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Alcool

Publié le 31 mars 2015 par Anne-Sophie Delepoulle @sosphamanet

alcoolL’alcoolo dépendance  est une maladie chronique hautement récidivante. Elle s’installe progressivement sur plusieurs dizaines d’années, avec souvent alternance de périodes de consommations excessives et de consommation plus modérée. Ainsi, beaucoup de personnes tiennent plus à l’alcool qu’à leur santé

1,5 millions de personnes sont alcoolo dépendantes en France 7% des patients hospitalisés toutes causes confondues sont alcoolo dépendants.
1,3 à 1,4 million d’hospitalisations liées à l’alcool par an


Globalement, l’excès d’alcool est, directement ou indirectement, la cause de 45 000 décès chaque année en France.

Complications de l'alcoolisme chronique SelectAfficher

Les complications de l’alcoolisme sont nombreuses : pathologies digestives, notamment hépatiques et pancréatiques ; pathologies cardiovasculaires, notamment HTA et troubles du rythme ; pathologies neuropsychiatriques centrales comme périphériques ; pathologies ostéomusculaires ; pathologies cutanées. Certaines d’entre elles, une fois initiées, continuent à évoluer indépendamment de la conduite alcoolique (troubles pancréatiques par exemple).

Les atteintes résultent à la fois de l’alcoolisation, des carences alimentaires l’accompagnant et de facteurs de susceptibilité génétique.

Appareil digestif

Risque de cirrhose, stéatose (accumulation de triglycérides dans les cellules du foie), hépatite alcoolique, pancréatite, ostéoporose, ostéomalacie, déficit de facteurs de la coagulation…
L’alcool favorise les cancers aérodigestifs (notamment en cas de tabagisme associé), hépatiques, colorectaux et du sein : elle est à l’origine d’environ 1 cancer sur 10 chez l’homme et 0,3 sur 10 chez la femme.

Système cardiovasculaire

Risque d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux.

Troubles psychiques, psychiatriques et neurologiques

cerveau
L’usage chronique stimule essentiellement les neurone dopaminergiques par action directe et via la libération d’opiacés endogènes et d’endorphines. D’autres neuromédiateurs rentrent en jeu comme l’acétylcholine (mémoire, motricité) et la sérotonine (émotions, sommeil)

  • Troubles du caractère (anxiété, trouble de l’humeur…). Ces troubles se compliquent notamment en cas de poly intoxication (médicaments psycho actifs, drogues…)
  • Encéphalopathie alcoolique par déficit en vitamine B1 (encéphalopathie de Gayet-Wernicke = trouble de la mémoire à court terme, troubles oculomoteurs, ataxie, confusion, paralysie des yeux, diplopie) qui se complique en l’absence de traitement par un syndrome de Korsakoff, démence alcoolique… La toxicité directe de l’alcool sur le cerveau contribue à aggraver ces syndromes.
  • Des illusions sensorielles ainsi que des délires sont souvent rapportés lors d’une alcoolisation chronique comme au moment du sevrage

Troubles métaboliques

Tous les métabolismes sont affectés par l’alcool, soit par action directe de l’alcool sur le foie (acidose lactique, hypoglycémie), soit par induction de maladies (hépatite, pancréatite)

Cancers

L’alcool induit les cancers aérodigestifs supérieurs (le risque est encore plus augmenté en cas de tabagisme associé), cancers du foie, cancer colorectal, cancer du sein.

Les effets de l’alcool
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Alcool et grossesse SelectAfficher

grossesse

Une abstinence totale s’impose à toute future maman.

L’alcool entraîne des malformations chez le fœtus et des retards psychomoteurs, même en faible quantité.
Le syndrome d’alcoolisme fœtal touche environ 7 000 nouveau-nés en France chaque année.

Exposant à de lourdes séquelles neuro-comportementales, il constitue la première des causes de retard mental d’origine non génétique.

Alcoolo-dépendance SelectAfficher

La dépendance à l’alcool se caractérise par un désir compulsif à boire de l’alcool en quantités croissantes. L’impossibilité de satisfaire ce besoin se traduit par un syndrome de sevrage.

Il y a risque de dépendance (critères définis par l’OMS):

  • au delà d’une consommation régulière de 2 verres par jour chez la femme et 3 verres par jour chez l’homme
  • ou consommation occasionnelle de 4 verres ou plus de temps en temps.

Quels sont les signes d’une alcoolo-dépendance?

Tremblement plus ou moins important des extrémités (mains, langue), conjonctives rouges, visage empourpré, couperosé, œdématié, des yeux larmoyants, une haleine alcoolisée, fatigue à la marche, douleurs à la pression du mollet, troubles du sommeil avec cauchemars et sueurs nocturnes.

A l’examen clinique, on peut retrouver: une hypertension artérielle, tachycardie, asthénie, anorexie, hépatomégalie, troubles digestifs avec œsophagite, nausées et vomissements matinaux (pituites), douleurs abdominales (pancréatite), crampes nocturnes affectant notamment les mollets et autres signes de polynévrites,vertiges et incoordination motrice (d’où chutes récurrentes, hématomes)

Les mécanismes physico-chimiques de la dépendance

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Evaluer sa dépendance

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Reconnaître les signes de manque SelectAfficher

Les signes psychiques sont systématiques, les signes physiques sont inconstants selon les patients

Ces signes sont observés lorsque les effets de l’alcool s’estompent dans l’organisme, notamment au réveil ou après plusieurs heures d’abstinence.

  • Troubles psychiques: anxiété, agitation, irritabilité, hyperactivité, troubles du sommeil
  • Troubles neurovégétatifs: sueurs, tremblements, crampes, tachycardie, hypertension artérielle, parfois hypotension orthostatique (sujet âgé).
  • Troubles digestifs: nausées, vomissements
  • Signes plus sévères (5% des sujets alcoolo dépendants) observés dans les 24 heures suivant l’arrêt jusqu’à 10 jours chez le sujet âgé) : Délirium trémens (DT), délire alcoolique subaigu, épilepsie de sevrage (crise comitiale ou de type grand mal)

Vaincre la dépendance à l’alcool
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Signes d'un sevrage trop brutal SelectAfficher

Délirium tremens= DT

Le Dt se manifeste par une agitation, tremblements, délires hallucinatoires, tachycardies, sueurs, diarrhées, vomissements, déshydratation, risque de décès par collapsus. il peut survenir jusqu’au dizième jour suivant l’arrêt de l’alcool. C’est une urgence vitale!

Délire alcoolique subaigu:

Les signes sont identiques au DT mais moins sévères et peuvent durer plusieurs semaines

Crise épileptique généralisée

Conseils en cas de sevrage alcoolique SelectAfficher

  • Faire très attention à votre alimentation qui doit être le plus équilibrée possible. Privilégiez les aliments naturellement riches en vitamine B1.
  • Boire pour lutter contre la déshydratation (presque systématique chez les personnes dépendantes à l’alcool). Au moins 2 litres par jour. Préférer l’eau, les tisanes ou les jus de fruit. Éviter les sodas caféinés, le thé ou le café
  • Prenez bien vos vitamines: les vitamines prescrites par le médecin sont tout aussi importantes que le traitement médicamenteux. Même si elles ne sont pas remboursées, il faut que la personne prenne son traitement dans sa globalité.
  • L’entourage doit surveiller la consommation de médicaments pendant les premiers jours du sevrage. Dans la mesure du possible, ne pas laisser la personne seule
  • Noter ou faire noter par l’entourage les difficultés rencontrées: agitation, comportement anormal, sueurs, tachycardie, tremblements… Des insomnies ou des cauchemars sont fréquents pendant cette période. En faire part au médecin à la prochaine visite ou téléphoner au médecin en cas d’urgence.

Le sevrage à domicile
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Marqueurs biologiques de la consommation alcoolique SelectAfficher

laboratoire d'analyses
Certaines analyses sont utiles pour le suivi d’un patient alcoolo dépendant.

Toutefois, ces marqueurs ne permettent pas de distinguer les sujets alcoolo dépendants des consommateurs excessifs non dépendants. Ils peuvent même être normaux chez des patients ayant une alcoolo dépendance sévère.

Gamma GT

= Gamma glutamyl transpeptidase. Cette enzyme augmente sous l’effet de l’alcool mais aussi d’autres molécules (médicaments, produits industriels), en cas de maladies hépatiques, de cancers, de diabète, d’obésité… Son augmentation se manifeste environ 3 semaines après une consommation régulière; sa demi-vie est d’environ 3 semaines.

VGM

Volume globulaire moyen = taille moyenne des globules rouges. Il est > 100µm3 si consommation d’alcool. Son taux est aussi augmenté en cas d’anémie macrocytaire d’autre origine que l’alcool. La durée de vie des hématies étant de 3 mois, le VGM met du temps à se normaliser après arrêt de consommation d’alcool.

CDT

Carbohydrate deficient transferrine ou transferrine désialylée: 80% des molécules de transferrine comportent des chaines polysaccharidiques se terminant par un acide sialique. C’est le paramètre le plus spécifique (environ 90%). Elle peut être utilisée pour le repérage et pour le suivi du sevrage. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour le dosage. En cas de consommation importante d’alcool, la transferrine normale fait place à la transferrine désyalilée.

Son augmentation se produit en quelques jours, et son retour à la normale nécessite une quinzaine de jours (elle reflète la consommation sur les 2 dernières semaines). Son taux est corrélé avec le niveau d’alcoolisation.

La CDT peut être augmentée en cas de maladies congénitales (anomalie génétique de la transferrine), en cas de pathologies hépatiques sévères non alcooliques (cirrhose biliaire primitive, cirrhoses, hépatite C chronique, carcinome hépatocellulaire) ou en cas de grossesse.

Ethylotests SelectAfficher

Que ce soient des éthylotests à usage unique (Contralco®) ou électroniques, les éthylotests s’utilisent au moins 15 minutes après toute absorption d’alcool.
A utiliser entre 10°C et 40°C

Les éthylotests électroniques mesurent le taux d’alcool par litre d’air expiré. Ainsi 0.25 gramme d’alcool par litre d’air expiré équivaut à la limite légale de 0,5 g/litre de sang

ethylotest
Recommandations et mises en gardes sur les éthylotests électroniques

Il est recommandé d’attendre environ 45 minutes après la dernière prise d’alcool, pour se tester. En effet le sang met 45 minutes à absorber l’alcool.
De la même façon si la mesure est prise avant ces 45 min le résultat pourra en être altéré: si la mesure est prise dans les 7 minutes suivant la dernière prise d’alcool, les valeurs obtenues seront très élevées, parce que les muqueuses et l’œsophage absorbent partiellement l’alcool et mettent 7 minutes à l’éliminer.
Au contraire, si la mesure est prise entre 30 et 45 min suivant la dernière prise d’alcool vous risquez d’obtenir une valeur plus faible parce le sang ne l’aura pas totalement absorbé.

Quand faut-il consulter? SelectAfficher

  • medecin
    En cas de somnolence excessive
  • En cas d’agitation, de sueurs, d’agressivité, de mouvements anormaux
  • En cas de regard fixe et de secousses oculaires (risque de délirium tremens): appeler d’urgence le SAMU

Sortir de l’alcoolisme : quel soutien médical ?
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=> revoir régulièrement votre addictologue ou votre médecin traitant pour adapter les doses de votre traitement.

Signaler à tout médecin, dentiste ou pharmacien  si votre traitement contient du  Revia® afin d’éviter les interactions médicamenteuses avec les médicaments contre la douleur (diminution de l’activité des dérivés morphiniques)

Comment traiter l’alcoolisme?

Stratégie thérapeutique SelectAfficher

Les stratégies de soins ont évolué au cours de la dernière décennie. Au dogme d’une abstinence totale d’alcool, considérée comme le seul objectif possible en cas de dépendance, s’adjoint aujourd’hui la perspective souvent proposées aux patients du retour à une « consommation contrôlée ».

La définition de l’objectif, qui tient compte du choix du patient, abstinence ou consommation contrôlée, influence le choix des molécules essentiellement prescrites. Ainsi peut-on différencier des traitements pharmacologiques substitutifs de la consommation excessive d’alcool, lorsqu’une abstinence totale est recherchée, et des traitements représentant une aide à la réduction de la consommation, agissant notamment sur le « craving ».

Certains médicaments (acamprosate, naltrexone, nalméfène) ont un rôle « anticraving », diminuant l’appétence pour l’alcool. Ils peuvent être prescrits quel que soit l’objectif thérapeutique envisagé avec le patient (abstinence totale ou consommation contrôlée) mais sont plus utilisés, en association avec la prise en charge psychosociale, pour faciliter le retour du patient à une consommation contrôlée d’alcool. Ils peuvent faciliter le maintien du sevrage total lorsque celui-ci est obtenu, mais n’ont pas d’effets de « substitution » à l’alcool.
D’autres produits s’offrent, chez l’alcoolo-dépendant, comme des traitements de substitution, du fait de leurs actions sur les récepteurs GABAergiques, analogues à celles de l’alcool éthylique. Il s’agit moins des benzodiazépines et de l’hémineurine, abandonnés dans cette indication, que du GHB et du Baclofène, dont nous avons envisagé les limites médicales et légales d’emploi.

Les traitements de substitution SelectAfficher


Les traitements de substitution agissent sur la neurotransmission Gabaergique et les récepteurs GABAA et GABAB. L’alcool éthylique est lui-même un agoniste indirect des récepteurs GABAA et GABAB.

Le baclofène

Agoniste des récepteurs GABAB, le baclofène a démontré ses effets antispastiques, dans le traitement de maladies neurologiques comme la sclérose en plaques ou la sclérose latérale amyotrophique.

L’ANSM autorise l’utilisation du baclofène dans le cadre du sevrage alcoolique « au cas par cas et avec une adaptation posologique individuelle afin de garantir dans le temps la dose utile pour chaque patient ». Elle préconise également que la prise en charge soit effectuée « par des médecins expérimentés dans le suivi de ce type de patients dépendants ».

Posologie: Dans cette indication, le baclofène est prescrit à fortes doses (150 mg/j). Pour éviter les effets secondaires (nausées, vertiges, fatigue…) une augmentation très progressive est recommandée (augmentation de 20 à 30 mg/semaine)

Benzodiazépines

Les Benzodiazépines (BZD), Diazépam (Valium®) en première intention (1/2 vie longue), Oxazepam (Seresta®) chez le patient âgé ou en cas d’insuffisance hépatique, mais protection moins bonne. Elles sont utilisées à la fois pour réduire la gravité du syndrome de sevrage et pour diminuer l’incidence des crises convulsives et des « delirum tremens ». L’usage des BZD comme traitement prolongé de l’alcoolodépendance, au décours du sevrage, est peu pratiqué et peu recommandé, du fait notamment des risques majorés de dépendance à ces produits chez les alcooliques.

Posologie: voie orale 5 à 40 mg/jour, voie injectable 0,1 à 0,2mg/kg/injection plusieurs fois par 24 heures. Le traitement ne doit pas dépasser 8 à 10 jours pour éviter d’entraîner une dépendance, avec réduction progressive de la posologie sur les 4 à 7 derniers jours.

Effets indésirables: sensations ébrieuses, céphalées, prurit, insuffisance respiratoire, amnésie antérograde, dépendance et tolérance (en cas d’utilisation au long cours)

Contre indications absolues: insuffisance respiratoire sévère, apnée du sommeil, myasthénie, insuffisance hépatique sévère, aiguë ou chronique (risque d’encéphalopathie), sauf oxazépam.

Molécules autorisées dans d’autres pays

L’oxybate de sodium, ou GHB (acide Gamma Hydroxy Butyrique)
Synthétisé il y a plus de quarante ans, l’oxybate de sodium est un composé proche du GABA. le GHB est une « drogue dure », c’est la fameuse « drogue du violeur ». Il est commercialisé dans de nombreux pays comme traitement de la narcolepsie-cataplexie. L’association de l’oxybate de sodium à la naltrexone s’est avérée plus efficace dans la réduction du craving et le nombre de jour d’abstinence, le GHB seul ayant entraîné chez deux patients une appétence pour ce produit. Le GHB est commercialisé depuis plus de dix ans en Autriche et en Italie, comme traitement adjuvant de l’alcoolodépendance. Une vaste étude contrôlée est en cours, en France, dont les résultats ne sont pas connus pour l’instant. Compte tenue de son potentiel addictogène élevé, ce produit, s’il obtient une AMM, ne serait probablement délivré que sur ordonnance sécurisée.

Les traitements réducteurs de la consommation d'alcool et favorisant le maintien de l'abstinence SelectAfficher


Ces produits, plus que les traitements de substitution, s’inscrivent dans les stratégies de soins dont l’objectif est la réduction de la consommation d’alcool, « consommation contrôlée », même si l’abstinence totale peut être obtenue, sous l’effet de diverses méthodes psychothérapiques, après une période de réduction des quantités consommées.

Acamprosate

L’acamprosate, cp à 333mg: Aotal®, est très largement prescrit par les addictologues. Par stimulation des récepteurs gabaergiques et par antagonisme des récepteurs au glutamate, cette molécule diminue l’appétence vis à vis de l’alcool. Le sevrage démasque une hypoactivité GABAergique que ce médicament concoure à normaliser. Le traitement à débuter dès le début du sevrage, il ne se conçoit pas sans l’arrêt total de toute consommation alcoolique.

Posologie: sujets de plus de 60kg: 2cp 3/jour.; sujets de moins de 60kg: 2cp le matin, 1 à midi, 1 le soir. Prise de préférence en dehors des repas si la tolérance digestive est bonne. Il est initié dès le début du sevrage à J1. Sa prescription est recommandée pendant 1 an.

Effets indésirables: diarrhée transitoire, prurit, érythème maculopapuleux

Naltrexone

La naltrexone, cp cp à 50mg: Revia ® bloque les opiorécepteurs et s’oppose ainsi au renforcement positif induit par les opioïdes endogènes (endorphines) produits lors de la consommation chronique d’alcool, la Naltrexone limite l’envie de boire.

Posologie: 1cp par jour (éventuellement 1/2 cp par jour les 3 premiers jours). Cette posologie progressive permet de diminuer la fréquence des nausées. Le traitement est initié à la fin de la phase de sevrage. Sa prescription est limitée à 3 mois. Son association aux dérivés morphiniques est déconseillée (diminution de l’activité des dérivés morphiniques)

Effets indésirables: douleurs abdominales, nausées, vomissements, arthralgies, myalgies, céphalées, insomnie, anxiété.

Nalméfène

Le nalméfène Selincro ®, Ce médicament est indiqué dans la réduction de la consommation d’alcool chez les patients adultes dépendants avec une consommation à haut risque (plus de 6 verres par jour), ne présentant pas de symptômes de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiat. Le nalméfène est un modulateur des systèmes opioïdes agissant sur les récepteurs μ, d, et k. L’action du Nalméfène est clairement orientée vers la réduction de la consommation, donc l’obtention d’une consommation contrôlée, et non vers l’obtention ou le maintien d’une abstinence totale d’alcool.

Posologie: Les comprimés de Selincro® doivent être pris à la demande, si le patient ressent l’envie de consommer de l’alcool (de préférence 1 à 2 heures avant la consommation). L’administration peut être quotidienne
Effets indésirables: Le nalméfène présente des effets indésirables tels qu’insomnies, céphalées, vertiges et nausées
Contre indiqué chez les patients traités par les analgésiques opioïdes en raison du risque de syndrome de sevrage brutal, ainsi qu’en cas d’antécédent récent de sevrage aux opioïdes ou de syndrome de sevrage aigu à l’alcool.

Pour en savoir plus: SELINCRO, site de l’EMA (Agence européenne du médicament)

Vitaminothérapie SelectAfficher


En cas de consommation importante d’alcool, une carence en vitamines est souvent retrouvée pour plusieurs raisons:

  • mauvaise alimentation au détriment de la boisson
  • mauvaise absorption des vitamines au niveau intestinal

Une supplémentation en certaines vitamines indispensables, notamment pour le cerveau, est donc nécessaire chez le sujet en cours de sevrage alcoolique.

Vitamine B1 = thiamine

Une carence en vitamine B1 est fréquente en cas d’alcoolo dépendance par négligence alimentaire et/ou par mauvaise absorption entérique. Une administration en vitamine B1 est recommandée chez tout sujet en sevrage alcoolique à la posologie de 500mg/jour pendant 10 à 20 jours. Une perfusion intraveineuse en vitamine B1 peut être proposée en cas de signes cliniques de carence pendant une semaine suivie d’un relais per os pendant plusieurs semaines.

Vitamine B6

Vitamine B6 = pyridoxine (Becilan®).

  • La vitamine B6 permet de prévenir les crises d’épilepsie au cours du sevrage alcoolique
  • L’association vitamine B2 et B6 permet de prévenir la survenue d’une encéphalopathie de Gayet-Wernicke

Attention la vitamine B6 ne doit pas être administrée au long cours (risque de neuropathie périphérique).

Vitamine PP

La vitamine PP (nicotinamide ou Vitamine B3 = Nicobion®) est un cofacteur de la vitamine B6. Il entre dans les réactions d’oxydoréduction cellulaires: le NAD et le NADP.

Acide folique

L’acide folique peut être indiqué en cas de carence surtout chez la femme enceinte pour réduire le risque de malformation fœtale.

Les solutions naturelles

Phytothérapie SelectAfficher


chrysantellum

Chrysantellum americanum

C’est une plante polyvalente cholérétique et hépatoprotectrice, intéressante en particulier lors des intoxications d’origine alcoolique, les excès alimentaires et les suites d’hépatite.

Riche en saponosides et en flavonoïdes, la désintoxication se fait grâce à l’induction enzymatique du cytochrome P450, à condition de le prendre sur une période assez longue (12 jours minimum).

Consommé régulièrement, le chrysantellum entraîne un inappétence à l’alcool et peut donc être proposé dans le sevrage de l’alcoolisme chronique.

Gélules d’extrait sec concentré Iphym® 2 à 4 gélules/jour ou Chrysantellum Extrait fluide Iphym® Pharma

Homéopathie SelectAfficher

granules-homeo
La dépendance à l’alcool est une maladie trop sérieuse pour être soignée par simple automédication, une consultation par un médecin homéopathe est indispensable.

En cas de traitement par gouttes, demandez à votre pharmacien que la préparation soit faite en eau et non pas en alcool (méthode habituelle).

Alcoolisme au stade de consommation excessive sans complication

  • Nux vomica: Consommation excessive d’alcool, d’autres excitants, d’aliments suivie de somnolence améliorée par une sieste.
  • Sulfur: traitement des « piliers de bistrot »; personne joviale et sympathique buvant beaucoup et mangeant peu avec congestion de la face et rougeur des orifices (oreilles rouges et chaudes, couperose…). Alcoolisme convivial et mondain. Alcoolisme par crises. Attention, avant de prendre sulfur, faire toujours un drainage hépatique car risque d’aggraver les symptômes!
  • Lycopodium: petit buveur ou ancien grand buveur devenu intolérant. Pessimiste. Abdomen dilaté sans sa partie sous ombilicale après 17 heures.
  • Lachesis mutus: buveur solitaire souvent féminin. Boit en secret. Volubilité excessive (bavard) souvent malveillante, jalousie pathologique. Incrimination des médecins de l’entourage.

Autres souches permettant de diminuer le désir d’alcool:

Capsicum annum, Carbolic acidum, Gelsemium sempervirens, Selenium metallicum, Kalium bichromicum, Luesinum, Ranunculus bulbosus…

Si vous voulez faire baisser la consommation d’alcool et provoquer le dégoût du vin et des spiritueux d’une personne à son insu: mettre 5 gouttes de teinture mère de Capsicum annum dans un litre de vin (pas plus car le vin serait imbuvable) ou 2 à 3 gouttes dans une sauce.

Lien utile à consulter concernant les diathèses et l’alcool: homeopsy.com

Traitement homéopathique de l’alcoolisme aggravé

Dans tous les cas: Ethylicum 9 CH, 5 granules matin et soir. Ethylicum correspond au tempérament du patient alcoolo dépendant

Associer une ou plusieurs souches en fonction des similitudes:

  • Phosphorus: Amateur de grands vins, boit par passion. Alternance d’hyperesthésie (entend les mouches voler) et d’obnubilation profonde, grande hyperémotivité, anxiété crépusculaire.
  • Arsenicum album: crises de dipsomanie irrépressibles. Boit par anxiété, sentiment d’incurabilité. Buveur d’eau ou de très petites quantités d’alcool quotidiennement avec crises d’alcoolisation avec quantités absorbées énormes.
  • Aurum metallicum: avec face couperosée et conjonctives hyperémiées, dépression, sentiment d’indignité. Il s’alcoolise dans la solitude et la tristesse. Autodestruction par l’alcool (boit jusqu’au coma), tentatives de suicide. Hypertension artérielle.
  • Zincum metallicum: préfère le vin blanc, patients pâles et asthéniques. Aggravation de tous les symptômes par le moindre verre de boisson alcoolisée, syndrome des jambes sans repos.
  • Sulfuricum acidum: patient fortement dégradé par l’alcool avec reflux, hémorragies, pancréatite. Dégradation mentale et perte du sens moral.


Liens utiles SelectAfficher

Sites d’information

Associations de patients

Voies de recherche sur la dépendance à l'alcool SelectAfficher

Développement de nouveaux traitements pour le sevrage

  • Une forme injectable à libération prolongée de Naltrexone est en cours de développement. Elle permettrait une meilleure observance et a montré une efficacité dans le maintien de l’abstinence à 6 mois
  • Le Topiramate (Epitomax®) antiépileptique de nouvelle génération réduit par une action indirecte la libération de dopamine au niveau mésocorticolimbique. Une étude a montré son intérêt pour réduire la consommation d’alcool

Alcool et grossesse

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Une consommation d’alcool des mères pendant leur grossesse pourrait altérer la qualité des spermatozoïdes de leur fils.

Une étude danoise* observationnelle monte l’existence d’une corrélation entre une consommation d’alcool pendant la grossesse (4 ou 5 verres par semaine) et une altération de la qualité du sperme des enfants de sexe masculin à l’âge adulte (diminution du volume du sperme et baisse du nombre total de spermatozoïdes). Selon le Dr CH. Ramlau–Hansen, « des études complémentaires sont nécessaires mais si ces résultats étaient confirmés ils pourraient contribuer à expliquer pourquoi la qualité du sperme a diminué au cours de ces dernières décennies et pourquoi il existe des variations d’une population à l’autre. »

*Ramlau-Hansen CH : Is maternal alcohol consumption during pregnancy a cause of decreased semen quality in the male offspring ? European Society of Human Reproduction and Embryology (Eshre) – 26th Annual Meeting (Rome) : 27-30 June 2010.

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Anne-Sophie DELEPOULLE (Dr en Pharmacie), ma pharmacie en ligne

Dernière modification le: mar 31, 2015 @ 11 h 23 min


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