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Scolarité du surdoué Galois au lycée Louis-Le-Grand

Publié le 02 juin 2008 par Guy Marion
En 1823,âgé de 12 ans,Evariste Galois entra au lycée Louis-le-Grand à Paris : sa première école !
Dans sa biographie intitulée « genus and stupidity », Bell décrit cette école comme étant d'une froideur désespérante. «Barricadée de barreaux et de grilles, dominé par un directeur d'école ayant plus d'un préposé de prison que d'un enseignant, l'endroit ressemblait à une prison, elle en était une ». Bell qui s'appuie sur la biographie de Dupuy exagère. Dupuy, quant à lui, a écrit : « Sensible comme il l'était, l'enfant dut éprouver une impression singulière, en passant du village natal et de la maison paternelle, où la vie était grave et riante à la fois, dans cette sombre demeure du vieux Louis-le-Grand, toute hérissée de grilles et remuée de passions sous son aspect de geôle : passion du travail et des triomphes académiques, passions des idées libérales, passions des souvenirs de la Révolution et de l'Empire, haine et mépris de la réaction légitimiste. »
C'est une époque marquée par une turbulence d'événements politiques : il existait alors un triangle de tensions déséquilibrées entre les puissances cléricales, royalistes et républicaines qui ne manquèrent pas d'influencer le quotidien du lycée Louis-le-Grand. Ainsi les enseignants se succédaient à une cadence assez rapide et justement comme Galois entrait à Louis-le Grand, un nouveau proviseur, Monsieur Berthet, fut nommé. Croyant qu'il avait été mis en place afin de préparer le retour des jésuites, les élèves se révoltèrent. En conséquence 40 élèves furent renvoyés.
Durant cette première année de lycée, Galois, qui était un nouveau, ne prit part à aucune activité de type politique, son bulletin scolaire était brillant et il obtint plusieurs prix.
Dupuy écrit : « Cependant, on sait que l'internat eut une influence décisive sur son caractère ; ce fut, sans doute, la première crise de sa vie d'enfant. »
Une grande obscurité entoure le parcours chronologique de sa scolarité. A mon avis, cela est dû à l'énumération des classes dans le système scolaire français : on y appelle la première année du lycée la « sixième », et, l'année précédant le bac la « première. »
On sait cependant qu'Evariste fut admis d'emblée en 4e et donc, qu'il sauta deux classes d'un coup.
Ses débuts sont bons et soulignent la bonne préparation qu'il a obtenue de sa mère, mais en 1825/ 26, son attitude change.
Durant l'hiver, il souffrit d'une douleur auriculaire persistante, certainement due aux conditions de vie très rigoureuses de l'internat. Bell en donne une interprétation plutôt « romantique » disant que son génie mathématique commença alors à se manifester.
A la fin de cette année-là, le père d'Evariste reçut une lettre du directeur du lycée, l'informant qu'il serait préférable pour son fils de redoubler sa classe de première (appelée alors classe de Rhétorique) en raison de son manque de maturité.
Son père refusa et Evariste passa dans la classe supérieure, cependant quelques mois plus tard, en janvier, il dut retourner en seconde.
En février, Evariste Galois, s'inscrivit en classe de Mathématiques, dans le cours de Monsieur Vernier.
C'est alors qu'il fit connaissance avec le texte de Legendre sur la géométrie et sur la théorie des équations selon les travaux de Lagrange. Par ailleurs, il continuait à afficher un désintérêt total pour toutes les autres matières. Ses professeurs se plaignaient de son manque de participation au cours et de ses devoirs non faits.
Dans le deuxième bulletin annuel, on peut lire l'annotation suivante : « C'est la fureur des mathématiques qui le domine, aussi je pense qu'il vaudrait mieux pour lui que ses parents consentent à ce qu'il ne s'occupe que de cette étude ; Il perd son temps ici et n'y fait que tourmenter ses maîtres et se faire accabler de punitions».
Quand il est finalement admis en première, son comportement ne change pas ! Voici quelques remarques des professeurs rapportées dans la biographie de Dupuy :
« Sa facilité ne paraît plus qu'une légende à laquelle on cessera bientôt de croire ; Il n'y a trace dans les devoirs, quand il daigne en faire, que de bizarrerie et de négligence ; Il est toujours occupé de ce qu'il ne faut pas faire, il l'affecte même ; Il prend à tâche de fatiguer ses maîtres par une dissipation incessante ; Il baisse tous les jours. »
Texte de
Bernard Bychan ; extrait du site : Les archives de Evariste Galois

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