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Philippe Sollers, le Magnifique

Publié le 01 juin 2008 par Danielriot - Www.relatio-Europe.com
Dimanche, 01 Juin 2008 09:37

 L'Invité de Relatio ("européen naturellement"): «  La France n'a pas perdu sa souveraineté nationale. Elle perd sa souveraineté spirituelle »

Philippe Sollers, le Magnifique

>> Le désir d'Europe est falsifié et confisqué par les élites

>> La France  « moisie » ? Un passé mal assumé.

>> Le « train fantôme Vichy-Moscou » est toujours en gare

>> « Je crois à une vraie re-naissance européenne »

Il stimule, Philippe SOLLERS ! Par l'originalité de son œuvre. Par son savoir-faire médiatique. Par son esprit politiquement incorrect...A-t-on déjà vu un ancien maoïste être ainsi fasciné par les Lumières, Mozart, Casanova et les valeurs du XVIII ième siècle ? A-t-on déjà vu un «  libéral-libertaire soixante-huitard » dénoncer les effets pervers de la « libéralisation » de la femme , la « marchandisation » des corps, les charlataneries  sexuelles ambiantes, l'écrasement des mots par les images, les «  terribles déviances sociétales »  actuelles ? A-t-on déjà vu surtout un intellectuel parisien militer   autant , avec verve, pour une Europe pleinement elle-même, c'est -à-dire « unie dans sa diversité et forte de sa spiritualité »

« Je suis naturellement et culturellement européen », dit-il. « Je me présente comme un écrivain européen d'origine française. Quelle est mon ambition ? Avoir quelques lignes sur mon œuvre dans une future anthologie de la littérature européenne... Comment peut-on, aujourd'hui, être jacobin, centralisateur et nationaliste ? Moi aussi je suis républicain. Mais je suis girondin. Moi aussi j'aime la France. Et c'est parce que je l'aime et que j'ai confiance en elle,   que je m'affirme européen, que je suis pour l'Unité européenne. En ce moment ce n'est pas sa souveraineté nationale que la France perd : c'est sa souveraineté spirituelle. »

(Une conversation animée par Daniel RIOT)

« C'est l'Europe ou la mort »

« Mozart, écrivez-vous, c'est l'Européen Absolu. Plus que Casanova  que vous décriviez déjà comme l'incarnation des Européens...

 --Oui. Ecoutez sa musique. Pensez à ses voyages. Relisez ses lettres à sa femme, Constance. Il savait passer d'une langue à l'autre, en fonction des besoins de son expression. Il faudra un jour   décrire les peuples d'Europe à travers leurs langues et écrire leur histoire à travers leurs musiques. Mozart était effectivement un Européen Absolu, un authentique révolutionnaire authentiquement   européen.

  --Vous, vous dites « Européen d'origine française »...

  --Oui. Et je fais scandale en le disant. C'est pourtant là un simple constat de bon sens, une évidence. Je ne renie rien de la France. Je ne veux pas défaire la France. Mais un Français pleinement lui-même vit dans une dimension européenne, avec la conscience de son européanité, avec la volonté d'assumer   cette situation et les sentiments qu'elle implique sans fard, sans peur, sans timidité.

  --Tout se passe comme si les Français étaient encore habités par une peur d'Europe

 --Eh oui ! Tout fait peur. Avec l'euro, la France n'est plus la France, Paris n'est-il plus dans Paris ? L'Etat -nation est-il mort avec l'Europe ?  Non...La République   perd-elle son âme avec la construction européenne ? Non. Les Français, dans leur grande majorité, le savent bien. Il y a chez les gens un vrai désir d'Europe. Mais ce   désir est falsifié, confisqué, escamoté par les élites. Il est détourne par tous nos clergés qui incarnent tant le « mal français ». Pour aimer l'Europe, il faut s'aimer soi-même. Le mal-amour européen des élites françaises traduit en fait un désamour de la France. Les souverainistes (quel vilain mot !) ne défendent pas la souveraineté française : ils sont habités par une haine rampante d'eux-mêmes et des autres. Ils incarnent un passéisme ringard, un provincialisme mental. Et ils empêchent la France de jouer le rôle de Lumière qu'elle devrait jouer en Europe. Ah ! ces Jacobins, ces corporatistes ! Du mauvais usage du nationalisme mal compris

  --Ce sont tous les acteurs de  cette « France moisie » que vous dénonciez dans « Le Monde » et que vous reprenez dans « Eloge de l'Infini »...

  -- Quatre pages dans un livre qui en comptent 1096 ! Il ne faut pas exagérer la portée de l'analyse, mais il est vrai   que la France est en partie prisonnière de son passé mal assumé. C'est ce j'appelle la France moisie. Elle a un goût de rance, oui...Nous avons trois placards dont nous restons prisonniers..

   --Le premier c'est Vichy

  --Bien sûr. Les peins pouvoirs à Pétain, ce ne serait pas la République ? Arrêtons  de tricher  les faits....Le deuxième placard, c'est l'Algérie et d'une façon plus générale les aventures colonialistes. Il a fallu plus de trente ans pour qu'on gomme enfin de flagrantes falsifications de l'Histoire. Et l'on ne regarde toujours pas toute la vérité en face. C'est étrange de voir comme la France éprouve de difficultés à se regarder dans la glace.

 --Et le troisième , c'est la « chienlit » de mai 68

 --  Les péchés et les fautes dont on charge mai68, oui. Ah !68 ! Il ne faut surtout plus en parler. C'est la France souillée, bordélique, décadente...Tous nos maux viendraient de là. Ressortez les cache-sexe et les cache-misère. Quand les bons esprits parlent de 68, ils ne pensent qu'à la révolution sexuelle.. Oui,  il y a eu une révolution des mœurs .Elle s'imposait et elle a été russie. Depuis , il y a eu d'autres révolutions  dites sexuelles qui n'ont été que des régressions .Les débats de la télé sur le sexe sont révélateurs. On ne parle qu e de la misère sexuelle Casanova, au moins, savait dire que « tous mes malheurs ont toujours été de ma faute ». Je n'ai jamais été de ceux qui se sont embarqués dans l'idée qu'il fallait proclamer une totale liberté sexuelle eu esthétique pour toutes et tous. 90% des humains sont en mauvais terme avec le sexe. Comme disait Spinoza, c'est très difficile tout cela. L'Europe est passée d'un XIX ième  pudibond, puritain, soupçonneux où les Fleurs du Mal ou Madame Bovary étaient des livres scandaleux  à une  représentation bouchère  des actes  sexuels, à une vision  marchande du corps, à des modes qui font oublier que l'érotisme est d'abord un désir de littérature

  --Voilà 20 ans, vous avez écrit un livre qui aujourd'hui  peut être jugé prémonitoire : « Femmes »

   --Il faut le relire, j'en conviens très modestement. Le forçage paritaire a fait des  ravages. Il y a des chocs en retour. Où en sont les femmes aujourd'hui ?,  Marx disait qu'à toutes les époques, il fallait se poser la question. Il disait même :où en sont toutes les femmes, même les laides ? Aujourd'hui les femmes sont plus conservatrices que les hommes. ? C'est toujours ainsi  dans les périodes de régression sociétale

   --Sur l'Europe, au parlement européen notamment, elles sont globalement plus actives, moins timorées , plus militantes que les hommes. Plus courageuses  même.

   --Peut-être parce qu'elles n'oublient pas que l'Europe, c'est la paix.  Il faut peut-être miser sur une catégorie de femmes pour susciter ce réveil européen qui s'impose. Mais je ne fais pas d'illusion. Les Françaises ou les Français porteurs   d'un authentique militantisme européen se cherchent à la bougie. Et souvent, ils se cachent. C'est ce que nous disions tout à l'heure.

   --C'est toujours ce train fantôme Vichy-Moscou  dont nous parlions voilà quelques années..

 -- Il est toujours en gare, ce train !C'est   lui qui bloque la France ; Il y a les wagons du défaitisme, de la lâcheté et de l'arrogante fierté d'être lâche et défaitiste. Et il y a les wagons  de l'illusion révolutionnariste, du mirage universaliste, du rêve messianique. D'un coté, la nostalgie d'un paradis perdu qui n'a jamais existé. De l'autre, le fantasme d'un paradis qui n'existera jamais. Tout cela donne une soumission coupable aux fléaux  du XXème siècle ; le colonialisme et les deux  totalitarismes , le fasciste et le stalinien. Tout cela donne aussi  la mollesse française actuelle. Comment pourrions-nous être écoutés en Europe ? Trop de Français détestent les Allemands, méconnaissent les Anglais, se moquent des Belges, oublient les Italiens et les Espagnols, méprisent le Sud et dédaignent le Nord  et entretiennent une haine masochiste d'eux-mêmes. Pour que l'Europe se fasse , il faut que chacun des peuples soit en paix avec lui-même

  -- C'est peut-être l'Europe qui va susciter un sursaut salutaire français.

  --Il le faut. Déjà, bien des entrepreneurs, des cerveaux, des hommes d'affaires, des artistes savent sortir de notre hexagonalisme   qui est un « escargotisme », comme dit votre ami Tomi Ungerer.. Moi, Je crois à l'Europe ! Je le dis. Je le crie. Je l'écris. L'Europe se fera. Peut-être par la musique, mais elle se fera. Soyons sérieux...Dans 30 ou 40 ans, c'est la Chine qui sera la première puissance mondiale. L'Europe se réveillera-t-elle d'ici là ? Il faut un sursaut de l'intelligence et du courage européen. Pour ce continent, en ce siècle, c'est l'Europe  unie ou la mort.

  -- Depuis  50 ans beaucoup a été fait ...

 --Oui, mais tous les clergés de l'intelligencia politique, diplomatique, universitaire et médiatique et bureaucratique s'y opposent. Par paresse. Par corporatisme. Par médiocrité. Par peur de limer leurs cervelles à celles des autres. Il faudrait analyser cela en profondeur. C'est peut-être d'origine religieuse. Nous n'avons jamais étudié sérieusement toutes les conséquences du gallicanisme. Peut-être aussi la formule d Freud est-elle encore plus vraie en France qu'ailleurs : » Une société se fonde sur des crimes commis en commun ». La Terreur a tué la Révolution. Et ne parlons pas de Napoléon

 --Et le 11 septembre ? C'est l'un de ces événements où l'Histoire tout à coup nous donne des yeux pour la lire autrement...

--Trop et trop peu a été dit sur le 11 septembre. Il a fallu Picasso pour qu'on prenne la pleine mesure de Guernica ! Quel artiste, quel génie nous permettra-t-il de mesurer la profondeur, de prendre pleine conscience du sens de l'événement. Un peintre ? Les images de Manhattan dépassent l'image. Un romancier ? Nous sommes allés au-delà de la représentation, de la narration, des mots. Un musicien peut-être. Oui, sûrement. Seule la musique peut nous faire appréhender l'événement. Pour l'heure, les Américains sont encore dans une phase de réaction patriotique. En général, c'est peu favorable à l'art...

 --C'est l'acte de naissance effectif du XXIème siècle ?

  -- Je ne sais pas. Ce que je sais c'est qu'à  coté de la France moisie, il y a la France radieuse... dont je suis. A coté de l'Europe endormie, il y a l'Europe qui se réveille. Le monde est fou mais l'ironie nous sauvera de la folie. Je crois à un prochaine re-naissance européenne. »

(propos recueillis par Daniel RIOT)

Ses « MEMOIRES » (Sélection Relatio sur LIBERATION)

Philippe Sollers, le surhomme pressé, par PHILIPPE LANÇON

Philippe Sollers Un vrai roman. Mémoires
Plon, 352 pp., 21 euros.
Guerres secrètes
Carnets nord, 299 pp., 21 euros.

« Parler de soi, c'est rêver. Depuis longtemps, depuis toujours, Philippe Sollers rêve de lui. Il a 70 ans. Sa permanence agitée fait qu'il ne les fait pas. Il accélère par souci de vivre, se répète par crainte d'être muet, se vante par peur d'être mal aimé. Sa première passion, c'est lui-même. Il sait en parler : «La passion, c'est l'impératif de présence, parce que cette présence n'aurait pas dû se présenter, et qu'elle confisque, d'une certaine façon, le temps lui-même.» Voici donc les Mémoires d'un surhomme pressé. Intitulées Un vrai roman, elles sont un concentré partiel, biographique d'abord, thématique ensuite, de la vie de l'écrivain.

Cette vie, il n'a cessé d'en parler, de l'enluminer : Un vrai roman est un nouvel acte de postérité anticipée, un de plus, dans le pli et la continuité apologétique des autres. Livre de plus, et non livre qui bousculerait, déstabiliserait, approfondirait un homme livré au personnage dont il ne semble plus savoir quoi faire, sinon l'étaler, le déplier, en faire la réclame.

Il le fait tantôt avec grâce et rapidité, tantôt avec embarras et complaisance, souvent en as de la dénégation : «Je ne me plains pas, je raconte, mais personne n'écoute.» Que faire d'autre, quand on est Sollers ? C'est la question. Tout a été dit, redit, écrit - par lui ou par ses célébrants. Pourquoi se découvrir soudain face à l'ennemi, qui est partout ? Donc, «never complain, never explain». Fixer l'image. Comme les grands libertins stoïques, comme les Anglais. Continuer à faire du bruit en silence.

Interprétations. Mémorialiste de lui-même, Sollers est son propre exégète. Il explique sans fin ce qu'il a écrit, écrit, écrira, comme s'il n'était ni lu ni compris par personne, c'est d'ailleurs ce qu'il va répétant, et surtout pas par ceux qui le lisent. C'est qu'il veut être en avance sur toutes les interprétations qu'on pourrait donner de lui. Dès la première page, le titre est justifié : «Toute ma vie, on m'a reproché d'écrire des romans qui n'étaient pas de vrais romans. En voici enfin un. "Mais c'est de votre existence qu'il s'agit", me dira-t-on. Sans doute, mais où est la différence ? Vous allez me l'expliquer, j'en suis sûr.»

La musique est celle de Diderot. L'ombre est celle de Montaigne, revendiquée. Une phrase de l'auteur des Essais est recopiée dans Guerres secrètes, essai qu'il publie parallèlement sur Homère, Nietzsche, Joseph de Maistre et, bien sûr, lui-même (1). Elle donne le sens des Mémoires : «Si le monde se plaint de quoi je parle trop de moi, je me plains de quoi il ne pense pas seulement à soi.» Le reste de l'équipage en génies sollersiens est connu : Voltaire, Nietzsche, Heidegger, Bataille, Céline, des taoïstes, Mozart pour l'ambiance et le phrasé, vous retrouverez les autres. «Considérable» est un adjectif qui revient fréquemment.

Pour la règle du jeu et la corne du taureau, on repassera : on saura peu des malheurs et des doutes qu'il a eus. L'introspection, la mise à nu, l'aveu, ne sont pas son affaire. Les pages sur son enfance, sa mère, sa tante, ses maladies, son grand-père escrimeur, sa réforme pendant la guerre d'Algérie, ouvrent un peu la porte : joies et douleurs passent vite, vite dites, mais elles sont là, saisies dans un jet de lumière. Dès que Philippe Joyaux devient Sollers, huître à l'étal, le personnage se referme sur l'homme qui l'a produit.

La perfidie, qui épice tant de Mémoires, n'est pas son meilleur registre. S'il en veut beaucoup à ceux dont la renommée l'éclipse en France ou à l'étranger, il n'a qu'un talent retenu pour les détruire, car il hésite toujours à porter le coup de grâce : autant il est généreux en enthousiasme, autant il est timide en méchanceté. Ses attaques contre Gracq, Le Clezio, Modiano, Michaux («Il avait du coton dans les oreilles») sont un peu faibles. Aragon est plus rudement secoué. On est en 1959, le poète a lancé Sollers et lui donne du «petit» : «Aragon est encore très beau, il est debout, il se regarde à travers vous, le miroir envahit la pièce, il vous glace.»

Gélatine. Pages à écrire, femmes à aimer, musique à écouter, peinture à voir, paysage à vivre et mer où nager : en dehors de ça, au fond, rien n'est sérieux, et Sollers, pour le dire, est idéal. Ses phrases tirent naturellement son carrosse vers la joie. Les pages sur Dominique Rolin et Julia Kristeva rappellent l'élégance - ou le rêve - de son amour pour elles. Le voici, évoquant sa rencontre avec la première. C'est un déjeuner, à la campagne. Il la voit, elle le voit, et, soudain, «les citrouilles, autour de la table, ont disparu dans une gélatine de paroles vides.» Leur amour vit : «L'amour ne peut être que clandestin, c'est sa définition. Elle est d'accord, sauvage et discrète sous ses airs trompeurs de grande gentillesse, faite pour décourager les intrusions, la glu des confidences et des indiscrétions. Toute personne qui avoue un amour, ment. Banco ? Banco.»

Leur histoire fut-elle aussi rapide, tenue, vibrante par les actes ? Peu importe : les phrases le font croire et il y en a beaucoup, comme ça, dans Un vrai roman. Sollers s'oublie peu. Mais il est bon dès que l'amour-propre est dépassé par un enthousiasme métallique : dès qu'il soumet sa sensibilité à des puissances extérieures.

En 1959, des articles de Mauriac et d'Aragon avaient tressé son berceau : il en a souvent parlé, il recommence dans ce nouveau livre en les citant. Puis il dépeint une époque qui fait honte aux mesquineries et ressentiments de la nôtre. Voici la revue Tel Quel : «Le vouvoiement est de rigueur, la vie privée jamais interrogée, montrez ce que vous avez écrit, c'est tout. Des terroristes, vous dis-je.»

Vient 1968, Mao, la Chine, Venise, les aventures et les brouilles, le grand art de la lecture et de la mauvaise foi, bref, une onde où la fréquence de l'esprit surréaliste n'est pas encore éteinte. Conclusion : «Il faut rire de sa jeunesse, mais il est abject de la mépriser.» Ou encore : «Je sais de quoi je suis coupable : de ne pas l'être.» Orgueil affiché, sur la page et au vent.

On le suivrait davantage dans ses goûts et rejets si l'ostentation perpétuelle dans le rappel de ses nombreux mérites ne venait si souvent fausser la lecture. «Voulez-vous qu'on croie du bien de vous ? écrivait Pascal. N'en dites pas.» Sollers, c'est le contraire. Il dit tant de bien de lui qu'on finit par en croire du mal, et, surtout, qu'il ne s'aime pas. L'affectation de vanité n'aurait aucune importance, si elle ne lui faisait perdre le ton. Il se croit drôle, subtil, provocateur, en avance sur les imbéciles qui le lisent : ce n'est plus qu'un homme qui enfle sous les compliments qu'il s'injecte. La hantise du regard des autres est la mauvaise graisse qui étouffe sa propre musique.

En résumé, que sont ces Mémoires ? Un fil plus ou moins tendu sur lequel, au crépuscule, ayant traversé quelques nuages en les signant sans jamais les crever, la vieille et vive hirondelle des lettres françaises se pose pour faire, une fois de plus, son propre printemps.

(1) Les éditions La Différence republient également De Kooning, vite, un essai sur le peintre hollandais qui a vingt ans déjà.

Ses Citations (Sélection EVENE)

«Lucidité, superficialité, vénalité : toutes les qualités pour bien coller à la réalité.»
[ Philippe Sollers ] - Femmes

«La résistance est individuelle, elle ne se réfère à aucun programme.»
[ Philippe Sollers ] - Extrait d'un Entretien avec Carole Vantroys - Mars 1997

«"La passion doit être punie." - Ah oui ? Quel est le con qui a dit ça ?»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Le coup d'oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Composer un livre, seul moyen de parler de soi sans assister à l'ennui des autres.»
[ Philippe Sollers ]

«L'instant, rien d'autre, la notation pure et simple : une énorme liberté insoupçonnée est là.»
[ Philippe Sollers ]

«Entre dépenser du temps et le vivre, il y a un abîme.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Le Diable a appris son catéchisme : chaque chose et chaque individu a son prix, tout doit pouvoir s'acheter ou se vendre.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Les gens rient sournoisement de l'amour, ils en rêvent, ils disent le contraire, ils en ont peur, ils rôdent autour.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Sera heureux celui ou celle pour qui tout est très important et, en même temps, sans aucune importance.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«La vie du désir n'a aucune raison de vieillir.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Fais à l'autre ce qu'il aime qu'on lui fasse. Si tu n'aimes pas ça, laisse tomber.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«On est toujours moins seul qu'on ne croit.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«L'écriture est la continuation de la politique par d'autres moyens.»
[ Philippe Sollers ] - Théorie d'ensemble, écriture et révolution

«Le langage est notre corps et notre air, notre monde et notre pensée, notre perception et notre inconscient même.»
[ Philippe Sollers ] - Logique

«La fantaisie et la liberté d'imagination ne s'acquièrent pas comme ça, qu'il y faut du temps, de l'obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.»
[ Philippe Sollers ]

«Toute écriture, qu'elle le veuille ou non, est politique.»
[ Philippe Sollers ] - Théorie d'ensemble

«Beaucoup de pourquoi au malheur, pas de pourquoi au bonheur.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Ce n'est pas la peine de dissimuler : les jugements de nez sont toujours réciproques.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Les affaires de désir ont lieu dans le nez : buée, fumée, rosée, ondes, particules, répulsions ou attractions invisibles, odeurs en creux et limaille en l'air.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Il faut écouter... Parler, écouter, écrire, tout ça est évidemment la même chose. Les tableaux s'écoutent aussi. Ils sont faits pour être vus mais plus encore pour être écoutés.»
[ Philippe Sollers ] - Extrait d'un Entretien avec Carole Vantroys - Mars 1997

«Une femme qui tolère votre sommeil fait plus que vous aimer, elle vous pardonne d'exister.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Celui qui parvient à la Grande Destinée s'adapte, mais celui qui ne saisit que sa petite destinée la subit.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Le sexe mène à la violence ou à la mélancolie.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix.»
[ Philippe Sollers ] - Le Défi

«Les femmes n'aiment ni les hommes ni les femmes mais les bébés.»
[ Philippe Sollers ] - Une vie divine

«Tous les amoureux ont douze ans, d'où la fureur des adultes.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Le roman deviendra ce que quelqu'un sachant écrire écrira de sa liberté.»
[ Philippe Sollers ] - Extrait d'un Entretien avec Carole Vantroys - Mars 1997

«L'amour est aveugle ? Quelle plaisanterie ! Dans un domaine où tout est regard !»
[ Philippe Sollers ] - Le Défi

«Les hommes demanderont de plus en plus aux machines de leur faire oublier les machines.»
[ Philippe Sollers ] - Logiques

«Tous les hommes, femmes comprises, naissent prisonniers et inégaux, ce que le droit doit essayer de corriger dans la mesure du possible.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe

«L'homme n'est pas un animal social, c'est un esprit errant, dont on ignore heureusement la nature.»
[ Philippe Sollers ] - Passion fixe


Quelques uns de ses derniers « reniflages »

Il aime cet exercice de la chronique qu'il pratique dans le JDD et qu'il appelle « mes « reniflages »...

 Extraits

 Religion


La photo la plus impressionnante est quand même celle de Ségolène Royal agenouillée dans l'église du Saint-Esprit, à Florence. Aucun doute, elle est là, toujours aussi belle. Elle prie devant un autel. Dieu est-il socialiste ? On l'a dit. Va-t-il prendre la direction du parti ? Ce serait beau, mais il faut que Delanoë et Strauss-Kahn trouvent une parade. Un petit tour au Vatican, comme celui du Président, désinvolte en chanoine, ne leur ferait pas de mal. Le pape, d'ailleurs, mine de rien, a déjà voté en musique puisqu'il vient de recevoir l'Orchestre philharmonique de Chine et les choeurs de Shanghai pour un concert magnifique et plein de ferveur : le Requiem de Mozart. On sait que ce très étrange Benoît XVI pianote un peu de Mozart tous les matins, dans ses appartements privés, et qu'il tient à le faire savoir : ça le repose, ça l'inspire. C'est ce qui s'appelle avoir Dieu au bout des doigts. Très habilement, tout en louant l'« humanisme universel » de Mozart (n'est-ce pas ?), le pape a pris soin d'accueillir, à travers les musiciens et les chanteurs et chanteuses (deux ravissantes lui serrent vivement la main), le grand peuple chinois tout entier, qui, a-t-il dit, va organiser bientôt un événement d'une grande importance pour l'humanité : les Jeux olympiques. Et pan sur le dalaï-lama, ce Père Ubu chéri des Occidentaux crédules. Le Requiem, d'accord. Mais le tremblement de terre-massacre qui suit ? Mon ami occulte (ne serait-il pas jésuite ?) hoche la tête, voulant dire par là : « Je suppose que les voies du Ciel sont impénétrables. » On se souvient que le tremblement de terre de Lisbonne avait fait, à l'époque, un effet violent sur Voltaire, qui doutait, surtout après la Saint-Barthélemy, que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Dieu est-il royal, socialiste ou papiste ? Qui nous le dira ? J'essaie, une fois de plus, de joindre Victor Hugo par tables tournantes mais la ligne est très occupée (Delanoë, peut-être ?). Quant à Voltaire, surtout depuis le Festival de Cannes, il est carrément aux abonnés absents. Je me rabats sur l'extravagant pasteur d'Obama, fondateur de l'Eglise unie du Christ et de la Trinité (Chicago), mais le candidat démocrate a fait couper son portable. Si vous avez des nouvelles (encore que cette Eglise me paraisse des plus bizarres), renseignez-moi.
Crimes
Je renonce à vous parler du glissement à droite de l'Angleterre et de l'Italie, où de brillants bouffons s'illustrent chaque jour. Je renonce aussi aux poubelles de Naples, à la grève larvée des lycéens et des enseignants, à celle des marins-pêcheurs, qui pourtant me touche davantage, aux petites rafales de couacs dans la majorité, etc., etc. Le crime d'envergure l'emporte, tel celui de l'incroyable Fritzl, en Autriche : viol et inceste avec sa fille, laquelle lui a donné (comme on dit) six enfants dans un souterrain aménagé en bunker. Voilà un homme. Et le spécimen Fourniret, aidé de sa femme lui rabattant des vierges, violées puis assassinées. Voilà un couple. Cette obsession de la virginité chez ce professionnel du crime a de quoi faire rêver à Lourdes. Tout à fait entre nous, je me demande si la cause de ces folies, de plus en plus exhibées, ne vient pas de Mai 68, et surtout des anciens maos. Je lis aujourd'hui même, dans un magazine populaire, que « Philippe Sollers se fatigue dans le reniflage des moisissures de la France » (sic). Cela me rappelle qu'un journaliste, s'en prenant à Sartre, après la guerre, accusait le pape de l'existentialisme d'une perversion peu commune : il draguait des jeunes filles à Saint-Germain-des-Prés, les emmenait chez lui, ouvrait une armoire et leur faisait renifler un camembert pourri. C'est Simone de Beauvoir (elle-même en a vu bien d'autres) qui raconte cette anecdote inventée. Oui, l'affaire est entendue : les mecs sont coupables. D'ailleurs, les Chinois sont coupables de tout. Les Chinois et les Iraniens, bien entendu, dont on s'étonne qu'ils n'aient pas encore la bombe atomique qu'ils méritent. 

Le Journal du Dimanche n°3202 du dimanche 25 mai 2008.


Tibet
Mais non, impossible, les Tibétains se révoltent, le dalaï-lama se bat, et les méchants Chinois font leur travail de barbares. Mon regard ne quitte plus le Toit du monde et Lhassa. Par tempérament, je me sens bouddhiste et solidaire des robes safran. Le dalaï-lama, sportif et tout sourire, c'est quand même autre chose que ce vieux Benoît XVI provocateur, qui baptise au grand jour une Chinoise et un musulman converti (de quoi faire rugir Ben Laden). Les droits de l'homme sont notre religion, elle doit s'appliquer partout et à chaque instant, par principe. Quelle idée, aussi, de confier les Jeux à la Chine, comme si on ne savait pas que ces Chinois, en douce, veulent conquérir la planète ! Faire circuler la flamme olympique d'Olympie à Pékin en passant par le Tibet, quelle folie ! La conjonction Grèce-Chine, quel effarant symbole historique !
Le Président, sans doute embarrassé, comme tout le monde, par ses contrats, a un peu tardé à manifester sa fermeté, mais il menace maintenant de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture. L'été sera passionnant. Cette menace va certainement impressionner les Chinois qui, on le sait, sont particulièrement influençables. Une cérémonie avec Busch, Gordon Brown, Angela Merkel, mais sans Sarkozy, ça aurait de la gueule. Je parie que Carla admire intensément le dalaï-lama. Suivons-la.

Jünger
Vous ne vous ennuierez pas une minute, en revanche, en lisant les Journaux de guerre d'Ernst Jünger (1). Les critiques ont insisté sur ses séjours à Paris, mais ils ont censuré ce que raconte Jünger de la vie allemande en 1944-1945, bombardements, confusion, viols et débâcle. Ceci, en tout cas, sur l'arrivée au pouvoir du docteur Goebbels, ce pied-bot satanique et séducteur, en 1933 : « On voyait toutes les relations de gauche de Brunner rivaliser de servilité auprès de Goebbels. C'était, d'une manière générale, une bonne occasion d'observer l'impudence que provoque un changement brutal dans le pouvoir. L'Esprit du monde travaille aux moindres frais ; pour renverser cet édifice, point n'était besoin d'un Mirabeau. »


Et ceci, prophétique, sur la nouvelle humanité qui s'avance à la suite de la technique : « Étrangers aux langues anciennes, au mythe grec, au droit romain, à la Bible et à l'éthique chrétienne, aux moralistes français, à la métaphysique allemande, à la poésie du monde entier. Nains quant à la vie véritable, Goliaths de la technique - et, pour cette raison, gigantesques dans la critique, dans la destruction, mission qui leur est impartie sans qu'ils en sachent rien. D'une clarté, d'une précision peu commune dans tous les rapports mécaniques ; déjetés, dégénérés, déconcertés sitôt qu'il s'agit de beauté et d'amour. Titans à l'oeil unique, esprits des ténèbres, négateurs et ennemis de toutes les forces créatrices... Étrangers au poème, au vin, au rêve, aux jeux, et désespérément englués dans les doctrines fallacieuses de pédants d'école arrogants. Mais ils ont leur tâche à remplir. »

(1) Gallimard, Collection Pléiade

.Le Journal Du Dimanche n°3194 du dimanche 30 mars 2008.

Le vrai Sarkozy
Je l'ai déjà dit : tout le monde se trompe sur Sarkozy, par manque de pénétration psychologique. On s'en tient à des apparences trompeuses - bling-bling, Rolex, agitation amoureuse, passion des médias -, alors que c'est un homme profond, blessé, en route vers la transcendance. Son cas a été subtilement analysé à Rome, lors de sa visite au pape et de sa prise de fonction comme chanoine à Saint-Jean-de-Latran. J'ai mes renseignements, je ne dévoilerai pas mes sources. Il suffit de savoir que le Président a été exorcisé à son insu, ce que le temps, peu à peu, mettra en évidence. En deux mille ans, les papes ont acquis un sacré coup d'oeil. Sarkozy, dit un rapport secret, est en réalité un enfant turbulent et glouton, ayant, en toute circonstance, un désir sincère de grandeur et d'affirmation. Avec humilité, cependant, il est à la recherche d'un amour vrai, lequel, encore profane, devrait un jour embraser son coeur. Son intérêt pour Dieu peut sembler opportuniste, mais non, il admire vraiment les religions, même s'il n'a pas encore tout à fait admis que la seule qui soit absolument vraie est la catholique. Pour l'instant, il semble pratiquer un relativisme et un syncrétisme brouillons, parfois même désinvoltes, mais aucun doute, c'est à Rome qu'il sera, italiennement, de plus en plus conduit. C'est un Sarkozy apaisé et serein qui se dévoilera dans les années qui viennent. Il ne serait même pas impossible, alors qu'on le croit fasciné par les illusions de ce monde, qu'il termine sa vie dans un ordre monastique strict. Il faut y veiller, et à cet égard, il serait bon de lui donner un autre guide spirituel que son dominicain blanc un peu voyant. Pour reprendre la grande tradition, un jésuite serait préférable, d'autant plus que le Président ne semble pas avoir encore découvert l'Asie. Cet homme est foncièrement bon, il veut bien faire, et il doit être encouragé contre les laïcards et les républicains fanatiques de tout poil. La conversion retentissante de Tony Blair au catholicisme n'est qu'un début. Celle de la reine d'Angleterre viendra en son temps. Veillons et prions.


Tromperies
Le SMS de Nicolas à Cécilia était peut-être un faux, mais il est quand même remarquable que les deux finalistes de la présidentielle française aient eu à se plaindre de leur conjoint. « J'ai été trompée », a dit Ségolène Royal. Je dois avouer que j'ai failli lui envoyer un SMS, genre : « Ce n'est pas grave, amitiés socialistes, Casanova. » Après le mariage sensationnel de Nicolas avec Carla, surpris au soleil dans le parc de Versailles, il importe maintenant que Ségo se marie avec un artiste ou un acteur de renom. Nicolas marié, Cécilia remariée, Ségo enfin mariée, qu'on en finisse. À leur âge, il serait temps que toutes ces braves personnalités passent dans une légalité sans reproche. « J'aimerai mon mari jusqu'à la mort », a dit Carla. C'est parfait, mais insuffisant tant qu'il n'y aura pas eu le sacrement de la véritable Église. Je vais intriguer pour obtenir du Saint-Siège une dérogation avec absolution plénière. « Dérive monarchique » ? Mais bien sûr ! « Monarchie élective » ? Enfin ! Inconsciemment, les Français ne demandent que ça, désir qu'avait compris l'astucieux Mitterrand, dont je trouve scandaleuse la mise aux enchères de ses vêtements. Une écharpe par-ci, un chapeau par-là, et pourquoi pas des mouchoirs, des slips, des chaussettes ? Est-ce ainsi que l'on traite les pharaons, les empereurs, les rois ? « Je crois aux forces de l'esprit », disait Mitterrand, lui-même bon petit catholique des Charentes. Mon Dieu, quelle misère ! Etre enterré à Notre-Dame et finir à Drouot ! On n'imagine pas Mme de Gaulle bradant les uniformes et les képis de son auguste mari. À la mort de Louis XIV, Mme de Maintenon, secrètement mariée avec lui (scène inoubliable), entrait aussitôt au couvent. Si Sarkozy meurt avant Carla, ce qu'à Dieu ne plaise, celle-ci en fera-t-elle autant ? Mais alors, plus de photographes ? C'est dur, je sais, mais il faut bien s'y résoudre un jour.

Société générale
La Société est générale, le Spectacle aussi. Le « trader » est un souverain dans son genre. Il pianote, il spécule, il vend, il revend, la banque vacille, elle se reprendra, de même que le Président comblera, à la force du poignet, son trou dans les sondages. Regardez une salle d'ordinateurs : mille romans se font et se défont là, à toute allure, mélangeant les espaces, les temps. La planète virtuelle tourne, et avouez que ces milliards d'euros partis en fumée vous laissent stupéfaits, ahuris, incrédules. Il faudrait un miracle pour qu'il en aille autrement. Qui sait ? Peut-être cet été, à Lourdes, où le Président, on l'espère, accompagnera le pape au lieu des apparitions. Inutile de dire que j'attends cette photo dans Match avec impatience, de même que les images de Carla avec la reine, à Londres, et celles du voyage triomphal du couple présidentiel en Israël. Sarko pense beaucoup à la Shoah avec une effervescence enfantine, et il a raison, on n'en fera jamais assez sur ce sujet capital. Il aurait quand même pu demander la permission à Simone Veil, dont le sang, dit-elle, s'est « glacé » lors de son annonce au Crif. Un confesseur jésuite aurait peut-être conseillé au Président d'être plus prudent, mais il a ses bonnes intentions fiévreuses, et c'est très louable. Je vais d'ailleurs proposer mon programme éducatif pour les enfants de 8 ou 9 ans : Shoah, naturellement, mais aussi un quart d'heure obligatoire de Mozart tous les jours. La Flûte enchantée chaque matin, où serait le mal ?

Le Journal Du Dimanche n°3189 du dimanche 24 février 2008.

Un des sites qui lui est consacré :

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