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Le parti socialiste est-il encore républicain ?

Publié le 13 février 2015 par Delanopolis
La tribune hebdomadaire de Serge Federbusch pour FigaroVox Le parti socialiste est-il encore républicain ? Il n'est pas de question taboue. Puisque l'étendard républicain a été brandi hautement et visiblement dans l'élection partielle du Doubs par le candidat du parti socialiste pour gommer son affiliation politique et appeler au sursaut de tous les électeurs, il est naturel de s'interroger sur la légitimité d'une telle revendication.

Ni plus ni moins que le FN, le PS ne viole le socle de la légalité républicaine, n'entraîne de corps francs ou de mouvements séditieux, ne prépare ou n'a préparé de putsch pour mettre fin aux institutions et leur substituer un régime autoritaire.

De la même manière que le FN en revanche, il stigmatise l'autre, lui reprochant de se placer en dehors du fonctionnement normal desdites institutions par un discours ségrégationniste. Jean-Christophe Cambadélis, le donneur de leçons de morale formé à la MNEF autant qu'à l'Université, si l'on en croit son parcours judiciaire et académique douteux, accuse le FN : « Revendiquer la préférence nationale, demander la purification culturelle, exiger que les Français de souche soient supérieurs aux « Français de papier », c’est créer les conditions d’une guerre civile entre les communautés. » Comme le FN laisse entendre que l'islamisation de la France pourrait conduire à cette guerre civile, le PS en fait de même en évoquant sa lepénisation. Bref, c'est bonnet sombre et sombre bonnet qu'on nous décrit là dans une redite lugubre de la formule historique de feu Jacques Duclos.

A y regarder de près, on peut se demander si, comme souvent, ces deux là n'ont pas raison lorsqu'ils se critiquent l'un l'autre. On peut voir comme une similitude en effet entre le fantasme de grande substitution qui teinte le discours de la fondation "progressiste" auto proclamée Terra Nova, à la recherche d'un nouvel électorat durable pour les socialistes désertés par les classes populaires et celui de grand remplacement, imaginé par Renaud Camus. Certes, Marine Le Pen a estimé que cette dernière théorie relevait du complotisme mais Jean-Marie du même nom s'est rallié à cette ligne en mai 2014 lors d'un discours à Marseille : «Cette immigration massive risque de produire un véritable remplacement des populations». Quant à Julien Rochedy, ancien président du FNJ, il l'utilise dans les communiqués officiels du Front.

Dans un cas comme dans l'autre, on lit la dénonciation d'une cinquième colonne et, implicitement mais nécessairement comme disent les juristes, l'idée que l'adversaire fait sécession de la communauté nationale ou de la communauté républicaine, respectivement.

En réalité, la pratique hautement clientéliste du parti socialiste vis-à-vis des populations immigrées ou issues de l'immigration depuis des décennies via ses élus locaux, sa réticence manifeste à appliquer strictement les principes laïques qu'un député courageux comme Malek Boutih a vertement dénoncé et qu'on retrouve, parmi tant d'exemples, à Paris où la municipalité a violé la loi de 1905 en subventionnant avec tartufferie un Institut des cultures d'islam qui abrite une mosquée pour des dizaines de millions d'euros : tout cela témoigne d'une conception qui tend à la fragmentation du corps politique et social.
Ces divisions sont précisément aux antipodes de la vision républicaine qui vise à diluer les corps intermédiaires et tend au rapport direct entre la communauté globale et l'individu par la voie du suffrage universel.
On peut donc juger plaisants ou obscènes, selon son humeur du moment, les trémolos républicanistes dans le Doubs. Et lancer, paraphrasant le Divin Marquis dont on célèbre actuellement le legs artistique et littéraire au musée d'Orsay : "Socialistes, encore beaucoup d'efforts pour redevenir vraiment républicains !"

Dans un futur plus ou moins proche, il faudra en tout cas qu'ils ne se contentent plus de formules incantatoires de ce type pour faire barrage au FN. L'éditorial de ce jour de Laurent Joffrin dans Libération où il réduit désormais l'affrontement droite-gauche (dans ses rêves un affrontement PS/FN?) à un débat sur la question de l'islam témoigne du poison distillé par la gauche dans les veines de la République. Tournant le dos à sa tradition, elle réduit le combat politique à sa dimension communautaire et escamote ainsi la remise en cause de la politique économique du gouvernement.

Sans sombrer dans le marxisme ringard, on peut toutefois estimer que la montée du FN est au moins autant corrélée à celle du chômage et à l'incapacité de l'UMP et du PS de l'enrayer depuis des décennies qu'à la seule question musulmane, fût-elle de plus en plus épineuse en France. Il est vrai que parler de sous-emploi ou de dérive continue des comptes publics, cela ne laisse aucune possibilité au gouvernement de plaider sa cause. De cela, les médias "socialotropiques" ne veulent pas trop discuter.



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