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Politique fiction de proximité (6)

Publié le 29 mai 2008 par Cc
Elle s’appelait Pétronille Simplicien. Elle redonna le sourire pendant quelques instants à notre président : son discours était soigneusement préparé. « Nicolas, mon cher Nicolas, ne boudons pas notre plaisir. Les Français ont décidé de vous réélire. » Elle fit une pause. Nicolas ne savait plus vraiment s’il devait exulter ou craindre le pire.   « Les Français ont mérité une récompense…Non ? » La foule non plus ne savait plus quoi faire. Certains poussaient des cris de joies, d’autres restaient cois.   Devant la télé, l’intérêt des gens était à son comble…   « Françaises, Français, vous avez mérité de reprendre le droit au repos qui vous est dû. Ce droit qui vous a été ravi au court de ces années, reprenez-le dès demain ! N’allez pas travailler. N’allez plus travailler ! Persuadez les gens autour de vous, faites passez le message ! Arrêtez… »   Devant son écran, Charlotte n’en revenait pas. La mire avait remplacé l’image, alors qu’on devinait le début d’un esclandre. On avait aperçu Nicolas Sarkozy qui se jetait sur la jeune femme.   Il n’en fallait pas plus pour qu’un mouvement d’ampleur nationale soit lancé. Pétronille Simplicien devint une égérie. Dès le lendemain, le peuple était dans la rue.   Charlotte était en tête des insurgés de sa ville. La déclaration du 6 mai 2012 avait été l’électrochoc qu’elle attendait : comme beaucoup de français, elle avait pourtant perdu  l’espoir, elle s’était laissé submerger par le besoin de survie égoïste. Il faut dire que rien ne fédérait vraiment les gens, au contraire. Tout avait poussé les gens à se diviser, au contraire. Les cheminots étaient des privilégiés, les profs en étaient d’autres, les agriculteurs étaient des pollueurs, les pêcheurs, des décimeurs des mers, les taxis, des fraudeurs vulgaires, les agents des services publics en général passaient pour fainéants, inutiles et couteux. Bref, les gens s’étaient montés les uns contre les autres, aidés par le gouvernement et les médias qui avaient subtilement mis de l’eau sur le feu.   Mais Pétronille avait choisi les mots qui avaient su toucher tout le monde.   Les manifestations furent si énormes et si soudaines que les autorités furent littéralement prises de court. D’ailleurs, les gendarmes et la police avaient naturellement rejoint le mouvement.   Les slogans à la gloire de  Pétronille fleurissaient, même si on ne savait pas ce qu’elle était devenue, après cette allocution historique. Elle était en passe de devenir une martyre ou une sainte… A suivre
CC

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