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Iberia, c’est mucho low cost

Publié le 29 mai 2008 par Chondre

Rien ne sert de tortiller du cul. Mon week-end prolongé à Barcelone ne restera pas dans mes annales, ni dans celles de Monsieur Lapin. Je n’ai pas été séduit par la capitale catalane, par ses folles nuits, son ambiance débridée ou même par le décorum. C’est comme ça et pas autrement. Tout à commencé dans l’avion. J’assume pleinement mon côté chochotte radadasse, mais je trouve cependant assez moyen que la compagnie nationale espagnole ne daigne même pas offrir le moindre verre de flotte à ses passagers, préférant leur refiler une carte présentant une liste de sandwichs hypercaloriques dégueulasses et de boissons gerbinatoires à des prix prohibitifs. Hors de question de débourser huit euros pour un club sandwich polyphosphaté. Les attentats auront décidément permis aux compagnies aériennes et autres magasins situées en aval de la zone de contrôle de se faire du fric en saignant les salauds de pauvres, non détenteurs de la carte platinum Flying Blue permettant de bénéficier gratuitement des services de restauration du salon Air-France ou ne voyageant pas en classe affaires, et obligés de liquider leurs boissons à la douane.

L’accès au centre ville est très simple. Les transports en commun sont très modernes et rapides. Une voie express relie pour une somme dérisoire l’aéroport aux cinq lignes de métro. Petit bémol. Rien n’est prévu pour les personnes handicapées ou âgées. Il faut presque être un pro en escalade pour avoir accès aux wagons. Mind the gap. Après avoir raté tous les métros, nous avons presque mis deux heures depuis l’atterrissage pour rejoindre la station de métro la plus proche de l’appartement que nous avions loué. Le petit nid d’amour en question était situé dans le Barri Xino, au sud-ouest de la rambla principale. D’après les guides touristiques, ce charmant quartier typique est en pleine réhabilitation. Traduction: le quartier fourmille de putes, de toxicos et d’alcooliques que la municipalité tente désespérément de virer du centre historique. L’entrée de l’immeuble était atypique. La porte était verrouillée par un cadenas géant (sympatoche en cas d’incendie, tout le monde se transforme en grillade faute de pouvoir facilement sortir). La cage d’escalier était en décomposition, mais l’appartement venait d’être rénové. Autre bémol: la femme de ménage avait oublié de passer après le passage des précédents locataires et une odeur de rat crevé se dégageait des toilettes et se mélangeait à l’odeur de poney des chambres. Nous avons bien tenté de nous débarrasser de cette odeur extraterrestre, en vain.

Le plan loose s’est naturellement prolongé en tentant de déjeuner dans une gargote proposant des spécialités italiennes à vomir. Le même soir, nous avons opté pour un bar à tapas et vite découvert que toute la cuisine catalane baignait dans l’huile (pas toujours d’olive et d’une première pression à froid). Depuis, mon foie chante la marseillaise et mes triglycériques sont aux Zenith. Nous nous sommes bien heureusement rattrapés mardi soir en découvrant une cantine qui proposait de bonnes vieilles recettes typiques qui tiennent au corps et au cul: Calamars grillés ou en beignets, pieds de porc, flan coco ou crème catalane, le tout servi par des mamies grassouillettes au costume peu saillant. Un régal. La ville est également vérolée par des glaciers proposant des gelati italiennes. Aucun quartier n’y échappe. Il existe un autre temple de la bouffe, le marché de Sant Josep/La Boqueria. On y trouve des montagnes de fruits, de légumes, mais également de la charcuterie et des sucreries locales. Le goût et la qualité ne sont pas toujours au rendez-vous, mais les prix sont imbattables. Il est également possible d’y déguster de nombreux jus de fruits légèrement trafiqués pour combler le touriste américain en recherche d’authenticité, de fraîcheur et de produits sains.

Les dieux n’étaient pas avec nous. Impossible de glander au lit le matin. Des ouvriers repeignaient l’immeuble d’en face et passaient leur temps à crier en écoutant le dernier album de Mariah Carrey à fond les ballons. L’occasion était donc trop bonne d’abandonner mes compagnons et d’aller courir sur le port en surfant entre les gouttes de pluie. Car oui, Barcelone sous la pluie fin mai, c’est vraiment pas de chance. La ville est heureusement dotée d’une harmonieuse architecture et s’y balader est un délice. Le centre reste très massif et sombre, et marqué par de nombreux édifices post-renaissance et une magnifique cathédrale en restauration. Il est vraiment très agréable de se perdre dans la myriade de rues étroites situées à l’est de la rambla et d’y découvrir d’anciennes pâtisseries proposant d’appétissantes spécialités sucrées ou salées. La ville a été fortement touchée par le mouvement art déco ibérique (modernisme) dont les plus célèbres représentants sont Gaudi (Sagrada Familia, la Pedrera et le parc Güell), Lluis Domenech i Montaner et enfin Josep Maria Jujol. L’audace architecturale a eu un renouveau inattendu dans les années 80-90 et continue de surprendre avec notamment la nouvelle tour de Jean Nouvel, la tour Agbar (gros suppositoire psychédélique multicolore la nuit), ou le complexe Maremagnum sur le port.

Qui dit temps pourri dit musées et autres visites culturelles. Après avoir arpenté le musée Dali, un peu cheap, kitch et poussiéreux, nous nous sommes plus longuement attardés dans les salles du musée Picasso qui propose avant tout des oeuvres datant du début du siècle, laissant malheureusement de côté la période parisienne et cannoise. La Sagrada Familia de Gaudi reste incontournable, même si ses mosaïques colorées sous le ciel gris ne sont pas mises en valeur de façon optimale. La pluie permet également de s’attarder dans les nombreuses enseignes de fringues. Surfant sur la vague de Zara et autre Mango, de nombreuses enseignes espagnoles portant des noms à consonances anglaise (Jack and Pones, Pull and Bear) fleurissent un peu partout. La qualité n’est pas toujours au rendez-vous, ni même l’originalité (beaucoup copient Abercrombie and Fitch jusque dans de petits détails insignifiants), mais on ne risque rien à s’acheter des t-shirts rigolos et colorés à moins de 10 euros, sinon de se faire plaisir et donner du travail à un enfant pakistanais ou chinois. On peut même casser sa tirelire en allant se refringuer chez Guru. C’est plus original mais pas très donné (pas pour les pauvres qui voyagent sur Iberia).






Côté Wi-Fi, c’est le tiers monde. Les bornes d’accès sont inexistantes et les bars ou les restaurants proposant cette option sont très rares. Idéal pour le touriste souhaitant éviter de consulter ses mails professionnels au beau milieu de ses vacances. Il a également fallu se taper Monsieur Lapin, parti une nouvelle fois sans son ami Friedrich. Ce crétin a fait la tournée des bodegas, Tascas et autres Marisquerias, s’est fait exploser la panse dans les bar à tapas et a vomi une paella sur mon oreiller. Il ne supporte décidément pas le cava (vin blanc local à bulles), ni la bière, le gros vin rouge qui tâche ou même la sangria. Le séjour s’est terminé minablement à l’aéroport, en perdant quasiment une journée à attendre un avion pour une heure de vol, et revoir une hôtesse fort peu aimable me proposer ses spécialités sous-vide vraiment pas bonnes et horriblement chères. Les chiottes et la serviette rafraîchissante sont également en option.

Futurs passagers Iberia, soyez patients et serrez les fesses.


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