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L'extraordinaire sortie de Jean-Paul Herteman atteint par la limite d'âge quitte Safran

Publié le 05 mars 2015 par Toulouseweb

Ť Cela fait toujours quelque chose de tourner la page. Je ne suis pas heureux de partir. ť Voilŕ ce qu'a dit au Monde Jean-Paul Herteman au soir de sa derničre présentation de résultats. C'était le 25 février dernier. Et comme on le comprend, lui qui avait passé trente et un ans chez Safran, presque toute sa carričre, et qui en est devenu le président en mai 2007.
Aujourd'hui il fait sa tournée d'adieu dans le groupe, il serrera ainsi des mains jusqu'au 23 avril, date de l'assemblée générale qui mettra en scčne ses deux successeurs. En quelques années, Safran est devenue la référence dans le domaine des moteurs d'avions, dans le domaine de l'espace, de la propulsion fournissant aussi bien les moteurs d'Ariane que les équipements pour les lancements. Le groupe installé sur les cinq continents emploie 69 000 personnes pour un chiffre d'affaires de 15,4 milliards d'euros en 2014. C'est un véritable record puisque le chiffre d'affaires augmente de 6,9%. L'année 2015 s'annonce encore meilleure avec un chiffre d'affaires prévu entre +7 et +9%. A la fin décembre, le carnet de commandes était de 64 milliards de dollars ce qui laisse augurer de nouveaux voyants passés au vert pour longtemps. Naturellement l'entreprise profite du boom des commandes des compagnies aériennes. Et lŕ Jean-Paul Herteman doit penser ŕ ses prédécesseurs, ceux qui ont imaginé et qui ont fait fonctionner CFM international, l'alliance dans les moteurs de General Electric et de Snecma.
Qu'il me soit ici permis d'évoquer deux souvenirs personnels ŕ propos de Jean-Paul Herteman. Celui-ci fut président du Gifas et on ne peut pas dire qu'il ait vraiment fait le job dans le domaine de la communication. Combien de fois nous sommes nous retrouvés sans une seule image et sans un seul son dans notre caméra. Le diable d'homme qui n'aimait pas les interviews se débrouillait toujours pour quitter la conférence de presse avant la fin, prétextant un avion ŕ prendre ou un rendez-vous au ministčre. Auparavant il s'arrangeait toujours pour sortir de sa poche un élément en général en carbone, expliquant qu'ils avaient résolu tel ou tel problčme avec ce petit objet noir dont peu de journalistes spécialisés réussissaient ŕ identifier l'intéręt. Jean-Paul Herteman est un véritable ingénieur.
Autre souvenir : j'avais eu l'opportunité, ŕ deux ou trois reprises, d'assister ŕ une réunion des fournisseurs de Snecma. Ils venaient du bout du monde représentant d'énormes entreprises ou de petites start up, on remarquait dans l'assistance de plus en plus de Chinois.

Le discours tenu ŕ toutes ces entreprises qui voulaient devenir fournisseurs de Snecma était des plus sévčres. Un directeur expliquait sans ambages qu'il faudrait travailler plus vite pour moins cher. Je me souviendrai longtemps des visages qui s'éclairaient de ceux qui avaient été reconduits, quant aux autres n'en parlons
męme pas.
L'espace me manque pour parler des autres activités de ce véritable conglomérat qu'est Safran. L'électronique de défense se porte bien avec Sagem. Il y a aussi une branche sécurité avec Morpho qui ne demande qu'ŕ croître. Souhaitons le męme succčs au tandem qui va remplacer Jean-Paul Herteman, Philippe Petitcolin qui va devenir directeur général et Ross McInnes qui devient lui président du conseil d'administration. En espérant que l'Etat qui, on le sait, cherche des sous partout ne vende pas encore une part du capital de Safran. Messieurs Sapin et Macron ont vendu pour 3,96% du capital de l'équipementier, l'Etat qui reste quand męme le 1er actionnaire avec un peu plus de 18% du capital. Officiellement Safran a contribué ŕ Ť l'effort de désendettement de la France ť.
Je terminerai cette chronique par un mot sur une autre entreprise aéronautique. Il s'agit de Daher qui se donne un objectif ŕ 15 ans : entrer dans le peloton de tęte des équipementiers et se positionner comme leader de la troisičme génération industrielle. Ambitieux? C'est ce qui s'appelle prendre des risques. Mais qui a dit que les industriels français ne prenaient plus de risque ?
La chronique AeroMorning de Gerard Jouany

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