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Diagonale

Par Gentlemanw
Diagonale

Happy week-end seule. Certes le chemin fût long depuis quelques semaines, depuis notre rupture, depuis que je l'ai foutu dehors de chez moi. Un sms, deux, trois, dix, trente, peut-être cent pour lui pourrir la vie et ne pas être effacer sans être vraiment écouter, pour l'obliger à voir ma réaction urticante avec large allergie.

Lui, surpris par hasard par une copine, avec une autre, à une réunion, mais là plutôt dans les bras d'une autre, un soir tranquille, dans une vie amoureuse sympa, avec des projets même. Trentenaires tous les deux, heureux de vivre une petite vie joyeuse depuis près de trois ans, des boulots prenants mais des vacances loin de tout, du fun, de la fantaisie.

Et puis celle-là, que j'ai vu sur une photo, un simple "selfie malgré lui" de la gentille copine, elle aurait pu s'en passer diront certaines. Elle aurait pu tourner la tête et elle aussi voir ailleurs, mais le hasard des invitations, des soirées, des lieux, du monde toujours petit, enfin il a récuperé ses affaires chez la concierge, sa voiture à la fourrière (zut je l'avais garé sur un passage piéton), et son courrier, il a pris la direction de la poubelle depuis cette date. J'ai ronchonné, pleuré, beaucoup, trop, réfléchi, je suis sortie avec les copines, pour annoncer la nouvelle, enfin la rupture plus que l'infâmie.

Jalouse, non, amoureuse, oui, trop.

Mais après trois mois, un silence total vers lui, il a laissé un courrier, des roses avec, une invitation pour une soirée, demain soir. Une longue, très, très très longue lettre non pas d'excuses car il savait que je savais, il assumait son acte, mais il demandait, il implorait un pardon. J'ai cherché chez moi, dans tous les coins et rien de cela en stock. Aucune envie de lui donner un quelconque espoir. Rien, rien du moins durant quinze jours. Rien de rien.

Ma meilleure amie, m'a emmenée boire, rire et manger sur une terrasse parisienne pour m'avouer qu'elle aussi sa rupture cachait une infidélité, celle de son copain en séminaire, mais bon elle avait fait un peu pareil sans qu'il le sache. Au final elle l'avait mis dehors aussi. On a bu, trop bu, mais on a ri toute la nuit, en finissant vautrées toutes les deux dans son canapé avec de la vodka, les têtes lourdes. Douche et puis je suis reparti en étant moins seule dans ma bête vie de célibataire, moins seule à avoir été trompée, à ne pas avoir trompée, à vivre dans mon bel appartement, entre quatre murs. Seule mais libre, libérée aussi de ce poids, forgée par cette expérience, avant j'avais toujours été plaquée, sans trop d'explications. D'ailleurs pourquoi en donner quand on aime plus.

Cependant ma nature, mon caractère trempé ne me permet pas de ne pas penser, quel dommage. Alors j'ai repris le cas, j'ai joué la défense et le procureur, j'ai regardé cette photo, toujours là, floue dans mon téléphone, j'ai déplacé les pièces de l'échiquier.

Aller. ne pas aller.

Le voir, ne pas le revoir.

L'assasiner, avec une dernière bandrille, ou simplement le laisser saigner.

Séduire, sans tomber dans son jeu du mâle que j'ai tant aimé.

Quelle robe choisir a été mon dernier recours, un moyen indirect de penser à cette invitation sans le prendre pour unique objectif ? Elle avait une belle robe de soirée, je pourrai prendre un modèle encore plus osé, encore plus féminin, une petite robe noire avec de la transparence, avec une sensualité fatale... pour lui. Le reconquérir, jouer, le prendre dans ma toile comme elle. Ce sentiment était malsain, mais aussi si excitant. Devenir une créature prédatrice car elle me donnait cette impression, une fois seulement, elle l'avait dévoré.

Le mettre mat, en quelques coups, sans aucune défense, mais je ne saurai pas moi, mon style plus chic, plus bohême. Cette facette qu'il aiamait moins, le faire plier en lui donnant mon image, mon reflet réel, très actuel, ma féminité, telle que je le veux. Maîtresse du jeu, je devais choisir, un chapeau, une jupe, des boots, des bottines, je ne savais comment m'habiller. D'ailleurs il y vait tant d'autres questions, auxquelles j'avais déjà donné une réponse, définitive.

Sans lui.

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