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Salon International du Livre à Abidjan

Publié le 16 novembre 2014 par Félicité Annick Foungbé @fafzimo

Le rideau est tombé sur la septième édition du SILA qui s'est tenu du 05 au 09 Novembre dernier, au parc des sports de Treichville à Abidjan. Dans un cadre chaleureux, de nombreux acteurs du Livre : Editeurs, libraires, critiques, Ecrivains et amoureux du Livre ont répondu présent. Le SILA a révélé également les différents prix littéraires organisés par la Fondation Akawaba Culture et le Ministère de la Culture.

Quel bilan peut-on tirer de ce salon du Livre 2014 à Abidjan ?

De la participation des Editeurs

On a noté l'absence d'Editeurs comptant dans la sphère littéraire ivoirienne, tout comme celle d'autres Editeurs moyens.

De la participation des Ecrivains

Il n'y a pas eu de réel engouement de la part des Ecrivains, surtout des membres de l'AECI, quand l'animation du stand de ladite structure, à elle gracieusement allouée par le Ministère de Tutelle, aurait pu connaître un visage nettement plus reluisant : absence de décoration, insuffisance d'Ecrivains en dédicace, absence des membres du bureau.

De la participation des visiteurs

Une affluence au compte-gouttes, composée majoritairement d'élèves du primaire et du secondaire.

Les raisons évoquées

Elles tiennent principalement du coût exorbitant des stands pour les Editeurs. Chiffrés entre 800.000 et 1.000.000FCFA, certains Editeurs n'ont pas jugé utile d'ordonner une dépense excessive au regard des retombées, dues à un manque évident de visiteurs dans le salon.

Du côté des Auteurs et de l'AECI, il semble qu'un manque de communication soit à l'origine du visage par moments timoré du stand de l'AECI. De nombreux Ecrivains se plaignant en effet de n'avoir reçu aucune information sur l'existence d'un espace de signature, alloué à l'Association des Ecrivains de Côte-d'Ivoire.

Du côté des visiteurs, on pourrait aisément incriminer une stratégie de communication, d'information peu efficiente. Dans une mégapole forte d'environ 5 (cinq) millions d'habitants, une communication agressive, des plateaux télés et des débats avec les organisateurs et les Auteurs en prélude au salon, des protocoles d'accord signés avec les entreprises publics et privés, diverses écoles du District auraient donné un tout autre visage à l'événement.

Il serait souhaitable que pour les éditions futures, l'Autorité de Tutelle et le comité d'organisation en tirent toutes les leçons pour conférer au Salon International du Livre d'Abidjan, toute la noblesse et le prestige qui lui reviennent.

De l'ambiance générale

Il faudrait repenser la sonorisation, gare aux décibels !!!

Mieux adapter la sonorisation au caractère du Salon, il est question d'un Salon du Livre et non point d'un "Maquis" du Livre. L'ambiance se voudrait calfeutrée, quoique chaude. En effet, avec une sono qui braille, on a les tympans en feu, et lorsqu'on a les tympans en feu, on ne songe qu'à fuir l'espace pour se les aérer.

Du fonctionnement de l'AECI

Cette septième édition du Salon du Livre a permis de prendre le pouls de la situation malaisée qui prévaut au sein de ladite association. Comment comprendre que jusqu'à l'ouverture du Salon, des Auteurs ignorent tout des dispositions prises par leur Autorité de Tutelle pour leur allouer un espace de signature ? Comment comprendre aussi que l'AECI n'ait pas vraiment son mot à dire pour ce qui est de l'organisation du Salon ? Comment comprendre qu'il n'y ait pas de veille du Bureau, pour renseigner et présenter l'Association aux visiteurs d'ici et d'ailleurs ? Peut-on parler du Livre, s'il n'y a point d'Auteurs, ceux-là mêmes qui fournissent aux Editeurs et libraires, la matière première ?

D'un autre côté, les Auteurs se donnent-ils vraiment les moyens d'être au fait du fonctionnement de leur structure ? Quand on constate une défaillance de l'instance de décision, peut-être faut-il se donner les moyens d'être au fait de l'information, afin d'apporter sa modeste contribution au rayonnement du Livre, sans toutefois donner dans l'anarchie.

En effet, ce qu'il faudrait craindre, c'est que l'apparente indifférence des Ecrivains pour leur espace de signature et de promotion ne leur soit préjudiciable, si d'aventure l'Autorité de Tutelle et les organisateurs prenaient la décision de leur retirer un espace qui demeure pratiquement vacant, quand il devrait être le pôle d'attraction de l'événement.

En d'autres termes, il faudrait prendre de la hauteur et privilégier l'intérêt commun, qui est la mise en avant du Livre et de l'Ecrivain ivoirien.

Une Assemblée élective de l'AECI devrait se tenir au mois de Décembre, formulons le vœu que des débats intellectuels à la mesure de ce terme pompeux d'hommes de lettres nous soient servis, plutôt qu'une guéguerre mafieuse n'ayant d'autres buts que la promotion du "soi", au détriment de la chose commune. L'AECI est, et doit être une instance de référence qui impulse ou influe dans les programmes éducationnels et de sensibilisation des masses, pour un effectif nivellement vers le haut. Prouvons à tous que notre rôle de créateur, de panseur et de penseur des mondes n'est pas qu'utopie.

Félicité Annick Foungbé, écrivain,

Observateur de la vie littéraire


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