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Après 4 ans autour de Mercure, MESSENGER s’est écrasée à sa surface

Publié le 04 mai 2015 par Pyxmalion @pyxmalion
impact messenger

Vue d’ensemble de la région de Mercure où s’est écrasé comme prévu, le 30 avril 2015, la sonde MESSENGER, à plus de 14 000 km/h (3,91 km/s). L’image a été prise 24 h avant l’impact. Les reliefs les plus élevés sont en rouge et les points les plus bas, en bleu

MESSENGER s’est écrasée comme prévu à la surface de Mercure, le 30 avril dernier. La sonde spatiale a permis aux chercheurs de mieux reconstituer, entre autres, l’histoire géologique de la plus petite planète du Système solaire.

Un nouveau cratère d’impact s’est formé à la surface de Mercure, jeudi 30 avril 2015. D’une taille estimée à 16 m, il a été créé par la collision à 14 000 km/h de MESSENGER (MErcury Surface, Space ENvironment, GEochemistry and Ranging). Ses réserves d’hélium étant arrivées à terme, la sonde spatiale a été programmée quelques semaines auparavant pour une ultime rallonge de sa mission, à plus basse altitude (entre 5 et 35 km) jusqu’à cet impact final. Celui-ci s’est produit à 19 h 26 TU — 21 h 26 en France métropolitaine —, au nord du bassin Shakespeare, à proximité du cratère Janacek, à 54.4° de latitude Nord et 210.1° de longitude Est.

Lancée en 2004, MESSENGER est arrivée dans le giron de la plus petite planète du Système solaire (4 879,4 km de diamètre), le 18 mars 2011, après un voyage en plusieurs étapes de 7,9 milliards de km. Un an plus tard, elle achevait la première phase de sa mission avec succès et fut prolongée à deux reprises. Au cours de ses quatre années d’exploration et quelque 4 105 orbites, les sept instruments scientifiques ont collecté de grandes quantités de données sur cette planète tellurique encore très peu visitée (la précédente mission, Mariner 10, datait de 1974). À travers les 270 000 images réalisées, les planétologues ont découvert une variété de reliefs (cratères, coulées de lave, etc.), caractérisé la composition et la structure de sa croûte, recherché d’éventuelles traces d’eau piégée dans ses cratères les plus sombres aux pôles…

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Dernière image émise par MESSENGER avant son impact sur la surface de Mercure. On y découvre le fond du cratère Jokal (93 km de diamètre), situé au nord du bassin Shakespeare

« Aujourd’hui, nous disons adieu à l’un des vaisseaux les plus résistants et accompli à avoir exploré une de nos planètes voisines » a déclaré Sean Solomon, qui dirige la mission, au nom de toute l’équipe. « Notre sonde a établi un record dans les survols planétaires, passant plus de quatre ans autour de la planète la plus proche du Soleil (Mercure est à 58 millions de km de notre étoile en moyenne, NDLR) et survécu à la fois à une chaleur punitive et les doses extrêmes de radiations ». Le chercheur à la Columbia University’s Lamont-Doherty Earth Observatory ajoute que « parmi toutes ses réalisations, MESSENGER a déterminé la composition de la surface de Mercure, révélé son histoire géologique, découvert que son champ magnétique interne est décalé par rapport au centre de la planète, ce qui nous a renseigné sur sa structure interne inhabituelle, suivi de l’inventaire chimique de son exosphère, découvert de nouveaux aspects de sa magnétosphère extraordinairement active et vérifiée que les dépôts aux pôles sont dominés par la glace d’eau ». Bref, « MESSENGER a dépassé toutes les attentes et livré une liste incroyablement longue de découvertes qui ont changé notre vision, non seulement d’une planète sœur de la Terre, mais du Système solaire interne tout entier ».


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