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Union pour la Méditerranée, où en est-on?

Publié le 29 mai 2008 par Pef

2014686900.gifLes ambitions de Paris et l'Union européenne.

 L’« appel de Rome » du 20 décembre 2007, lancé par les chefs d'État et de gouvernement italien, espagnol et français, formalise cette initiative en invitant l'ensemble des chefs d'État et de gouvernement des pays riverains de la Méditerranée et des pays de l'Union européenne, à se réunir lors d’un sommet les 13 et 14 juillet 2008 à Paris. Ce sommet permettra de définir leur vision commune et les contours des projets qui seront mis en œuvre dans l'espace méditerranéen. La présidence française de l'UE débute le 1er juillet prochain. Six mois que Nicolas Sarkozy compte bien mettre à profit pour accoucher de ce projet.

Un projet voulu et porté par Nicolas Sarkozy depuis la campagne présidentielle de 2007. Les ambitions françaises dans ce domaine ont irrité et irritent encore nombre de partenaires européens. Notamment le premier d'entre eux: l'Allemagne. Autant sur le style que sur le fond. Le président français souhaitait originellement associer uniquement les pays riverains de la mer Méditerranée. Le compromis qui a été trouvé sous la pression d'Angela Merkel les 13 et 14 mars derniers prévoit au contraire d'associer des pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée ainsi que les 27 Etats-membres de l'UE. 

Un tel dialogue existe déjà aujourd'hui dans le cadre du processus de Barcelone. Certains responsables européens voient dans ce nouveau projet un simple "Barcelone +". "Pourquoi dès lors ajouter un « machin » supplémentaire qui risque d’être budgétivore, même si Barcelone, chacun en convient, vivote ? Pourquoi ne pas simplement relancer ce « processus » ?, résume Jean Quatremer sur son blog. Concrètement, l'UPM devrait fonctionner avec une approche par projets.  Pour n'en citer que quelques uns, la dépollution de la mer intérieure d'ici 2020, l'amélioration de l'accès à l'eau. Partie visible de l'iceberg, des sommets pourraient être organisés régulièrement, sur le modèle des sommets France-Afrique. 

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Les acteurs concernés

Il y aura donc d'un côté l'Union européenne et de l'autre un nombre de pays qui n'est pas encore clairement défini. Certains Etats comme l'Egypte ont déjà marqué leur accord. Le Maroc, par la voie de son roi Mohammed VI a dit vouloir "explorer avec vous toutes les opportunités visant à promouvoir une approche inédite et progressive du partenariat ainsi envisagé et une prise en charge novatrice et solidaire des multiples défis de notre espace méditerranéen". La Tunisie, où Nicolas Sarkozy s'est rendu en avril, a accepté le projet tout en demandant "une participation plus large des pays de la rive sud à l'élaboration des plans et à la prise des décisions". Le Maroc, lui, souhaite faire du Maghreb un "interlocuteur privilégié" de l'UPM. D'autres pays n'ont toujours pas répondu ou traînent des pieds. Notamment la Lybie qui pourrait ne pas être représentée au plus haut niveau en raison de la présence d'Israël à la conférence de Paris. Cependant les responsables européens ont prévenu: l'UPM ne sera pas une instance de règlement politique. La question palestinienne avait par exemple lourdement handicapé le processus de Barcelone. 

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Fonctionnement: Qui? Où? Comment?

Des divergences de taille subsistent encore quant au fonctionnement futur de l'UPM. Le projet voulu par Nicolas Sarkozy prévoyait une co-présidence assurée conjointement par un pays du Nord et un pays du Sud. Comme une évidence, Nicolas Sarkozy se voyait bien assurer la première co-présidence au Nord, et envisageait Hosni Moubarack, président égyptien, pour la rive Sud. L'UE a mis clairement son veto aux velléités françaises. Des informations relatées par un quotidien allemand et confirmées par la commission montrent que l'UE souhaite que la présidence au Nord soit assurée par le futur président du Conseil européen et le président de la Commission (Juncker et Barroso semblent former un ticket gagnant). Encore une fois, les vues françaises entrent en contradiction avec la volonté européenne. 

Les préparations de la conférence de Paris achoppent également sur le problème de la localisation du siège de l'UPM. Nicolas Sarkozy voudrait l'installer en Tunisie. Jean Quatremer, sur son blog, cite un fonctionnaire européen: « Bon, il n’y a pas beaucoup de démocratie, en dehors d’Israël, au sud de la Méditerranée. Mais pour le secrétariat, on pourrait au moins choisir le Maroc qui est quand même un peu plus présentable. » Les Droits de l'Homme, semble-t-il, ne devraient pas faire partie des priorités de la future UPM, version Sarkozy.


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