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Un sursaut pour le paiement « automatique » ?

Publié le 16 mars 2015 par Patriceb @cestpasmonidee
Auchan Imaginé il y a plus de 4 ans par Square, le paiement « automatique » n'est jamais parvenu à conquérir une part de marché significative et a été plus ou moins abandonné, bien qu'une déclinaison en soit encore testée actuellement. Malgré ces déboires, une vague de solutions du même acabit semble émerger ces derniers temps.
Ce que je qualifie de paiement « automatique » consiste en un système qui permet de régler un achat sans exiger la moindre action de la part du client. Ce dernier est identifié par le commerçant – avec l'assistance d'un logiciel – et ses dépenses sont directement imputées sur le moyen de paiement associé à son compte. Dans le cas de Square, la localisation du téléphone mobile à proximité de la boutique et une photographie – sur le terminal du marchand – étaient exploités pour la reconnaissance.
Chez Auchan, le dispositif déployé dans 33 stations-services espagnoles – et bientôt au Portugal – repose sur une lecture de la plaque d'immatriculation du véhicule. Pour l'utilisateur, il suffit de créer un compte dans lequel il associe le numéro de sa voiture et les références de sa carte bancaire. Au passage en caisse, il ne lui reste qu'à saisir son code PIN pour finaliser la transaction (sécurisée, donc). Outre une extension géographique, des réflexions sont en cours pour appliquer le concept à d'autres circonstances dans lesquelles l'achat est réalisé depuis l'automobile : drive-in, parking…
Un tout autre cas d'usage est celui que cible Toshiba avec son prototype de caisse en libre service, destinée aux supermarchés. D'un côté, une caméra explore le contenu du panier et en reconnaît les articles (jusqu'à une dizaine, pour l'instant), de l'autre, une autre caméra capture l'iris de l'œil du consommateur – qui sert alors à la fois d'identifiant et de moyen d'authentification – et débite le montant de ses achats de la carte associée à son profil (préalablement enregistré).
Toshiba Touchless Commerce
Comme je le remarquais il y a 4 ans, le principe du paiement « automatique » reste le seul, à ce jour, à offrir une expérience client plus simple que la carte. Hélas, au vu du cas de Square, cet avantage décisif n'a pas réussi (seul) à générer le niveau d'adoption espéré. Peut-être est-ce dû, au moins pour partie, au statut spécifique de la startup mais il est probablement d'autres enseignements à tirer de son expérience. N'y aurait-il pas une réticence fondamentale de la part des consommateurs à payer « passivement » ?
Certes, les 20 000 utilisateurs revendiqués par Auchan peuvent paraître un bon début. Cependant, si ce nombre devait stagner, l'échec serait identique à celui de Square. Encore le distributeur a-t-il conservé une saisie de code PIN permettant de limiter les risques de fraude et, surtout, la perception qu'en a le client, ce qui constitue un facteur de confiance important. Mais, plus profondément, c'est la psychologie de l'acte de paiement qui peut créer le vrai blocage : les individus ne semblent pas prêts à abandonner le contrôle actif, même symbolique, de leur porte-monnaie.

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