Magazine Politique

« Municipalités, entreprises : les fausses promesses du Front national »

Publié le 14 mars 2015 par Letombe

« Municipalités, entreprises : les fausses promesses du Front national »

Dans son introduction, Michel Debout, président du CESC, est revenu sur le changement de discours économique du Front national : du libéralisme thatchérien du père, à la vision étatiste, régulée, de la fille. " Mais qu'avons nous fait de ce changement de discours ? ", a-t-il interrogé.

Selon lui, malgré la dite dédiabolisation du Front national, ce parti n'en est pas plus fréquentable car " il n'y a rien de fréquentable dans les promesses de Marine Le Pen ". Mais la menace du Front national est bel et bien présente, notamment à la veille des élections départmentales. " Si vraiment l'élection confirme les sondages, attendez-vous à des semaines et des mois politiques particulièrement difficiles à partir d'avril prochain " a donc conclu Michel Debout.

Deux outils majeurs pour combattre le Front national. Sarah Proust est revenue sur trois dates clés de l'histoire du FN, que sont 1998, avec la scission au sein du parti, 2002 et l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, enfin, 2011, avec la percée du FN aux élections cantonales. Le succès du Front national aujourd'hui est le résultat de changements engagés depuis la fin des années 1990 par le parti d'extrême droite, changements touchant à la fois à la nature même du parti, sa tactique et sa stratégie. En effet, aujourd'hui le Front national cherche à être au pouvoir, il n'est plus un " perturbateur " comme au temps de Jean-Marie Le Pen. Cette volonté assumée de conquête du pouvoir passe donc par une modification de la stratégie du FN : il cherche à asseoir une crédibilité locale, en présentant des candidats dans les départements, les villes, les mairies. Dans sa tactique, le Front national impose une " i dentité négative " à ceux qu'il appelle "les oubliés", créant ainsi une scission "exclus/inclus" entre les Français.

Alors comment faire ? Sarah Proust a insisté sur la nécessité tout d'abord de "tout faire pour combattre le Front national". Il ne s'agit plus aujourd'hui de s'interroger sur la nécessité ou pas de discuter des mesures proposées par le FN, moraliser le combat contre le FN, discuter avec son électorat. "Il faut tout faire", répète Sarah Proust. : " Le vote FN n'est pas un vote anodin, il faut pouvoir le dire. Il faut déconstruire chacune des propositions. Et oui, il faut s'adresser à tout l'électorat ". Enfin, Sarah Proust estime aujourd'hui qu'il faut articler le discours tenu par le PS au niveau territorial avec des outils territoriaux. Il faut donc trouver une réponse locale adaptée aux comportements des maires frontistes à Beaucaire, Fréjus ou Hénin-Beaumont car les situations y sont différentes, tout comme le discours qui y est tenu par le FN; mais il faut également un discours national contre le FN puisque ce parti est national et a une vision globale de la société.

Beaucaire, Fréjus, Béziers ... Le vrai Front national. Invités de la première table ronde consacrée aux municipalités FN, Marie-Josée de Azevedo, co-présidente du forum des comités de vigilance des municipalités FN, Laure Cordelet, présidente du rassemblement citoyen de Beaucaire, et Antonio Fulleda, magistrat, président de l'association biterroise pour l'accès au droit, ont témoigné des réalités de la politique du Front national dans les villes qu'il gère. Baisse de 20% du financement destiné au matériel pédagogique des enfants à Fréjus, grosse communication pour de petites actions à Béziers, fermeture du centre social à Beaucaire : voici quelques-unes des réalisations de ces maires d'extrême-droite. On peut aussi évoquer la tentative de freiner la construction d'une mosquée à Fréjus, et la mise en place d'une crèche catholique dans un espace public à Béziers.

Plus généralement, à Béziers comme dans les autres villes tenues par le FN, Antonio Fulleda a fait le constat d'un " recul de la légalité républicaine ". " Les extrémistes c'est vivre les uns contre les autres ", a-t-il ajouté. A Beaucaire, Laure Cordelet reproche quant à elle une " opposition moribonde, qui ne monte pas au créneau " et " n'a pas été fichue d'organiser un front républicain pendant la municipale " : " ils sont responsables de la situation ". C'est donc elle, ainsi qu'une dizaine d'autres, qui a pris la tête de l'opposition, une opposition non politisée, qui rassemble des beaucairois soucieux de l'avenir de leur ville.

" L'opportunisme économique et social du Front national ". Dans les entreprises, publiques notamment, le FN progresse également. Yves Béguin, secrétaire du bureau de la Commission nationale entreprises, a listé les mesures économiques du programme frontiste, démontrant, pour chacune d'entre elles leur inutilité. Pour lui, " ce projet est une machine de guerre dressant les travailleurs les uns contre les autres ".

Pierre-Yves Bulteau, de son côté, a dénoncé " l'opportunisme économique et social du Front national ". En effet, celui-ci se traduit par la progression du FN dans les idées comme dans les urnes lors des élections professionnelles, la manipulation de la colère salariale ou ouvrière, enfin la surenchère démagogique et la manipulation dont faire preuve le FN lors des mouvements sociaux.

Face à cela, les intervenants de la seconde table ronde sont arrivés à la conclusion que seule une union des syndicats pourrait permettre de freiner la progression du Front national


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Letombe 131283 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines