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L'amazigh et le voleur

Publié le 10 mars 2015 par Majic
L'AMAZIGH ET LE VOLEUR

L’Amazigh et le voleur

Aatar est un commerçant ambulant qui va de village amazigh en village amazigh proposer toute une panoplie d’ustensiles et autres produits à la vente. Il fait du porte à porte et ainsi, au fil des années il s’enrichit et son entreprise devint florissante. C’est un grand gaillard, bien portant avec un physique imposant car le fait de beaucoup marcher et de soulever souvent des charges même s’il utilise un mulet pour le transport de ses articles contribua à faire de lui un sportif endurant.

Un jour qu’il allait traverser une rivière au niveau d’un guet, il remarqua qu’un voleur bien chétif en apparence, le suivait de près et attendait que se présente l’opportunité de lui soustraire quelques marchandises.

Le sang d’Aatar ne fit qu’un tour, il prit peur et oublia qu'il pouvait se défendre grâce son gabarit qui n’aurait fait qu’une bouchée du maigrichon voleur. Il souleva le mulet transportant les marchandises, hissa le tout sur ses épaules et traversa en courant le guet. Il ne se retourna qu’une fois la rivière entièrement franchie et respira un bon coup après avoir déposé le mulet et son chargement à terre. Il fut soulagé en voyant le voleur éberlué repartir dans l’autre sens. Le voleur n’en revenait pas. Il hâtait la marche et se dit « tant de force aurait pu m’anéantir en un tour de main »

Imazighens sont capables de soulever des montagnes, ils en ont les moyens, ils sont intelligents, ils sont nombreux, et pourtant ils regardent leur langue se faire tuer à petit feu par une autre langue. Je ne comprends pas……….

Je vous invite à lire ces citations on ne peut plus manifestes de notre grand écrivain KATEB YACINE

« On croirait aujourd’hui, en Algérie et dans le monde, que les Algériens parlent l’arabe. Moi-même, je le croyais, jusqu’au jour où je me suis perdu en Kabylie. Pour retrouver mon chemin, je me suis adressé à un paysan sur la route. Je lui ai parlé en arabe. Il m’a répondu en tamazight. Impossible de se comprendre. Ce dialogue de sourds m’a donné à réfléchir. Je me suis demandé si le paysan kabyle aurait dû parler arabe, ou si, au contraire, j’aurais dû parler tamazight, la première langue du pays depuis les temps préhistoriques… »

Kateb Yacine, Les Ancêtres redoublent de férocité, Bouchène/Awal, Alger, 1990.

« L’Algérie arabo-islamique est une Algérie contre-nature, une Algérie qui est contraire à elle-même. C’est une Algérie qui s’est imposée par les armes, car l’islam ne se développe pas avec des bonbons et des roses, il se développe avec des larmes et du sang. Il croît dans l’oppression, la violence, le mépris, par la haine et les pires humiliations que l’on puisse faire à l’homme. »

Kateb Yacine, interview au journal Awal 1987)


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