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Quelques réflexions au débotté…

Publié le 12 avril 2015 par Gezale

Les palinodies de Jean-Marie Le Pen ne nous sont pas coutumières. En annonçant qu’il renonçait à briguer la première place de la liste FN dans la région PACA lors des prochaines régionales du mois de décembre, le président d’honneur débute en fait son hibernation. Il a compris que sa fille en avait assez de ses esclandres et de ses imparfaits du subjonctif devenus de plus en plus imparfaits. Lui, le hâbleur professionnel, se retire (sur la pointe des pieds) du jeu politique pour laisser la place à sa petite-fille, le népotisme étant une spécialité de l’extrême-droite même si ce parti n’est pas le seul, loin s’en faut, à privilégier les liens familiaux quand il s’agit de pouvoir et d’argent public. A ce sujet, des juges d’instruction du parquet financier de Paris semblent avoir mis au jour une machine infernale à faire du fric sur le dos de l’Etat et donc sur celui des contribuables, machine FN dans toute sa splendeur systémique. Une société du nom de Riwal aurait servi d’intermédiaire entre le FN et les candidats les contraignant à se doter d’un kit clé en mains servant surtout à générer des bénéfices importants pour financer…quoi, qui, comment ? C’est toute l’affaire.
Nicolas Sarkozy, dans le JDD d’aujourd’hui, « veut que la France tourne le dos à la médiocrité. » Il est un adage qui précise qu’on parle le mieux de ce qu’on connaît bien. Dans le domaine si partagé de la médiocrité, l’ancien président occupe une place en or. Les exemples ne manquent pas d’un total manque de classe de la part de cet homme parvenu, peu cultivé, dépourvu de tout scrupule, dont les coups de menton ne peuvent suffire à assurer une forme d’autorité. Sans Patrick Buisson, on voit bien que Nicolas Sarkozy n’est plus rien. Il ne fait que se répéter sur les mêmes sujets avec les mêmes formules, son logiciel étant, comme on le disait des disques microsillons, « rayé ». Je lisais récemment un éditorial de FOG (Giesbert) assurant que le candidat de la droite préféré de François Hollande en 2017 demeure, et de très loin, son ancien adversaire de 2012. Il sent qu’il aurait plus de mal avec Juppé ou Fillon face à lui. La primaire UMP devrait permettre au huron de l’affaire Bygmalion, témoin assisté de cette affaire de financement illégal de la campagne de 2012, de gagner ses galons de challenger du président sortant avec l’assurance d’avoir François Bayrou dans les pattes. La primaire réelle va faire rage et des ravages dans les rangs !
Martine Aubry se rallie à la motion Cambadélis. Je n’en reviens pas. Après avoir relu son recueil de citations acrimonieuses contre la politique économique de Manuel Valls, je m’interroge sur le sens de cette adhésion aux thèses néo-libérales du jeune Emmanuel Macron. Vous me direz, ce n’est pas peut-être pas aussi simple. Les lieutenants de l’ancienne ministre du travail assurent que la discussion entre Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis a été « franche et constructive » et que la maire de Lille a su convaincre le premier secrétaire de la nécessité de proposer une politique de gauche. Il est vrai qu’un congrès socialiste doit avoir des atours de gauche mais quid du fond ? Les frondeurs comptaient sur elle. Sans Martine Aubry, la révolte interne manque d’un chef charismatique et d’une personnalité à l’étoffe d’un Premier ministre. En attendant mieux ?
Le texte de Marc-Antoine Jamet sur les « coups tordus » de M. Lecornu est un texte bien écrit, avec de l’humour, juste ce qu’il faut, de la critique, comme il faut, et d’une grande lucidité. Le passage dans lequel le premier secrétaire du PS de l’Eure déplore que la nouvelle majorité de droite n’ait pas eu un mot aimable pour l’action de Jean-Louis Destans et de son équipe, en dit long sur l’ingratitude des nouveaux élus et sur leur suffisance. Une majorité depuis 2001 qui a profondément changé le département et créé de la richesse économique, culturelle sans oublier le social. Ils doivent accepter — ce n’est pas facile — de constater que leur victoire n’est évidemment pas due à leur mérite ni à leurs propositions. Combien d’Eurois connaissent ne serait-ce qu’un dixième des membres de la nouvelle majorité ? Combien d’Eurois savent que Bruno Le Maire est un chef d’orchestre sans musique et Hervé Morin un mentor sans fidèles ? Majorité de circonstance. Majorité de hasard produit, non des qualités des impétrants, mais des déceptions à l’égard des gouvernants.


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