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MONDE > L’Europe dans l’impasse face aux drames des migrants

Publié le 21 avril 2015 par Fab @fabrice_gil
Au pied du mur après la multiplication des naufrages en Méditerranée, les dirigeants européens cherchent une issue face à un phénomène rendu incontrôlable par les chaos syriens, libyens et africains.

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©Reuters

"Nous n’avons plus d’alibi…" La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a confronté les pays de l’Union face à leurs responsabilités sur les naufrages de migrants en Méditerranée. Cette prise de conscience intervient après les naufrages consécutifs de plusieurs embarcations, dimanche et lundi, transportant potentiellement 700 migrants pour l’une, et 300 pour l’autre. Hier, les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur de l’Union européenne se sont réunis en urgence. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a annoncé la tenue d’un sommet européen extraordinaire jeudi, à Bruxelles. "Les migrants sont Érythréens, Syriens et viennent également d’Afrique subsaharienne", estime Michaël Neuman, directeur de recherche à Médecins sans frontières (MSF). Des pays confrontés à la guerre civile, à un régime totalitaire, ou à un sous-développement chronique, qui poussent les populations à fuir en nombre. "Le flux de migrants qui tentent de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Europe est passé d’environ 30 000 par an dans les années 2000, à 200 000 à partir de 2011", explique le démographe et géographe Gérard-François Dumont. La déstabilisation de la Libye, avec la chute de Kadhafi et le chaos qui y règne actuellement, déclenche également des mouvements migratoires importants, puisque le pays accueillait autrefois de nombreux travailleurs immigrés, réduits à devoir à nouveau s’exiler.

L’opération de sauvetage en mer Mare nostrum, lancée fin 2013 par l’Italie, et arrêtée un an plus tard faute de moyens, est accusée d’avoir provoqué un "appel d’air". Pour le géographe, "les passeurs ont profité de ce système de secours pour mettre les migrants sur des bateaux malgré de très mauvaises conditions de navigation". De son côté, Michaël Neuman de MSF déplore l’arrêt de l’opération : "Rien ne pourra empêcher des migrants de partir. Ils n’ont pas d’autre choix que de fuir"."Si on n’essaye pas de résoudre le problème à sa racine, y compris en œuvrant à pacifier le conflit civil en Syrie, les mêmes causes produiront les mêmes effets", explique Gérard-François Dumont, pour qui l’Europe doit reconnaître les erreurs commises dans sa participation à la chute du régime libyen, et les réparer. De son côté, l’UE a promis un "soutien", mais reste vague sur les options envisagées. Pourtant, François Hollande en tête, les dirigeants européens s’inquiètent du rôle des groupes terroristes dans cette exploitation de la misère qui participerait d’une stratégie de déstabilisation de l’Europe. La chef de la diplomatie de l’UE a évoqué la possibilité de renforcer l’opération de surveillance maritime Triton, et une meilleure répartition de l’accueil des migrants au sein de l’Union. Quant à un nouveau Mare nostrum, les Européens restent réticents à l’idée de renforcer les secours en mer, de peur de renforcer "l’appel d’air" qu’aurait provoqué l’opération. Au contraire, les ONG comme MSF attendent de l’Europe qu’elle "remette en place des opérations de sauvetage, et qu’elle rouvre des canaux sûrs et légaux d’accueil des réfugiés". Le sommet de jeudi s’annonce compliqué.FG

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