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Clochette et la créature légendaire, ou Disney for ever and ever

Publié le 09 avril 2015 par Toulouseweb

Il fut une époque, en France, jusque dans les années 90, où deux ou trois dessins animés Disney sortaient chaque année, à des périodes bien calibrées : vacances de Noël, vacances de février, et grande vacances, avec des rééditions ou des programmes de court métrages ( Mickey, Pluto, Donald "et leur amis".
La donne a complètement changé depuis, ne serait-ce que parce qu’il sort chaque semaine plus de quinze films, et dans ces films se glissent souvent des films d’animation. Résultat : il sort au moins quarante films relevant de cette catégorie chaque année, et Disney a perdu complètement son quasi-monopole la concurrence est venue des USA eux-mêmes, avec les studios Pixar ( "Toy story", "Ratatouille",par exemple) ou Dreamworks ( "Kung Fu panda", "Madagascar"…). Sans compter, bien sûr, la production européenne, souvent tournée vers le public adulte. Des films tels que les très réussis "triplette de Belleville" ou, surtout, le formidable "Valse avec Bachir", ne sont pas précisément des films pour les enfants de trois à huit ans.
Et justement, trois à huit ans, c’est à peu près le "cœur de cible" de "Clochette et la créature légendaire", un honnête film Disney qui sort aujourd’hui en France, sans avoir été, d’ailleurs, précédé d’une campagne de promotion titanesque.
Mais cela ne veut pas dire que le film est raté, bien au contraire. Parce que, au fond, qu’est ce qui différencie ce film d’un énorme succès Disney sorti il y a vingt ans, "Le roi lion", par exemple ?
Pas mal de choses : bien sûr, les personnages sont largement asexués, comme d’habitude dans les films pour enfants réalisés par cette multinationale, et aucune goutte de sang ne coule mais le scénario fait une part notable à des notions telles que la préservation des espèces, le respect des différences… on pourrait presque parler de préoccupations écologiques…
Par ailleurs, les films sont maintenant réalisés en images de synthèse, c’est-à-dire que la technique du dessin sur cellophane est maintenant bien révolue : on travaille sur ordinateur, ce qui permet d’obtenir, par exemple, un rendu des poils des animaux, des ombres portées, de la végétation tropicale, assez réussi…. On pourra noter également un grand nombre de clins d’oeils, d’hommages discrets à de grands films d’animation (ici c’est "Avatar", notamment, qui est mis à contribution).
En outre, une grande attention est apportée aux arrières plans, aux décors : la caverne souterraine où gémit la "créature légendaire" mentionnée dans le titre est particulièrement réussie, on se croirait à un moment dans les décors de "Alien, le huitième passager", sans que la scène dégage le potentiel d’angoisse généré par le chef d’œuvre de Ridley Scott.
Respectant une loi de base du cinéma pour jeunes enfants, le film ne dépasse pas 1h20, ce qui est largement suffisant pour charmer les bambins et leur famille. Il y a donc chez Disney une évolution, et non pas une révolution, cela ne correspondrait pas au genre de la maison. Mais, en fait, la vraie révolution est ailleurs : dans le générique de fin, qui dure, montre en mains, huit minutes, (inconcevable dans un film français, même à gros budget) on remarque plusieurs centaines de noms qui ne sont pas du tout américains, mais indiens. Conclusion : le film, dans sa plus grande partie, a été réalisé à l’ordinateur dans les studios indiens, dans ce que l’on appelle "Bollywood", pour des raisons bêtement capitalistes. Disney, Apple, Samsung, Peugeot, Ikéa, font maintenant travailler à plein régime les "pays émergents", notamment la Chine et l’Inde. Pas sûr que les syndicats américains du cinéma, réputés pour leur corporatisme, voient cette situation d’un œil bienveillant…
Christian Seveillac
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