Magazine France

Jeux de mots

Publié le 28 mai 2008 par Omelette Seizeoeufs

Comment dire...? Je pense qu'il est probable que Bertrand Delanoë ait commis une erreur politique en se déclarant "libéral". En même temps, je pense qu'il est très bien qu'il l'ait dit. Et ce n'est pas parce que je souhaite qu'il fasse des erreurs ou qu'il dise des choses qui lui sont nuisibles.

L'effet positif de cette déclaration, très appuyée, est, ou sera, je pense, double : d'une part, elle crée les conditions d'un véritable débat sur l'identité et l'avenir du socialisme. Car c'est une vraie question : après avoir reconnu tout récemment l'existence de l'économie de marché (je plaisante : n'est-ce pas à peu près la distinction historique et originel entre le socialisme et le communisme ?), le PS doit en effet expliquer sa relation au capitalisme.

Dire que le socialisme est une forme de libéralisme, c'est sûrement aller trop loin. C'était sans doute l'intention de Monsieur Delanoë, qui a réussit, quoi qu'on en dise, son coup médiatique en se plaçant au centre d'une petite tempête sémantique. Et ce n'est pas comme si le PS n'avait jamais réfléchi à sa relation au capitalisme. Il ne pense qu'à ça, en réalité. La question ne se joue pas en termes de profonde réflexion politique, mais en termes de communication, ou encore de pédagogie. Comment expliquer la position du PS ? En s'appropriant un symbole, un mot symbolique. Et c'est là où il me semble que ce mot de "libéral" soit un peu exagéré.

On m'expliquera que le libéralisme, c'est les Lumières, les libertés individuelles, etc. Je sais. Mais la question n'est pas là. Si on ne garde que cette définition là, historique, philosophique, nous sommes tous déjà des libéraux, voire des ultralibéraux, et il n'y avait pas besoin d'en faire tout un plat. Le but de Bertrand Delanoë n'était pas de rappeler ce que tout le monde sait déjà. Cette histoire n'a d'intérêt que parce que Delanoë a brisé une sorte de tabou symbolique. Se dire "libéral et socialiste" c'est un geste, celui des pieds qui vont vers le plat.

Et c'est là où je dis tant mieux. Finalement, le "combat des personnes" va accoucher d'une discussion des idées fondamentales. Ou du moins un "combat" où les idées seront des armes. C'est déjà pas mal : on est en politique, quand même. Et du coup, Ségolène Royal ne sera plus "celle qui n'est pas vraiment à gauche".


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Omelette Seizeoeufs 229 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte