales ou comme des changements douloureux dans les différents états d’un sujet.Un précis de médecine typique, publié en 1871, cite les causes suivantes de la folie : " Elles sont nombreuses ; les principales sont des prédispositions héréditaires, les blessures à la tête, les excès, les rêves de fortune et les ennuis domestiques " (HARTSHORN). Bien sûr, les évènements traumatiques sont particulièrement manifestes en temps de guerre et aussi loin que l’on peut remonter. Déjà dans l’Iliade de Homère on avait remarqué que le stress et l’expérience traumatique d’un combat pouvaient suffire à changer une personnalité. A cette époque là, on attribuait aux Dieux l’action du q UµO (l’âme), localisée approximativement à la place où on localise aujourd’hui le thymus (DODDS, 1957).Durant la guerre civile américaine, il y avait un physicien qui s’appelait Silas WEIR MITCHELL qui prenait en charge les blessures nerveuses et les maladies neuro-psychiques à Turner’s Lane Hospital, à Philadelphie. A la fin de la guerre il devint un spécialiste en ce qui concerne les maladies nerveuses. MITCHELL était, comme chacun sait, associé avec l’introduction de la " cure de repos " des maladies nerveuses, associées avec les évènements traumatiques des combats durant la guerre civile. Cela fut, ultérieurement, utilisé pour le traitement de l’état hystérique. La " cure de repos " consistait à ce que le patient soit confiné au lit et mis à la diète stricte, puis à prescrire l’isolement et des massages durant une période bien délimitée du repos. Cette technique était pratiquée par mon professeur de Neurologie, Louis POLLACK, jusqu’en 1945 à Northwestern. Ceci eut beaucoup d’influence en Europe et participa à l’introduction d’un traitement appelé " thérapie du sommeil profond ". Cette technique est toujours utilisée en Russie lorsque j’ai visité Léningrad et Moscou récemment. Si cela n’est pas populaire aujourd’hui, il y a encore des indications pour cette technique dans ce pays. Un repos de la sorte, profond et soutenu, a été conçu pour encourager les pouvoirs naturels de guérison et les pouvoirs du patient à intégrer son propre corps.Pierre JANET (1925) fait référence à l’importance de la mémoire du traumatisme dans la genèse et le développement des maladies émotionnelles et il cite plusieurs auteurs : MOREAU-DE-TOURS, BAILLARGER et BRIQUET comme conduisant aux physiciens français qui insistaient sur l’importance du chagrin et des émotions traumatiques similaires dans la genèse des maladies mentales. Pierre JANET a apporté sa propre contribution à cette façon de voir les choses et a écrit à ce sujet, en 1886 et 1892. Il a ultérieurement trouvé une notion comme quoi il n’y a pas eu d’évènements traumatiques en tant qu’événement isolé, mais qu’il y avait davantage un sorte de mémoire importante, ou signifiante, qui se produisait à partir du conflit et se rapportait aux symptômes de la maladie. Il décrivit un certain nombre de cas dans son livre " L’automatisme psychologique " en 1889. JANET montre que les patients ont fait l’expérience dans leur enfance de certaines impressions qui revenaient en mémoire et quand la mémoire leur était ravivée par quelques évènements, c’est là que les symptômes réapparaissaient et que la personne souffrait de troubles mentaux dus à l’influence de ces remémorations.Les écrits les plus récents de Sigmund FREUD sur le sujet publiés en 1899 et 1895 reconnaissaient ces études précoces et s’accordaient à dire que ces remémorations pouvaient causer les symptômes de la névrose. Il a développé ce point de vue dans les études sur l’hystérie en collaboration avec BREUER.Pierre JANET décrivait l’exemple d’une patiente qui, à l’âge de 9 ans, avait dû dormir dans le même lit qu’un enfant dont la moitié gauche du visage était couverte de croûtes d’impétigo. Plus tard, dans sa vie d’adulte, à l’âge de 19 ans (dix ans plus tard, donc) elle présentera une anesthésie du côté gauche du visage, directement en relation avec cette remémoration précoce. En rapportant la remémoration à l’attention de l’enfant (devenu adulte), il fut possible de faire des changements thérapeutiques.De toute manière, JANET s’est donné beaucoup de mal pour pointer que bien des désordres émotionnels ne sont pas rattachés à la mémoire traumatique et qu’il fallait se garder de ne pas " découvrir " les souvenirs traumatiques qui n’existent pas réellement.L’élaboration et l’étude de l’histoire des patients doivent être menées très prudemment de façon à ce que l’on ne puisse pas introduire dans l’esprit du patient des souvenirs qui n’y étaient pas.Il continue à décrire ses difficultés en retrouvant ce genre de remémorations, avec une sorte d’état particulier dans lequel il pourrait trouver quelquefois ces patients, un état somnambulique.Cela s’est vu dans l’écriture automatique, dans les rêves et dans l’évocation des expériences durant le sommeil lorsque la personne était réveillée brutalement. Cela se retrouve également dans les états de relaxation quand on demande simplement à quelqu’un de dire ce qui lui passe par la tête (" somnambulique " sous-entend " hypnotique ").Pour expliquer le pouvoir de ces remémorations d’engendrer des symptômes, JANET alla plus loin que le mécanisme de la suggestion dans la notion de perte de pouvoir (sentiment que personne ne peut vous aider) que l’on fait au cours des expériences individuelles.Lorsqu’une personne expérimente cette sorte de désarroi sans l’avoir voulu, cette personne devient beaucoup plus vulnérable à la formation du symptôme, JANET montra une grande familiarité avec la littérature américaine et fait référence en particulier au travail de MORTON-PRINCE (mai 1891, in " Le Journal des Maladies Mentales et Nerveuses ") au niveau des associations de type névrotique, à travers lesquelles il a montré (que) " les névroses consistent bien souvent en l’évocation malheureuse de symptômes psychologiques associés ".MORTON-PRINCE, qui était associé avec Boris GIDIS, a été influencé par le travail de PAVLOV, sur le conditionnement. Il a écrit sur l’importance de la peur et de l’anxiété en relation avec les remémorations traumatiques et les symptômes qui en découlent.Les contributions d’ADLER, de JUNG et de bien d’autres dans la littérature psychanalytique sont trop connues pour être citées ici et pourraient transformer ce travail en un travail d’encyclopédie. Or, nous devons continuer à considérer les effets du traumatisme.JANET (il y a une centaine d’années) et JACOBSON en 1975, ont également fait référence à l’importance de la dépression dans la vulnérabilité de ces expériences de traumatismes. Cela dépend souvent de la manière dont la conservation de la perte de l’estime de soi est expérimentée. La dépression préexistante, ou l’histoire de la dépression, augmente la vulnérabilité au syndrome du stress post-traumatique.Les remémorations traumatiques pourraient varier dans leurs conséquences selon la précédente expérience du traumatisme, la précédente expérience de l’estime de soi et le degré jusqu’auquel l’expérience du traumatisme courant va miner l’estime de soi et aggrave le sentiment que personne ne peut nous aider et touche à des expériences passées, non résolues, des précédents traumatismes.Tant que l’implication des sciences cognitives est d’apprendre et d’apprendre encore, qu’elle est autant influencée par l’anxiété, ces expériences traumatiques peuvent aller jusqu'à un plus grand ou un plus faible degré d’interférence avec l’apprentissage.Quoi qu’il en soit, les traumatismes physiques, les accidents, les brûlures et les fractures ne sont pas nécessairement un signe de perte d’estime de soi. On sait maintenant parfaitement que des meurtrissures fréquentes, des lacérations, des brûlures et des fractures qui arrivent à tous les enfants durant les premières années de leur vie sont relativement minimes au niveau du retentissement psychologique si elles sont d’origine accidentelle.Si la blessure est infligée par une personne de qui l’enfant doit attendre une protection, c’est bien plus traumatisant.Par conséquent, il faut faire une nette distinction claire entre le traumatisme avec abus qui sape l’estime de soi de l’enfant, de la part de la personne censée en prendre soin et dans une confiance mutuelle et le traumatisme sans abus qui peut réellement impliquer l’affirmation de l’estime dans l’acte de prendre soin de l’enfant, de la part des personnes qui en prennent soin qui sont responsables et aimantes.Arthur GREEN qui a passé de longues années à travailler avec les enfants dont on a abusé et leurs parents a observé (GREEN A.H., 1982) que les expériences accablantes des enfants dont on a abusé résultaient souvent d’une paralysie de leurs fonctions cognitives. Ils font également l’expérience des différents états de panique et d’anxiété.L’exposition soutenue et pénétrante au rejet parental, l’attaque et la privation ont aussi des effets destructeurs sur le développement des relations qui vont suivre dans lesquelles ils anticipent la violence et le rejet comme étant les éléments majeurs des rencontres humaines. Ces enfants dont on a abusé qui étaient très primaires dans leurs mécanismes de défense, apparaissaient aussi découragés.Ils se dépréciaient eux-mêmes. Ils devenaient auto-destructeurs. Ils montraient des difficultés croissantes dans les séparations d’avec leurs parents. Ils avaient des difficultés avec les professeurs et leurs camarades à l’école.Dans les programmes de soins de jour on retrouvait que les tout-petits qui avaient subi un abus ignoraient les ouvertures amicales et les approches soignantes de la part des adultes qui en avaient la charge. Ils y répondaient négativement. Ils montraient également des actions plus agressives envers leurs camarades et les adultes qui en avaient la charge (GEORGE et MAIN, 1979).DAN STERN (1985) a fait une étude rigoureuse de l’émergence du sens du self dans les deux premières années et demi de vie, avec une attention particulière aux évènements des douze premiers mois. STERN et ses collègues utilisèrent le fractionnement des images de la caméra vidéo de manière à obtenir des observations très pointues et très précises des changements survenus d’une minute à l’autre dans l’interaction entre l’enfant et la mère et dans la manière dont l’enfant utilise cette expérience d’interaction pour organiser son propre fonctionnement.Dans le rapport de sa recherche, STERN nous présente un groupe de notions originales et théoriques qui ne nous était pas familier, notions des " affects vitaux ".Ces affects vitaux se rapportent à des études de changement et d’expériences émotionnelles telles que se lever, tomber, diminuer, augmenter, s’enfuir, chercher, intensifier, se calmer, éclater, etc... Le terme peut être appliqué à n’importe quel changement dans les états de motivations ou à tout changement dans les intentions. Ce sont les formes des sentiments qui contrastent avec des termes descriptifs tels que le bonheur, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût, la surprise, etc...L’enfant a une capacité innée à expérimenter l’importance du changement, ou les urgences et les allusions de l’expérience, et de les résumer d’une façon qui transcende l’autorité, dans des modes visuels et tactiles. Par conséquent, l’enfant peut distinguer ces expériences les unes des autres, à un âge très précoce, incluant ces modes d’expériences dans l’émergence du self du petit enfant. Tandis que les bébés grandissent et se développent, ils construisent ces expériences au sein d’une organisation qui devient ce que STERN appelle " le domaine fondamental de la subjectivité humaine " (STERN, 1985).STERN décrit ce qu’il appelle le noyau du self qui est fait d’un ensemble spécifique d’expériences1°) L’agencement du self2°) La cohérence du self3°) L’affectivité du self (la conscience du modèle des qualités internes, du ressenti, de la perception, des états affectifs des personnes significatives pour lui)4°) L’histoire du self (sens de la continuité au cours du temps ; le sentiment d’un enfant envers ceux avec qui il continue à être) (STERN, 1985)Il suggère que des évènements inter-personnels récurrents comme l’acte de nourrir laisse une trace mnésique et que ce modèle invite affectivement de la succession d’évènements similaires serait appelé une représentation d’interactions qui ont été généralisées.C’est presque exactement ce que Harry STACK SULLIVAN a utilisé pour son appellation " PERATAXIC EXPERIENCE ".Les données scientifiques de STERN, selon ce que j’en ai compris, excluent certaines conclusions de HEINZ HARTMAN et MARGARET MALHER, en particulier leur notion de moi archaïque, ou de symbiose primaire. Quoi qu’il en soit, au fur et à mesure que l’enfant grandit et développe un sens de la fusion avec quelqu’un d’autre ou une empathie avec une autre personne, cela devient possible sous la forme de relations intersubjectives continues ; parce que l’individu est maintenant capable de savoir qu’il a un esprit et que les autres personnes ont également des esprits.Puis les expériences subjectives peuvent être partagées jusqu’à un certain point à travers les gestes et les vocalisations. Durant la deuxième année de vie l’enfant développe le langage et est désormais capable d’expérimenter le fait d’être ensemble comme la séparation-individuation du soi et de la mère. Elle est capable de donner les mots que le petit enfant peut lier à des expériences, et alors les mots peuvent devenir un phénomène transitionnel, en empruntant le langage de WINNICOTT. W.R.D. FAIRBAIRN et HARRY STACK SULLIVAN postulent tous les deux pour la similitude d’une certaine séquence du développement de l’enfant émergeant comme un soi séparé dans le processus d’interaction avec la mère, au début de sa vie, (bien qu’il y ait de nombreuses différences entre leur langage et leur énergie).Un évènement traumatique isolé de courte durée peut ne pas avoir une grande signification dans le long parcours de la vie du petit enfant, en fonction de ses conséquences. Mais les expériences répétées d’abus traumatiques ou d’abus soutenus, ou de négligence soutenue, d’abandon et de séparations peuvent produire un parcours de développement gravement perturbé. De nombreux auteurs ont abordé ce sujet en proposant un modèle écologique d’abus dans la petite enfance qui tente de prendre en compte les histoires du développement des parents, les valeurs culturelles et les stress qui existent dans l’environnement familial, et le lieu de vie des familles.Donc les actes d’abus sont perçus comme le résultat final des interactions familiales qui interagissent également avec des stress sociaux et situationnels et par là ont un impact sur les points de fragilité du développement de l’enfant.En fonction du degré et de la durée du traumatisme on peut imaginer quelle étendue de l’interférence ou de l’interruption cela peut entraîner dans le processus du développement conduisant à de graves retards du développement ou à un parcours de développement irrégulier.Les traumatismes peuvent amener à des stress, même si le mot stress est parfois mal employé, comme s’il était interchangeable avec traumatisme ou même avec anxiété.Il est utile de réviser les effets du stress sur le développement, dans le contexte BERLIN, 1990 : " à travers toute vie antérieure à l’âge adulte, le plus puissant stress, que l’on peut rencontrer, est la perte totale ou la séparation prolongée du parent nourrissier ".Le divorce a des conséquences particulièrement sévères sur les enfants d’âge pré-scolaire ou scolaire. Cela peut-être perturbant au niveau du développement de la petite enfance ou de l’adolescence comme l’a souligné récemment WALLERSTEIN, cela peut être gravement perturbant, même, vers la fin de l’adolescence.La dépression sévère de la mère comporte son aspect le plus nuisible sur le nourrisson et le jeune enfant à tout âge, comportant une détresse empathique, une séparation, et parfois une négligence.L’abus, aussi bien violent que sexuel, agit également comme une source majeure de stress.Dans la petite enfance, une maladie aigüe qui conduit à l’hospitalisation et à la séparation est un stress majeur. Cette circonstance a des conséquences graves dans l’adolescence tout aussi bien. Tout au long de la vie le cycle de la maladie chronique et/ou de l’invalidité mentale peut engendrer le stress. Des problèmes structuraux du développement héréditaire ou congénital, de nature orthopédique, comme un pied-bot ; la spina bifida qui nécessite une chirurgie douloureuse de manière itérative ; d’autres défauts congénitaux tels que des anomalies cardiaques, nécessitent également des procédés chirurgicaux inconfortables. De telles conditions peuvent être menaçantes pour la vie, et très douloureuses. De tels stress peuvent n’avoir aucune conséquence traumatique si le support thérapeutique est adéquat.Des maladies aigües graves des parents, y compris des maladies mentales, provoquent des séparations et interfèrent avec la capacité des parents d’être préparés aux besoins du développement et aux demandes relationnelles de l’enfant, petit ou adolescent. Dans la nature des choses, une maladie mentale d’un parent peut être un facteur de stress puissant et traumatique. Même les changements de lieux géographiques en tant que déplacement de la famille, qui séparent le jeune adolescent d’un groupe de ses semblables, peut proposer au développement du jeune un grave défi.Avant l’acquisition de l’aptitude au langage les nourissons peuvent montrer leurs réactions au traumatisme, comme le stress, ou comme des expressions telles les coliques,le fait de ne pas cesser de bouger, des problèmes de sommeil et des pleurs ou des vagissements constants. Dans les cas sévères, il y a des interférences avec la prise de poids, la croissance du corps, et la maturation sensori-motrice. S’ils ne sont pas corrigés ces problèmes de la petite enfance peuvent conduire à des interférences avec les fonctions du développement telles la marche, la parole, et l’habileté dans la coordination entre l’oeil et la main.La dépression persistante, les troubles de la personnalité borderline et la personnalité multiple sont quelques conséquences à long terme des stress traumatiques répétés et soutenus dans la petite enfance.Un des objectifs principaux de notre étude des traumatismes est la question de ceux qui sont plus vulnérables à la dissociation que les autres.Qu’est-ce qui rend des personnes capables de survivre dans un camp de concentration, en ayant expérimenté toutes les horreurs d’un camp comme Auschwitz, et en étant encore capable de vivre pratiquement sans symptôme, tandis que bien d’autres personnes qui ont souffert d’un semblable traumatisme et de la torture ont développé une maladie chronique d’un genre ou d’un autre ?Récemment des études ont mis en évidence le concept d’élasticité : la capacité pour un individu de souffrir d’expériences traumatisantes sans les conséquences de maladies graves. Raymond SOBEL, psychiatre à Dartmouth, qui est maintenant à la retraite, étudiait un groupe de jeunes enfants qui avaient survécu au fait d’avoir grandi dans une famille traumatisante et psychotique et avaient trouvé leur réponse dans leurs capacités à se détacher de la personne psychotique et dans leur propension à nouer des relations qui soient satisfaisantes et gratifiantes. Ils se sont émotionnellement détachés de leurs familles traumatiques et ils sont partis de la maison vers les voisins et les autres personnes qui devenaient des éléments critiques dans leur élasticité de leurs expériences traumatiques.C’est une certitude qu’il y ait une tendance génétique à la suggestibilité mise en évidence par les différents stades des mouvements du globe oculaire décrits par Herbert SPIEGEL. Cette vulnérabilité génétique à la suggestion est aussi une capacité génétique à la dissociation.Après des siècles de négligence et d’abus envers les enfants en Occident, le 19ème siècle a vu un changement qui s’est amorcé au siècle des Lumières, avec l’influence des écrivains tels que ROUSSEAU au 18ème siècle et DIKENS au 19ème siècle. Après la guerre civile américaine, la société pour la prévention de la cruauté envers les enfants fut fondée en 1871.Puis nous eûmes la première conférence à la Maison Blanche sous Théodore ROOSEVELT, qui a suivi. Mais en dépit des lois contre les abus et l’exploitation des enfants, la prostitution, l’exploitation des enfants et le travail d’esclave des enfants continuent encore, à un degré plus ou moins fort ; et subit une inspection plus ou moins appuyée.En 1962, KEMPE et ses collègues commencèrent à publier au sujet des enfants battus. Ces publications, durant les trente dernières années, sont devenues des considérations très importantes dans le domaine du soin des enfants, en pédiatrie et dans le domaine public. Quoi qu’il en soit, les parents ont encore le pouvoir, de par le système traditionnel confirmé par les tribunaux, d’infliger des châtiments corporels à leurs enfants, en accord avec leur conscience morale et leurs traditions. Cela peut être difficile, mais des efforts ont été faits pour étudier les conséquences à long terme des différents degrés et des différentes durées des abus commis sur l’enfant, physiques et sexuels, sur le développement de l’enfant.Certainement, nous savons qu’avec des conditions sévères et prolongées, les enfants échouent et ne réussissent pas. Les enfants dont on a abusé présentent des pleurs et sont irritables ; ils présentent des difficultés alimentaires et des retards dans le développement moteur et social.Dans la deuxième moitié de la première année de vie, l’ensemble de leurs réponses sociales devient manifestement déficient, et il y a davantage de retraits affectifs, et ils montrent un manque de plaisir dans leurs interactions sociales. Ils présentent une humeur préférentiellement irritable, ou malheureuse et quelquefois un échec de l’attachement à leurs mères, avec une absence de peur de l’étranger et une absence d’angoisse de séparation.Les petits enfants et les enfants d’âge préscolaire montreront également des retards dans le langage et dans le développement social, et dans les compétences motrices.Ils apparaîtront apeurés, hyper-vigilants et anxieux. Ils montreront des émotions brutales et un manque de spontanéité dans leurs jeux. Ils seront incapables d’imaginer quelque chose autour d’un jouet. Ils montreront des thèmes de punition qui illustreront le mécanisme de défense psychodynamique d’identification à l’agresseur.En cela, ils seront plus durs et plus punitifs avec les personnes du jeu et avec les autres enfants.De nombreux enfants d’âge préscolaire, en particulier des filles, si elles quelqu’un en a abusé, seront soumises, passives et excessivement compliantes. Mais ces enfants dont on a abusé ne sont pas toujours aussi passifs et aussi compliants. Environ 25 % d’entre eux ont tendance à être négatifs, hostiles et agressifs envers leurs camarades et envers les adultes, aussi bien qu’hyperactifs avec agressivité et hostilité.Certains de ces enfants vont alterner entre un retrait dans la soumission et une conduite hostile et opposante.Dans la période juvénile du développement (entre 7 et 12 ans), ces enfants dont on a abusé sont solitaires, retirés du monde, méfiants et sans joie.Ils vont quelques fois montrer des conduites qui apparaissent comme très matures, mais qui sont seulement un faux-semblant qui recouvre la peur sous-jacente, l’absence d’émotions et la personnalité infantile, pseudo-maturité, donc.Quelquefois, ils sont très compulsifs, quelquefois, ils présentent un contrôle très pauvre de l’impulsivité, avec une faible tolérance au retard dans l’addition des conduites agressives et destructrices décrites plus haut. Tous ces enfants montrent un manque total d’estime de soi. Ils semblent se regarder avec le contentement et le déplaisir que leurs parents ont montrés envers eux. Cela est très souvent observé dans l’attitude des enfants par rapport à eux-mêmes ou par rapport aux autres, en celà ils expriment l’attitude de parents, hostiles et critiques et qui comporte de la dépréciation, attitude qu’ils reprennent comme une partie de leur propre système du soi et comme une orientation envers leurs camarades et envers les adultes.Il y a aussi une incidence importante de conduites masochistes et auto-destructrices qui peuvent prendre la forme de véritables tentatives de suicide ou de gestes suicidaires, ou de prédispositions aux accidents et aux auto-mutilations.Arthur GREEN (1982) a trouvé un record de telles attaques du soi dans 40 % d’un grand échantillon d’enfants dont on a abusé.La conduite auto-destructrice est souvent précipitée non seulement par l’abus physique des parents, mais aussi par une séparation réelle ou par une menace de séparation de ces mêmes parents. Ces affects peuvent durer très longtemps. Des enfants d’âge scolaire dont on a abusé, maintiennent souvent des images contradictoires des parents qui ne peuvent pas être réconciliés.Nombreux sont les enfants qui ne racontent pas les abus dont ils ont souffert, non seulement à cause de la peur, mais parce qu’ils doivent maintenir une image de leurs parents, celle de bonnes personnes quelle que soit la façon dont ils ont été maltraités. Ils se voient plutôt comme mauvais et essaient de justifier les punitions des parents. Ceci, bien sûr, met en place le terrain pour une prédisposition dépressive. Finalement, et peut-être de façon plus importante, l’image interne d’un bon parent, sans se soucier du caractère inexact que la représentation peut avoir, apporte de l’espoir à l’enfant. L’imprévisibilité des parents qui abusent entraîne un type anxieux d’attachement. La présence et l’approbation d’un parent deviennent désespérément importantes et provoquent l’anxiété. Des attitudes isolées et méfiantes dans ces familles découragent un enfant de développer des relations meilleures en dehors de la maison.Certains de ces enfants s’organisent de manière à se protéger en tissant de très bonnes relations en dehors de leur maison, malgré les efforts de leurs parents pour empêcher cela.Beaucoup d’enfants dont on a abusé ont montré des signes de lésions neurologiques, probablement dues à un processus de sélection, à la malnutrition, à des soins trop pauvres, ou à une déprivation dans les relations maternelles, ou encore à une déprivation sensorielle et cognitive des stimulations.En comparant des groupes égaux d’enfants dont on a abusé et qui ont été négligés, avec des groupes témoins d’enfants normaux, GREEN et ses collègues, en 1982, ont trouvé des différences insignifiantes à propos du délabrement neurologique qui existait entre les enfants dont on a abusé et ceux qui ont été négligés, qui n’ont pas souffert d’abus physiques. Cela ne doit pas être une surprise de trouver que l’adaptation scolaire de la plupart des enfants victimes d’abus est très pauvre.Leurs déficits neurologiques cognitifs, leurs déficits dans l’attention, les projettent dans un handicap intellectuel. Leur contrôle des impulsions, qui est pauvre, leur hostilité, leurs pauvres relations de collaboration avec les professeurs et les camarades, tout cela compose leur problème.Un certain degré de développement est nécessaire pour l’application assidue du travail scolaire ou même des hobbies et des activités récréatives.Chez ces enfants, alors que le niveau mental n’est pas atteint, les compétences nécessaires ne peuvent pas émerger à cause des troubles émotionnels extrêmes internes et externes qui interfèrent avec la consolidation des défenses et des compétences.Toutes ces difficultés persistent dans l’adolescence. NOSHPITZ (1990) décrit comment l’agressivité et les conduites auto-agressives peuvent devenir plus inquiétantes, avec des développements graves de la délinquance ; et à ce moment là, des conduites violentes et des tentatives de suicide surviennent.Dans les populations de patients psychiatriques adolescents et de délinquants juvéniles des histoires d’abus ont été retrouvées fréquemment. Les délinquants juvéniles dont on a physiquement abusé sont plus aptes que les délinquants qui n’ont pas été victimes d’abus à commettre des violences et à avoir des parents criminels ou alcooliques. Ils abusent fréquemment de la drogue et de l’alcool pour s’identifier à travers la substance à leurs parents, tout autant que pour lutter avec leur manque d’estime de soi, et avec les problèmes accablants qu’ils ont avec tout un chacun dans leur entourage : la famille, les camarades et l’école.Quand l’enfant arrive à l’âge de la puberté, le traumatisme ajouté de l’acte sexuel peut s’accroître et contribuer au fardeau déjà existant de l’abus physique. Les réactions de l’enfant à l’abus sexuel apparaissent souvent comme une des formes d’un syndrome de stress post-traumatique très proche de ce qu’on observe chez les survivants de guerres, de crime ou de catastrophe.Les caractéristiques principales du syndrome post-traumatique comprend l’anxiété, la culpabilité, les perturbations du sommeil, les troubles de l’humeur, de la concentration et de la mémoire. La victime peut ou non revivre un traumatisme brusquement et de façon intrusive, comme dans les cauchemars, ou dans les souvenirs de ces évènements, ou comme dans des ressentis brutaux ou des reviviscences soudaines des évènements.L’abus sexuel peut être considéré comme appartenant à la même catégorie, des évènements traumatiques avec une mémoire traumatique, comme tout aussi bien les abus physiques. Quoiqu’il en soit, quelquefois l’enfant peut ne pas être au courant du caractère nuisible de l’activité sexuelle à laquelle il a participé ; comme on l’a expérimenté avec les abus physiques chez l’enfant.L’enfant dont on a abusé sexuellement trouve le plus souvent difficile de relater ce qui lui est arrivé. Les conduites véritables qui ont constitué l’abus ou l’exploitation recouvrent une grande variété d’évènements, y compris l’exhibitionnisme, les caresses génitales ou les maltraitances génitales, les relations sexuelles orales, anales ou génitales.L’âge des victimes s’échelonne depuis la petite enfance (1 ou 2 ans) jusqu’à l’âge légal du consentement. L’abus peut avoir lieu une seule fois, ou quelques fois, ou avoir été répété fréquemment, ou même régulièrement durant des mois, ou même parfois des années.Dans les deux cas, abus physique ou abus sexuel, il y a des définitions culturelles qui produisent des variations dans l’âge auquel telle ou telle activité sexuelle est considérée comme appropriée, ou dans le type d’activité sexuelle permise dans les différentes sociétés. Le degré de consanguinité selon lequel des relations sont permises ou interdites varie beaucoup.Des formes de punitions, parfois même par le fouet, peuvent appartenir à un code religieux auquel une culture particulière adhère et qui peut être soutenu par une instance légale. Par exemple, l’excision du clitoris faisait partie d’une culture particulière en Afrique jusqu’à une époque très récente. Elle était recommandée en tant que traitement de la nervosité dans le célèbre traité de pédiatrie de HOLT et MACINTOSH jusqu’aux années 1940 aux USA.A tout âge, les enfants dont on a abusé sexuellement peuvent présenter des signes d’irritation génitale, de suppuration, ou de saignement vaginal et certains développent des maladies vénériennes. Ils peuvent également présenter des infections du tractus urinaire et des déchirures, ou une inflammation du rectum. L’incidence des gonorrhées diagnostiquées chez les enfants âgés de moins de 10 ans a augmenté de manière dramatique durant la dernière décennie. Ces enfants montrent parfois une masturbation compulsive qui peut refléter une stimulation sexuelle excessive, avec ou sans symptômes d’inflammation des organes génitaux.Cependant, la majorité des victimes ne montrent pas de signes physiques de l’abus dont elles ont souffert.Sur le plan psychique, cependant, ils peuvent présenter des changements abrupts dans leurs conduites. Ils présenteront des peurs, des phobies scolaires, des frayeurs nocturnes, une attitude de retrait et des terreurs soudaines en présence d’adultes qui ne leur sont pas familiers. Des enfants qui allaient bien jusque là peuvent développer soudain des difficultés à l’école, des problèmes avec leurs camarades et une humeur changeante. Ils peuvent également présenter une énurésie et une encoprésie. Ils peuvent commencer à s’attacher, ou bien montrer de soudaines explosions qu’ils n’avaient pas montrées auparavant. Ils peuvent aussi présenter des conversions hystériques décrites par JANET, FREUD et par d’autres.Aucun de ces symptômes par eux-mêmes ne sont nettement des évidences de l’existence d’un abus. Ils surviennent également dans de nombreuses conditions. Il n’y a aucun signe ou symptôme qui survientuniquement chez des enfants dont on a abusé sexuellement. Donc, on doit prendre la peine de collecter des données exactes et de construire un tableau avec une histoire et des informations provenant d’autres personnes aussi bien que de l’enfant et sa famille.Les aspects du développement de l’enfant dans les réponses au fait d’avoir été abusé sexuellement, sont variables : une victime d’âge préscolaire peut régresser dans son expression verbale, dans sa toilette et dans un fonctionnement indépendant en devenant collant ou en se retirant.Quelquefois, ils remettent en scène des fragments de l’expérience traumatique en montrant des conduites sexuelles inappropriées ou des jeux stéréotypés. En contraste avec cela, les enfants plus grands deviennent plus préoccupés par les résultats de la mauvaiseté de la culpabilité, les auto-accusations, ces enfants craignent le châtiment et également d’être blâmés pour avoir fait exploser la famille. Donc ils peuvent rechercher les punitions externes par des conduites provocatrices suscitant la punition qui augmente encore leur sentiment de culpabilité interne. Les filles, parfois, deviennent davantage passives et bien plus dociles qu’auparavant, perdant leur curiosité et le degré d’initiative dont elles faisaient preuve auparavant.A l’âge scolaire, l’identification à l’agresseur peut prendre la forme de conduite sexuelle agressive, avec d’autres enfants, soit de leur âge, soit plus jeunes.Le resserrement du moi dont ils souffrent provient de l’anxiété et le traumatisme peut entraîner des problèmes d’attention et de concentration qui peuvent être provoqués par des sujets qui se heurtent à des évènements traumatiques, biologiques, par exemple. Ils peuvent aussi montrer un pseudo-retard, un mutisme électif ou des symptômes de conversion.A l’adolescence, les efforts pour s’individuer par rapport à la famille peuvent devenir très compliqués de par la déception prématurée et le dégoût envers les parents, tout aussi bien que par la sensation d’être empêtré dans un lien ambivalent avec les parents abusifs.Des filles dont on a abusé sexuellement seront très angoissées vis-à-vis des garçons qui pourraient vouloir être familiers avec elles ; et elle peuvent souffrir de souvenirs intensifs de l’expérience de l’abus avec peur, terreur et rage.Des conduites d’acting out, telles que la promiscuité, les abus toxiques, et les tentatives de suicide sont retrouvées plus fréquemment avec l’inceste parce que l’élément de trahison est très puissant chez les parents incestueux.Les familles de ces victimes de l’inceste sont souvent défaillantes de manière dominante dans le fait de poser des limites. La structure de ces familles est souvent atteinte d’un profond dysfonctionnement à bien des égards. Il a été très difficile d’étudier les conséquences à long terme de l’exploitation sexuelle et de l’abus dans les différents stades de la petite enfance et de l’enfance, indépendamment de la violence, de la contrainte, ou du traumatisme physique qui sont survenus. Il semble, que l’on soit très bien documentés sur le fait, que parmi les conséquences à long terme pour nombre de ces enfants, même ceux qui sont fortement attachés à ceux qu’ils ont explosés, vont souffrir d’un intérêt croissant ou de capacités croissantes pour l’éveil de la sexualité. Mais il présentent aussi une inhibition sexuelle, des préoccupations sexuelles, une tendance à la promiscuité, des grossesses non désirées, des conduites de prostitution, une homosexualité et, bien sûr, un moi très endommagé et une vulnérabilité accrue à devenir eux-mêmes des personnes qui maltraitent leurs enfants. Un manque d’estime de soi au point de vue sexuel apparaît comme une conséquence très commune.Le degré de la force et de l’agression utilisées pour obtenir la soumission de l’enfant à l’abus sexuel est probablement un important déterminant des stress post-traumatiques dont l’enfant souffre.En conclusion, nous ne sommes pas clairs sur la nature des différences entre les enfants dont on a abusé, qui ont grandi et sont devenus des adultes, qui présentent uniquement un délabrement subtil ou ténu à l’âge adulte et les enfants dont on a abusé qui vont développer une pathologie déficitaire sévère. Cela va maintenant être exploré dans la littérature au rythme des rebondissements.Des études neuro-endocriniennes de cas d’expériences traumatiques émotionnelles ont été décrites. Quand un animal ressent qu’il doit tenir tête à une provocation, il se met en colère et combat.Le niveau de la "norépinéphrine" s’élève.Lorsque des joueurs de hockey se préparent à un match très compétitif, on trouve là encore une prise de noradrénaline dans les urines.Dans les conditions anxiogènes de performance de l’anxiété, comme celles que les étudiants en Médecine expérimentent avant un examen important, il y a une augmentation de l’adrénaline. Lorsque la peur et l’anxiété dominent, l’adrénaline semble augmenter considérablement. Lorsque l’organisme semble ne pas pouvoir aider, lorsqu’il y a une anxiété avec idée qu’il n’y a pas d’aide, alors il y a une augmentation du cortisol.L’hippocampe est très important dans l’organisation de la mémoire et dans sa réparation. Ceci est parfaitement vrai pour la mémoire récente et recouvre une superficie importante du cerveau pour le bon fonctionnement de la mémoire qui joue dans une proportion importante de la modulation de la réponse du stress.En 1941, Abraham KARDINER et Herbert SPIEGEL ont écrit un livre qui s’appelle " Le stress de la guerre et les maladies névrotiques ". Ils comparent la névrose traumatique qui suit le stress de la guerre, les accidents ou les victimisations d’une catégorie ou d’une autre, à des pathologies médicales. Ils disent " Dans certaines conditions, par exemple, l’épilepsie, l’hyperthyroïdie et le diabète, les incidences du traumatisme ou du choc émotionnel qui font référence à la maladie sont très communes... la seule façon de trouver la réponse est d’étudier l’adaptation de ces sujets avec leur maladie, avec une grande précision et en détail, dans l’espoir que les ruptures dans l’adaptation et les inhibitions qui en résultent puissent être précisément localisées ". Ils ont décrit le cas d’un enfant de deux ans et demi qui a été heurté par une auto et qui souffrait de symptômes neurologiques et de symptômes tels un nystagmus, des paralysies oculomotrices, des paralysies faciales et des blessures à la tête. Cet enfant avait aussi été inconscient durant quelques minutes et stuporeux durant un certain nombre d’heures. Par la suite, ils ont décrit une série complète de troubles du comportement qui s’ensuivit au fur et à mesure que les autres symptômes de l’enfant disparaissaient. Des troubles du comportement tels l’irritabilité, le retrait, la dépendance, le cramponnement, les conduites agressives et l’attaque (ce qui était complètement en dehors du personnage et de ses conduites initiales). En plus du reste, il souffrit d’allergie et d’une diminution de la résistance aux infections. Un an après le traumatisme, il allait beaucoup mieux, les allergies diminuaient et il traitait mieux sa petite soeur. Par contre, il resta un peu plus irritable et instable qu’il n’avait l’habitude d’être.Donc, nous pouvons voir, d’après l’exemple de KARDINER et d’après la littérature, que les conséquences à long terme d’un traumatisme purement physique (sans la notion de trahison, ni celle d’abus) peut avoir des conséquences résiduelles durant un an et parfois plus dans certains cas.KARDINER et SPIEGEL (1941) se sont concentrés sur le système nerveux autonome et ses changements, sur le tractus intestinal, sur le système vasculaire, la peau, les poumons, les reins, le système endocrinien, le système immunitaire et ont produit de nombreuses questions pour la recherche future.Bessel A. VAN DER KOLC (1988) prit la suite du travail de KARDINER et SPIEGEL en mettant l’accent sur les évènements somatiques qui ont été associés avec l’expérience des stress traumatiques.VAN DER KOLC (1988) fait référence à un gros travail qui a été effectué entre l’époque de KARDINER et SPIEGEL en 1941 et son époque dans les années 1980, avec KOLB et d’autres. Il cite des études de HOLAND de survivants à un an ou à cinq ans d’une catastrophe pétrolière dans la Mer du Nord et cite le sentiment de HOLAND à propos de la sévérité dans ce qui est hyperesthésique et du phénomène dissocié, l’ensemble étant les pires prédictions des conséquences à long terme. Il cite les changements physiologiques suivants qu’il croit voir survenir et qui correspondent aux symptômes post-traumatiques.1) La tendance à réagir à des stimuli relativement mineurs comme s’il y avait une récurrence du traumatisme ; réactions de sursaut et irritabilité, qui interfèrent avec l’évaluation cognitive d’évènements courants et de leurs résultats en tant que réaction de vol, de combat, de refroidissement.2) Des expériences visuelles revécues : cauchemars, remémorations et scènes rejouées précédés par une résurgence physiologique qui active les potentialités à long terme des chemins de la mémoire.3) Une hyperesthésie persistante peut également tenir compte de l’évitement et du fait d’échapper à des conduites caractéristiques de personnes avec un syndrome post-traumatique, psychologiquement comme une défense, physiologiquement comme une régulation basse des récepteurs en réponse à des stimulations intenses.4) De nouvelles expositions compulsives aux circonstances rappelant le traumatisme peuvent être rapportées aussi bien à des animaux traumatisés qu’à des humains traumatisés, avec des néophobies.La combinaison de l’abandon en face du danger accablant ou la menace d’une expérience sur les humains peut être redoublée et étendue en plaçant des animaux dans une situation où ils expérimentent des chocs et dans le même temps sont immobilisés. Cela crée un modèle animal pour la recherche. Ce modèle montre une série de changements biochimiques dans lesquels il y a d’abord une sécrétion massive de neuro-transmetteurs ; et puis un épuisement qui affecte la noradrénaline, les endorphines et la sérotonine. Cela peut, par la suite, stimuler un récepteur qui conduit à une hypersensibilité et à une réponse excessive au moment du stress, associées avec des attaques de panique et à des troubles anxieux généralisés. L’épuisement des catécholamines dû à l’épuisement de la noradrénaline et de la dopamine, est associée avec la figure cachée, une rigidité des rouages, un tremblement, une démarche traînante et ralentie, provenant d’un retard psychomoteur qui accentue la tension musculaire.Les autres symptômes, c’est-à-dire l’hyperactivité, des réponses alarmistes, des déchaînements explosifs, des cauchemars et des pensées intrusives sont associés avec l’établissement d’une hypersensibilité chronique à la noradrénaline qui suit l’épuisement en catécholamines. L’évidence directe de ces phénomènes d’hypersensibilité à la noradrénaline dans les stress post-traumatiques a été découverte par KRYSTAL et ses collègues. On pense que la sérotonine est le neuro-transmetteur le plus impliqué dans la modulation des actions des autres neuro-transmetteurs, et impliqué dans l’ajustement des réactions émotionnelles.Un manque de sérotonine est considéré comme responsable pour une réponse au stress qui est nécessairement noradrénergique.Un taux bas de sérotonine dans la maladie maniaco-dépressive est suspecté d’être en jeu dans les mouvements des fluides cérébro-spinaux et dans les désordres de la noradrénaline. Les primates qui ont expérimenté la séparation précoce ont des pics de noradrénaline en réponse à leurs stress cérébro-spinaux. La stimulation noradrénergique du locus ceruleus, les voies hippocampiques, peut au moment du traumatisme, emprunter des voies dont les potentiels sont augmentés, qui sont réactivés au moment du réveil, particulièrement durant les périodes d’inhibition corticale, telles que l’intoxication alcoolique ou le sommeil.VAN DER KOLC nous fait remarquer que l’augmentation des réponses endogènes peut correspondre à une fréquence élevée des conduites auto-destructrices telles que se frapper la tête contre les murs, se mordre soi-même, se brûler soi-même et se couper. D’autres travaux ont trouvé que des taux élevés d’endomorphines et de " malaxone " pouvaient diminuer après ce genre de mutilation.VAN DER KOLC suggère que des recherches futures pourraient être faites sur les relations entre dissociation, auto-mutilation et endogénicité.Le traumatisme le plus sévère et le plus profond pour les petits-enfants est la perte d’une mère, ou d’un substitut matériel, qui peut être mortelle s’il n’y a aucun substitut. Dans les cas les plus extrêmes, où il y a un parent, ou un substitut, inadéquat, on peut trouver des maladies telles un marasme, ou une défaillance du développement. Les séparations, même lorsqu’elles sont relavitement brèves, peuvent causer un changement psychologique profond comme un taux de cortisol plasmatique élevé et une augmentation de la tryptophane-hydroxylase qui engendre une baisse de la sérotonine. Il peut y avoir une réponse cérébro-spinale marquée d’adrénaline au stress important et aux changements de la sérotonine hyperthalamique, dans les variations de l’adrénaline et dans les diminutions des enzymes de synthèse des catécholamines et dans la diminution dela réponse du système immunitaire. VAN DER KOLC a souligné que, comme l’hippocampe n’est pas mature avant l’âge de trois ou quatre ans, la mémoire des traumatismes ne peut être replacée dans son contexte. Des enfants plus jeunes peuvent seulement se souvenir d’évènements comme des figures tachitoscopiques en dehors du contexte. Il nous a dit que " Un stress sévère ou prolongé, avec son augmentation concomittante de corticostéroïdes, peut consister en une suppression du fonctionnement hippocampique et donc en une amnésie des expériences traumatiques ". Manquant de localisation dans l’espace et le temps, ces évènements sont codés en langage sensivo-moteur et par conséquent ne peuvent être facilement traduits en langage symbolique nécessaire pour une réparation linguistique. L’expérience clinique montre que de nombreux traumatisés adultes sont informés de fragments de ce traumatisme, mais sont incapables de se rappeler plus en détail et de les placer dans un contexte autobiographique.VAN DER KOLC souligne la relation entre les variations neuro-endocriniennes et la tendance de ces personnes traumatisées à la dépression, la dépendance, la passivité et le sentiment de désespoir. Il dit " Une perturbation dans les hormones nécessaire pour préparer au stress, comme une hypersensibilité chronique à la noradrénaline, une baisse chronique de la sérotonine, une montée du cortisol, peut contribuer à diminuer les capacités de bien des personnes traumatisées à contrôler leur vie ".Les personnes traumatisées continuent généralement d’avoir une pauvre tolérance à la stimulation. Elles ont une tendance à répondre aux stress en tout ou rien. Elles sont enclines à réagir avec une anxiété modulée, qui est souvent accompagnée par une décharge motrice, ou par un retrait social et émotionnel.La capacité décroissante de moduler la stimulation physiologique combinée avec la stabilité réduite d’utiliser les symboles et les fantasmes pour venir à bout du stress laissent les individus traumatisés vulnérables à l’expérience du stress à des stades somatiques, plutôt que comme de discrets évènements historiques qui nécessitent des solutions spéciales.Les études d’autres espèces de mammifères ont montré des réponses similaires à une séparation stressante d’avec les parents. Elles ont démontré des perturbations biochimiques sévères qui sont impliquées dans l’interruption du sein nourricier par un évènement traumatique.1) Il y a une réduction de l’activité, de l’ornithine-décarboxylase, de l’index de la croissance cellulaire et de la différenciation cellulaire.2) Une réduction de l’hormone de croissance.3) Une augmentation de la sécrétion de la corticostérone ; et4) Une suppression de la réponse tissulaire d’ornithine décarboxylase à l’administration d’hormone de croissance.L’ornithine-décarboxylase est très importante dans la synthèse des polyamines ; la " putrescine ", la " spermine " et la " spermidine ", qui sont les premières à contrôler la différenciation et la croissance des cellules à travers le monde animal, et peut-être le monde des insectes :Les polyamines sont particulièrement importantes non seulement dans la croissance, mais aussi dans la réparation des tissus et dans le processus de cicatrisation impliqué dans toute blessure et manipulation, comme pour, par exemple, le massage, les coups, etc... sont utilisées très évidemment dans l’Est, dans les soins des petits-enfants, et dans le traitement des maladies. Ces attouchements et ces massages ont pour but d’augmenter l’ornithine décarboxylase et d’augmenter les hormones de croissance et les cicatrisants.Dans les expériences sur l’animal, il est démontré que le massage, la manipulation et les coups augmentent la capacité des récepteurs de l’hippocampe aux glucocorticoïdes. Cette capacité accrue des récepteurs apparaît aussi dans l’activation de l’axe hypothalamo-pituitaro-thyroïdien (GUNZENHAUSER, 1990).En accord avec Herbert SPIEGEL qui cite plusieurs études de recherche capitales, la capacité de dissociation est donnée biologiquement et est plus marquée dans les émotions de celui qui est en bonne santé, relâché, qui peut soutenir une attention sélective, focalisée et une approche réconfortante, naïve et confiante des autres.Cela ne ressemble pas à notre population déprimée, blessée, en colère, de victimes dont on a abusé qui développe une personnalité multiple. Quoiqu’il en soit, le traumatisme, comme JANET l’a fait remarquer, provoque une attention appuyée sur l’évènement traumatique et une restriction marquée du champ de la conscience dans l’espace et le temps.La dissociation, comme l’ont écrit BERNHEIM, JANET, William FAMES, SPIEGEL et d’autres, la dissociation est une partie absolument normale, saine et nécessaire du fonctionnement humain. La dissociation pathologique, tout comme d’autres évènements de désordre mental, peut être causée par une défaillance des défenses qui protègent l’unité et l’intégrité du self, ou par des évènements biologiques qui interrompent les processus mentaux normaux, telle une secousse provoquant une amnésie rétrograde.Les diagnostics différentiels fréquents avec la personnalité multiple sont celui de dépression, d’attaque de panique, de troubles alimentaires, et de personnalité border-line.COLIN ROSS (1989) a suggéré de faire de la personnalité multiple un sous-ordre de la maladie chronique traumatique, avec soit la personnalité multiple partielle, soit la personnalité multiple totale. Ensemble, avec plusieurs collègues des laboratoires de New-York, University Milhauser, nous avons étudié cinq cas de personnalité multiple (COOK, etc..., 1988).La neuro-physiologie et le fonctionnement neuro-physiologique varient pour chaque individu et selon chaque cas.

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