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Enlèvements d'enfants et Psychose dans les ménages

Publié le 17 mars 2015 par Félicité Annick Foungbé @fafzimo

La psychose gagne sérieusement les ménages dans la capitale ivoirienne. Et pour cause, une bande de scélératesses et de scélérats semblent avoir trouvé un moyen répugnant pour troubler la quiétude des honnêtes gens.

En effet, ainsi que nous l'écrivions dans un précédent article à propos d'une criminelle en fuite après avoir pillé le domicile de son employeur et assassiné sa gamine de neuf ans, les filles de maison ou servantes donnent des sueurs froides à leurs employeurs ces derniers temps. C'est ainsi que le 12 Mars dernier, fut enlevée au domicile de ses parents, l'enfant N. A, quatre ans et demi par la nounou commise à sa surveillance.

L'affaire a très vite fait le tour des réseaux sociaux et la photo de l'infortunée gamine fut l'objet de multiples partages. Interloqués, nous nous sommes tous interrogés quant à la provenance de ce nouveau virus qui s'introduisait sournoisement chez les ménages.

Les faits, tels qu'on nous les a rapportés :

La nounou Koné Fatoumata était au service du couple N. depuis seulement deux semaines, le temps de mettre en confiance ses employeurs. Le soir du 12 Mars, elle s'est fondue dans la nature avec la première fille du couple âgée seulement de quatre ans et demi. Imaginez un tant soit peu, la douleur et le tourment des parents, de madame N. (la mère) enceinte de surcroît de son deuxième enfant.

La police fut rapidement informée et les fins limiers se saisirent du dossier. Une enquête au sein des gares routières permit d'avoir une ébauche de piste quant à la destination prise par l'indélicate nounou avec la progéniture d'autrui. Et ne voilà-t-il pas que peu après, se sachant en sûreté et loin de la mégapole abidjanaise à environ deux-cent kilomètres plus au nord, la nounou va appeler ses employeurs pour revendiquer l'enlèvement de l'enfant, les informant du coup de son appartenance à un réseau spécialisé dans les enlèvements d'enfants. Elle exigera la somme de cinq millions en échange de la libération de l'enfant. Les enquêteurs de la Police Judiciaire se sont véritablement mis à la tâche pour mettre un terme à cette macabre comédie et épingler la bande de criminels.

Possible genèse de l'histoire

Parce qu'il pourrait y avoir des précédents à prendre en compte. Le père de la petite N. A. occupe les fonctions de Sacristain dans une Paroisse de " référence ". En effet, située dans le chic quartier de la septième tranche dans la commune de Cocody, ladite Paroisse enregistre des scores de cotisations intéressants de la part des fidèles. Et justement, ont commencé les différentes collectes pour l'organisation de la Pâques.

Une bande de comploteurs fondus dans la masse des fidèles n'a-t-elle pas supposé qu'une partie de la somme devait transiter entre les mains du Sacristain ou carrément qu'avec l'équipe Presbytérale, devait s'opérer un sacré partage du magot loin du regard des fidèles ? Un Sacristain est en quelque sorte dans l'intimité des vicaires et curés, et donc de fâcheux amalgames pourraient se faire.

La deuxième hypothèse serait que la soi-disant nounou écumait les ménages jusqu'à trouver des proies alléchantes. Un Sacristain cause certainement des finances de la Paroisse à la maison et une oreille indélicate constituerait un péril certain, toujours de fait des suppositions erronées.

Dans tous les cas, il est vraiment regrettable que des filles de maisons servent d'éclaireuses et d'antennes de relais à de dangereux criminels. A cet effet, les autorités devraient légiférer ou mettre sérieusement en application les éventuelles dispositions prévues par la loi, afin que transitent par la Police, les différents dossiers des postulantes aux métiers de filles de maisons, cuisinières et autres. Trop d'agences de placement opèrent au noir...

Les familles doivent également se montrer très vigilantes, proscrire certains types de conversations en présence de personnes qui restent après tout des inconnus, et dont nul ne pourrait garantir les motivations réelles. Exiger de solides références à l'embauche, s'assurer de connaitre le domicile familial et prendre attache avec un membre de la famille qui se porterait garant de la bonne moralité de la postulante.

Il est à déplorer encore une fois le silence radio des organisations impliquées dans la promotion et la défense des Droits des filles de maison. On pourrait au moins se fendre d'un communiqué de compassion envers les familles sérieusement éprouvées, entreprendre des actions de sensibilisation à l'endroit de leurs protégées...

Imaginez un tant soit peu la douleur d'un père, d'une mère de surcroît enceinte à l'idée que sa progéniture se trouve aux mains de personnes de mauvaise moralité, capables de tout, parce qu'appâtées par le gain facile.

Enfin, saluons avec force et respect la Police Nationale de Côte-d'Ivoire !!!

Triple ovation et chapeau bas, messieurs !!! Le hic, c'est qu'il aura fallu que le père de la petite N. A. paye de sa poche le gîte et le couvert des agents de police, ainsi que les coûts liés au carburant entre autres. Que ne ferait-on pas pour un enfant ? Toutefois, il y a de quoi frémir d'angoisse... Dieu est grand !

Encore une fois, chers autorités, les événements démontrent que nous avons des valeurs sûres au sein de notre Police. C'est quand même la Côte d'Ivoire (un brin de chauvinisme ne fait pas de mal (rires)). Alors, de grâce, donnez leurs les moyens, équipez les convenablement pour le bien-être de la population et des résultats efficients.

Félicité Annick Foungbé Zimo, écrivain et analyste

N.B : Le déroulé des événements susmentionnés, intervient à la suite des déclarations publiques d'un vicaire de la Paroisse du couple N. laquelle Paroisse ayant pour Sacristain le père de la petite N. A.


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