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Permis de tuer

Publié le 29 mai 2008 par Malesherbes
Un gendarme, officier de police judiciaire, maréchal des logis-chef, a tué vendredi soir 23 mai un homme qui tentait de s'évader de la compagnie de gendarmerie de Draguignan (Var). Comme le rapporte le Monde du 24 mai, selon le procureur de la République de Draguignan, Christian Girard, "l'homme interpellé a profité du fait que la lumière de l'escalier s'est éteinte pour sauter par une petite fenêtre. Le gendarme a fait les sommations et a tiré sept coups de feu dans sa direction. Trois projectiles l'ont atteint, dont l'un perforant dans le thorax".
Voilà donc un homme qui n’a pas bénéficié de la présomption d’innocence si promptement mise en avant lorsqu’un puissant est soupçonné d’avoir commis quelque infraction. A la place, en l’absence de tout jugement, il s’est vu appliquée la peine de mort, pourtant supprimée dans notre pays.
Quand à cet infortuné gendarme, naturellement remis en liberté (on ne va pas le priver des siens pour si peu, il n’a jamais fait qu’abattre un romanichel, déjà condamné), on voit déjà poindre des textes absolutoires. Le procureur de la République a ainsi souligné : « les textes de la gendarmerie sont plus complexes, parce que les gendarmes sont des militaires qui ont le droit de faire usage de leurs armes dans certaines circonstances, notamment dans le cadre d'évasions ». Qu'est-ce qui prédomine dans ce genre de fonctionnaire, la qualité de militaire, ou bien celle d’officier de police judiciaire ?
Je suppose que, si un gendarme est un militaire, un militaire ne devient pas gendarme sans suivre une formation. Pourrait-on indiquer au bon peuple le temps qui est consacré dans l’instruction de nos gendarmes à traiter de l’usage des armes de service ? Allons plus loin. Ces cours sont assurément donnés avec des supports : livres, vidéos. Serait-il possible d’avoir communication de leur contenu ?
Lorsque l’on confie des armes à des fonctionnaires, il importe de les entraîner à leur usage. Combien de séances d’exercice avait suivies ce gendarme ? Combien de balles avait-il la possibilité de tirer à chaque fois ? Dans la formation des gendarmes, la note de tir peut-elle être éliminatoire ?
Espérons que l’enquête permettra de répondre à des questions plus directes : y a-t-il eu des témoins, les sommations ont-elles été faites, un homme menotté est-il capable de courir loin, a-t-il a été atteint au thorax par un tireur maladroit ou par un criminel qui a préféré de ne pas viser les jambes ?
Nous voilà loin de la meute sanguinaire sans coeur ni cervelle qui aboie : un de moins, justice est faite !

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