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Hors les murs

Publié le 29 mai 2008 par Pierrem
Chez Baptiste Coulmont on découvre que des enseignants du département de sociologie de Paris 8 organisent des stages de terrain pour les étudiants en licence (court billet à lire ici). 4 stages en deux années universitaires, qui ont permis à chaque fois à une petite quinzaine d'étudiants de mettre en œuvre les apports théoriques et méthodologiques de leur cursus universitaire. On peut lire les impressions des étudiants qui ont participé à ces stages ici. (Faire écrire par les étudiants ces petites impressions, c'est une bonne technique de communication pour faire de la pub et inciter les futurs étudiants à s'inscrire au stage ;-))
C'est incontestablement un plus dans un cursus que de se retrouver hors les murs de sa fac pour se confronter au terrain. Je ne pense pas me tromper si je dis que chaque formation universitaire en sociologie (ou presque) exige des étudiants qu'ils mènent des enquêtes de terrain, produisent des petits rapports, des comptes-rendus d'enquêtes. Mais c'est bien la première fois que j'entends parler d'une initiative de ce genre, c'est-à-dire des enquêtes par dépaysement, menées collectivement par un groupe d'étudiants qui vit, pendant une semaine, loin de la fac, avec leurs professeurs, et le tout financé par l'université, dans le cadre d'un département de sociologie.
Cela se fait déjà dans d'autres disciplines de Sciences Humaines et Sociales : je pense notamment à l'histoire, à la géographie. Lors de mon passage à l'Université de Nantes j'ai vu défiler bon nombre d'étudiants envoyés par leurs professeurs à la recherche de subventions pour financer leurs périples. En clair, même si la volonté de proposer ce type de stage aux étudiants étaient là, il manquait encore quelques ressources financières pour mener à bien les projets. Encore une manifestation de la fameuse règle du 80/20 dans le quotidien des étudiants de facs (80% des moyens pour 20% des étudiants et inversement, le dualisme de l'enseignement supérieur français passant par là). Et ces stages étaient bien souvent proposés à des étudiants de Master 2, déjà sélectionnés, et arrivés à un stade avancé de leur formation. Ici ce sont bien des étudiants de Licence qui sont le public de ces stages !
Espérons que Paris 8 puisse servir d'exemple aux autres universités. Habituellement, le début du commencement de la reconnaissance des professeurs pour leurs étudiants n'intervient pas avant la barrière de la Licence. A de rares exceptions près, les étudiants de trois premières années sont avant tout considérés comme des hordes de jeunes sauvageons - ils n'ont pas 20 ans - emplissant des amphis et explosant les salles de TD, perdus dans l'anonymat. Pas facile de se socialiser dans son nouvel espace de travail dans pareilles conditions. Ces stages sont certainement de bonnes expériences de socialisation au métier de sociologue et au "métier d'étudiant". Ils peuvent par ailleurs renforcer le sentiment d'appartenance à une "communauté universitaire" (si tant est qu'elle existe) - ou au moins un sentiment d'appartenance à l'institution - dont on sait qu'il est primordial pour garantir la réussite des étudiants.>>Laisser votre commentaire !

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