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Crise financière: Pourquoi les banques recapitalisent ?

Publié le 01 juin 2008 par Gigi75

Selon les marchés, la situation actuelle devient plus saine... Il est temps de décrire se qui s'est passé:

- Acte 1: Déclenchement de la crise des "subprimes" à l'été 2007.
Tout le monde savait que l'économie américaine ne pouvait pas poursuivre à un rythme éffréné (digne de pays en voie de développement) une telle croissance. Il était donc innévitable que la croissance ralentisse, et c'est ce qui s'est produit, grace aux relèvements des taux de financement de la FED (jusqu'à 5.25%). Tout allait bien, sauf que cela a mis en difficulté quelques ménages sur-endettés, incapable de rembourser leur crédit immobilier, dit "subprime". En fait, de tels crédits portent mal leur nom, car il s'agit plutôt de location à long terme, sachant que les "propriétaire" n'auront jamais l'argent pour rembourser le capital. Ce n'est pas bien grave, tant que le bien "colatéral" sur lequel s'appuie le crédit prend de la valeur. Or, à partir du moment où le remboursement n'est pas réalisé, la banque reprend le bien pour le vendre. C'est ce début d'afflux de biens, en coordination avec une demande moins "solvable" qui a commencé à faire baisser les prix immobiliers.
Acte 2: Appel de marge aux "Edge Funds" investis dans les crédits risqués.
Les banques n'ont pas gardé le crédit. Elle l'on refinancé auprès de Edge-Funds, bien content d'avoir une créance en apparence si bien rémunérée... Seulement comme la garantie de ce crédit baisse, le risque monte, jusqu'à ce que le montant du prêt ne soit plus couvert par le bien "support" (ici l'immobilier). Dans ce cas, le prêteur est en difficulté, puisqu'il va perdre de l'argent si l'emprunteur ne rebourse plus: en effet, si le prix du bien est infférieur au montant du crédit, il est fort probable que l'emprunteur se mette en "faillite personnelle": C'est plus rentable pour lui de ne pas rembourser quand le prix du bien est inférieur au crédit ! Et plus les prix baissent, plus le nombre de ménages <<interressés" à se mettre en faillite personnelle monte.
Les "Edge Funds" ont commencé ainsi à perdre de l'argent... et à faire peur aux banques de financement, qui ont arrêté de prêter à ces intervenants. Ceux-ci ne pouvant plus se refinancer, ils ont parfois dû à leur tour se déclarer en faillite.
Acte 3: Contagion au système financier bancaire.
Ces "Edge Funds" sont achetés par toute sorte d'intervenant. Même BNP-Paribas avait souscrit des parts pour loger dans des sicav monétaire dynamique, afin de "booster" le rendement. L'établissement a vite réagit, et a bloqué tout remboursement sur quelques mois, afin d'attendre un retour à la normale, et garder une équité entre les souscripteurs finaux. Au final, bien lui a pris de réagir ainsi, car la perte des fonds suspendus (2% de mémoire) n'a finalement pas été catastrophique. D'autres établissement ont "caché" leurs engagements, et se retrouvent maintenant à recapitaliser (Crédit Agricole, Société Générale).
Acte 4: Contagion à la Bourse.
Les banques étant mise en difficulté à cause des Edges-funds, ne veulent plus prêter non plus à leur consoeurs... Elles savent que certaines ont des cadavres dans le placard (en clair: des Edges funds en faillite virtuelle), mais ne savent pas qui ! Ainsi, pour éviter toute prise de risque, elle ont tout simplement arrêté de se faire confiance entre elle, bloquant le système mondial. Les Edges-Funds n'ont plus accès à la liquidité également, et doivent vendre tout ce qui est vendable pour répondre aux appels de marge des banques. Ce qui reste vendable, c'est bien entendu les titres cotés en Bourse. Comme la vente excède la demande, les prix en Bourse baissent... rendant fragile tous les établissements ayant financé la Bourse à crédit: Les LBO et autres opérations financières s'arrêtent à leur tour devant cette tornade. Un exemple malheureux est ce qui est arrivé à Wendel, qui a racheté du Saint-Gobain à crédit, et doit répondre à des appels de marge à cause de la baisse du titre. Pour l'instant, Wendel tient, mais son investissement lui aura coûté cher, même si la maison n'est pas en danger.... Elle a même publié un communiqué à l'intention du marché indiquant que faire baisser Saint-Gobain pour faire lacher prise ne marchera pas. D'autres fonds ont sans doûte eu moins de chance à n'en pas douter: Pour résister à la baisse, il faut des moyens, et les plus fragiles ont disparu dans la tempête.
Acte 5: Intervention de la FED.
Les compagnies "monolines", chargé d'assurer le crédit sont en difficulté à leur tour. La garantie risque de ne plus être remplie par ces établissements, qui font craindre à tous les intervenants des pertes potentielles sur prêt. Cela renforce la réticence à prêter. Le prix du crédit monte, car le risque de contrepartie monte... La FED intervient pour arrêter le processus en achetant les crédits contre des bons du trésor (pour 200 milliards). Le risque est mutualisé entre tous pour essayer de débloquer le système. Cela semble marcher pour l'instant, la confiance semble revenir.
Acte 6: Recapitalisation des banques.
Le monde de la finance étant convaincu que la FED fera tout pour que le système ne s'écroule pas (en baissant les taux, achetant des crédit, voire en nationnalisant les banque en extrême limite, comme elle l'a fait sans le dire en rapprochant Bear-Stearns à JP Morgan), il faut maintenant redonner des moyens aux banques pour "éponger" les pertes. C'est ce qu'a fait en France la Société générale en début d'année pour plus de 5 milliards. C'est ce que va faire prochainement le Crédit Agricole pour presque 6 milliards... Cette recapitalisation massive du système financier est nécessaire, tout comme le sera un réaménagement des règles (Bale II de Bouton ne suffira pas).
Les recapitalisions du système bancaire marquent la fin de la crise au sens financier du terme. Par contre, cette crise laissera des traces "collatérales" dans l'économie, consécutive aux actions de la FED.


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