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Vous, de près ou de loin ?

Par Gentlemanw
Vous, de près ou de loin ?

Vous, si lointaines dans votre course vers votre bus, bloquée sur un quai de gare, gesticulant pour vous maquiller dans les embouteillages, ou simplement emmitouflée dans un manteau épais malré l'appel du mois de mars, mais aussi le rappel du froid de l'hiver. Je vous vois, je passerai volontiers de toit en toit, de bord de fenêtre en balcon encore un peu terne sans fleurs, tel un chat pour vous contempler, pour zoomer de mes yeux sur vos détails, sur votre visage, sur vos expressions, sur cette tristesse ou ce sourire imprégné en vous.

Vous, je vous observe derrière ma fenêtre, calmement, mes mains sur la grande tasse chaude du thé, encore ankilosé par mes courtes nuits de travail, de doutes, d'écriture. Je vois en vous une femme, jeune ou moins jeune, une énergie, une douceur en tenant la main de vos enfants pour traverser cette route. Là vous attendez, qui, je ne sais, mais vous regardez encore votre téléphone, un message ou un appel, un rendez-vous peut-être. Au chaud, je vois vos cheveux blonds volés dans le vent, votre écharpe s'envole un peu, elle aussi. Vous tournez la tête, cherchant une nouveauté, une publicité ou cette personne. Un regard au loin, une autre forme, une autre femme, belle dans sa simplicité, dans son jean moulant, son pull gris chiné, ses bottes hautes, sa fraile silhouette dans le froid, jeune et forte, élancée et sure de sa beauté naturelle, elle avance vers vous. Deux femmes, deux amies, vos bras, ses bras, des bises, non, une longue embrassade, oui, sur la bouche, un amour, l'attente d'un amour. Je souris en avalant à petites gorgées la chaleur, un autre baîser.

Vous, de près ou de loin ?
Vous, de près ou de loin ?

Mon regard tourne, deux vieilles dames se tiennent la main, plus par utilité ou amitié, un autre lien, une canne mutualisée, l'une supportant l'autre. Elles parlent, retiennent leurs sacs, choisissent leurs pas, progressent vers une rue commerçante. Le ciel reste gris, une créature, de loin aperçue, très loin, peu attrayante, une manteau sans forme, pire une teinte terne, ah non, une imitation léopard. Point de réflexe primaire sur les fourrures car la plupart sont synthétiques mais leurs coupes et leurs élégances surannées ou trop vulgaires. Jamais convaincu par leurs usages en mode, je me penche, je croque du chocolat noir, un cadeau de ma compagne, un lien même en son absence, le parfum, le goût, le partage, elle n'est pas loin. Une pensée vers elle.

Je suis cette femme, jeune, une amie la photraphie, une blogueuse peut-être, elle pose, elle joue de sa tenue. Je reste sceptique, elle rejette le manteau sur son épaule, dévoilant des gambettes opaques, des chaussures plus justes avec sa morphologie. Surprise !

Comme le chat, je me love sur un tabouret, pliant les jambes sous mes fesses, prenant place pour suivre le scénario des clichés, elle utilise toute la rue. Même les panneaux moches, les poubelles, les travaux en cours, quand apprendront-elles à appréhender le paysage, sa globalité dans la mode, dans un parcours, avec ou sans profondeur de champ. Espérons que ce sera flou, elles rigolent, s'arrêtent sous mes yeux, tournent. Ah, autre surprise, un pull avec de gros boutons dans le dos, un détail mode adorable, j'aime finalement. Mon premier jugement sur le manteau s'évapore, gardant ce pull moderne, chaud et les boutons arrière.

La vie est belle, faite de détails, de votre mode.

Je repars derrière mes claviers, pour dévoiler d'autres idées, partager. Vivre !

Nylonement

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