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« Pas de ça chez nous »…on dirait du Sarkozy dans le texte

Publié le 28 mars 2015 par Gezale

Un ami d’origine maghrébine m’affirme que la déception des jeunes « rebeus » est telle vis-à-vis de la gauche et de la droite républicaines qu’ils s’apprêteraient, peut être pas tous heureusement, à voter pour le FN ce dimanche, histoire de donner « un coup de pied dans la fourmilière ». Et pourtant. Comme dans une ruche, une fourmilière est un monde organisé, hiérarchisé, où chaque individu ne dépend que de l’attitude des autres affirmant ainsi une solidarité sans faille entre tous les membres de la collectivité. La taille même de chaque individu est fonction de l’utilité commune. Le tout servant à faire perdurer la colonie, à la faire grandir, à assurer sa subsistance et sa sécurité. Donner un coup de pied dans la fourmilière reviendrait donc à semer le désordre, la peur, l’angoisse, à déstructurer la colonie dont les individus seraient perdus…ce qui n’est que provisoire car les insectes savent, par bonheur, se reconstituer rapidement et ailleurs. Ce qui n’est pas toujours le cas au sein des colonies humaines.
Loin de moi l’idée de comparer notre société à une ruche ou une fourmilière. Je sais que certains économistes flattent l’organisation des hyménoptères dont il faudrait s’inspirer. Mais il s’agit d’un anthropomorphisme déplacé. Les jeunes « rebeus » devraient y regarder à deux fois avant de commettre un geste citoyen libre, certes, mais lourd de conséquences. Car ce que n’affirme pas péremptoirement Marine Le Pen, Sarkozy le fait à sa place : pas de menu de substitution dans les cantines scolaires ! Absence de liberté de choix ! Plus de voile pour les étudiantes à l’université ! S’ils ne sont pas contents qu’ils aillent dans le privé confessionnel ! Et que je t’en remets une louche. Au point d’indigner même des ténors de l’UMP comme Fillon, Juppé…ou Rachida Dati qui demande « qu’on arrête le délire. »
Le mot est bien choisi. Sarkozy délire. Et certains Français l’approuvent. Il est tellement sûr de lui, tellement certain de gagner la prochaine présidentielle qu’il ne prend plus de gants pour asséner ses vérités partagées par les électeurs communs au Front national et à la droite forte. Mais le « Pas de ça chez nous » crié à la face d’une jeune femme enceinte de huit mois, portant le foulard et agressée physiquement, hier, par deux voyous fanatiques devrait pourtant être un signal d’alerte. « Chez nous » comme si ces deux voyous pouvaient se revendiquer de la France éternelle, celle des lumières et des droits de l’homme. Comme si la Laïcité à la sauce Le Pen n’avait d’autre objectif que de défendre l’espace public pour en interdire l’accès aux kippas, aux djellabas et aux autres tenues religieuses portées par qui le veut quand il ou elle le veut. Les Français musulmans ont autant de droits que les autres. Pas plus, mais pas moins. Ils sont nos compatriotes et doivent pouvoir circuler librement dans toutes les rues de nos villes. Avec ou sans foulard sur la tête.
Des responsables du CFCM (Comité français du culte musulman, d’ailleurs constitué à la demande de Nicolas Sarkozy) accusent les politiques imprudents ou pyromanes de jeter de l’huile sur le feu. D’attiser des braises toujours chaudes. Et cela, bien évidemment, à la veille du second tour d’une élection. Ils ont raison, tout cela recèle des arrières pensées. Le « Pas de ça chez nous » illustre parfaitement la volonté de marginaliser, stigmatiser, rejeter, tous thèmes à l’œuvre à l’extrême droite. Jouer sur des réflexes d’exclusion, voilà la nouvelle politique qu’on nous propose. Comme à Hénin-Beaumont où la ligue des droits de l’homme a été expulsée de son local, comme à Béziers où la liste des associations subventionnées a été revue à la baisse. Quand on pense que dimanche, ces gens-là sont bien capables de gagner quelques cantons. Misère.


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