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20 ans sans m. cyclopède

Publié le 29 mai 2008 par Giher
Jeudi 29 mai 2008 08h57 - 20 ANS SANS M. CYCLOPÈDE - art cinéma et philo Non je ne suis pas mort ! Beaucoup de boulot et une Livebox en panne après un orage campagnard. C'est fou ce que l'on peut se sentir orphelin sans internet !
Comme Boris Vian, Desproges fait partie des potes que je n'ai pas eus. Il est mort il y a 20 ans. L'homme qui disait : "On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui" était un désespéré qui adorait la vie. La camarde ne l'a laissé dispenser son humour au vitriol que jusqu'à l'âge encore tendre de 49 ans. Un scandale, alors que l'infinitésimal Cauet étale en toute impunité sa graillonnante vulgarité satisfaite sur TF1 avec la complicité d'une foule maintenue en état de sous-culture au bénéfice de Coca-cola.
Il faut dire qu'il la provoquait un peu, la camarde, Desproges, lorsque il confiait "Je n'ai pas de cancer, je n'en aurai jamais parce que je suis contre" ou qu'il imitait son père qui avait un cancer de la gorge parce qu'il ne savait imiter que les gens de sa famille! C'était jouer avec le "feu" dans tous les sens du terme. J'en parle parce qu'on vient de m'offrir " Tout Desproges" un énorme bouquin avec DVD édité au seuil. Il y aura bien un petit malin qui découvrira d'ici 5 ou 10 ans dans un fond de tiroir un texte inédit de Desproges avec des empreintes digitales pleines de nicotine. Il faut bien que les éditeurs vivent. Bref, là, pour l'instant, ça paraît complet.
J'ai au moins un point commun avec Desproges à part le fait que nous sommes nés la même année : une grande admiration pour le défunt Alexandre Vialatte dont les chroniques spirituelles, érudites et d'un exceptionnel niveau littéraire sont un enchantement. Desproges, lui, avait un point commun avec Vialatte : un style ; aisément reconnaissable. Il dispensait, comme lui, l'air de rien, et avec modestie, de belles et utiles leçons de langue française. Le gugusse qui, avec Luis Rego, faisait hurler de rire les spectateurs et les auditeurs du "tribunal des flagrants délires" alliait à la rigueur syntaxique de ses textes, une drôlerie et une insolence jamais vulgaires bien qu'il frôlait souvent  les lignes avec une réjouissante espièglerie.  Ses époustouflantes trouvailles de vocabulaire, son imagination sans faille et une culture littéraire exprimée sans ostentation élevaient son public vers des hauteurs où la médiocrité rampante s'essouffle. Desproges me manque, Dieu me tripote et ça doit se sentir. Je ne dois pas être le seul dans cet état.
Don Quichotte en guerre contre les moulins à vent de la connerie et qui dissimulait mal une immense tendresse pour une humanité que par ailleurs et paradoxalement il abhorrait , Desproges avait dit au sujet de l'humanoïde Le Pen : "Il y a plus de tendresse dans l'oeil de mon chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son oeil ! " La phrase est restée célèbre, mais il y en a tant d'autres qui méritent l'attention, comme celle-ci prise au hasard, où perce, comme souvent, l'incorrigible provocateur : " le jour de la mort de Coluche j'ai eu beaucoup de peine, alors que le jour de la mort de Dalida j'ai repris deux fois des nouilles "
vous pouvez acheter Les CD du tribunal des flagrants délires ( 6 vol). Bonne humeur assurée pour plusieurs jours. voir aussi le site officiel
http://www.desproges.fr/
adeptes de l'humour au premier degré s'abstenir. [Ajouter] [Inverser ▲] 0 miam  | 3 commentaires [0 TrackBack(s)]

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