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Paradoxe

Publié le 15 mars 2015 par Malesherbes

Ceux qui ont exercé le pouvoir éprouvent souvent des difficultés après l’avoir quitté. Il est bien loin le temps où Cincinnatus, rappelé pour sauver Rome de la menace des Èques, retourna paisiblement à sa charrue sa tâche accomplie. Si Jimmy Carter, sa présidence achevée, se consacra à des œuvres humanitaires, d’autres dirigeants tels Bill Clinton, Al Gore, Tony Blair, Gordon Brown, outre des actions menées pour le compte de l’ONU ou contre le réchauffement climatique, prodiguèrent leurs conseils à diverses organisations ou se livrèrent à des activités purement commerciales.

Notre précédent président n’a apparemment pas jugé utile d’accomplir une quelconque mission philanthropique. Il se préoccupe surtout de trouver des auditoires prêts à le payer grassement pour bénéficier de ses conseils avisés. Il a ainsi perçu des honoraires du Qatar, État dont les relations avec Daech sont plutôt ambigües. Je ne pense pas que cela soit interdit  à un citoyen sans activité politique. Par contre, si Nicolas Sarkozy ambitionne de redevenir président de la France, il me semble que ce projet soit incompatible avec le lien ainsi établi avec une puissance étrangère.

Heureusement, il délivre à titre tout à fait gracieux ses conseils à ses concitoyens. Nous l’avons ainsi tout récemment entendu se faire l’avocat du rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires Cette mesure m’avait paru contre-productive dans une société minée par le chômage. Lorsque le carnet de commandes d’une entreprise se gonfle, celle-ci a besoin d’augmenter le volume d’heures travaillées. Comme cet accroissement peut n’être que passager, il serait imprudent d’embaucher. On fera face à ce besoin en recourant à des heures supplémentaires. Par contre, si la situation se prolonge, la meilleure solution peut être d’augmenter les effectifs. Mais la défiscalisation réduit le surcoût des heures supplémentaires et incite à différer, voire à éviter les embauches. De plus, étant donné que des entreprises recouraient déjà aux heures supplémentaires avant toute défiscalisation, cette dernière revient à diminuer les ressources fiscales sans aucune contrepartie. Enfin les plaintes exprimées, après la suppression de la défiscalisation, par des salariés qui constataient une diminution sensible de leur rémunération, démontre à l’évidence que ces heures supplémentaires n’étaient nullement temporaires mais plutôt permanentes et qu’ainsi elles ont fait obstacle à des embauches.

Au cours de cette même intervention, Nicolas Sarkozy a suggéré que, dans certaines entreprises, on pouvait allonger la durée hebdomadaire du travail. Lui est-il alors apparu qu’ainsi on supprimait le besoin d’effectuer beaucoup d’heures supplémentaires ? N’est-il pas totalement incohérent de promouvoir le recours aux heures supplémentaires en même temps qu’on les fait disparaître ?


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