Magazine Info Locale

Réponse à Antoine Vielliard à propos des adultes responsables et du Pont Manera

Publié le 07 mai 2015 par Pierrehk

Je reproduis ci-dessous l'article publié par Antoine Vielliard , maire de St-Julien-en-Genevois, posté sur son blog "Portevoix" le 30 avril 2015 sur lequel je voudrais faire quelques commentaires et apporter ma contribution.

St-Julien,Antoine Vielliard,FCPE,La Salèvienne,Pont Manera

jeudi, 30 avril 2015

Pour un débat public entre adultes responsables

Le débat public en France est à un niveau affligeant. Trop d'élus, de syndicalistes ou de responsables associatifs se complaisent dans une totale infantilisation irresponsable plutôt que d'avoir le courage de la responsabilité. Pour les décideurs cette infantilisation est bien pratique. Elle permet de s'affranchir du travail d'écoute : il devient inutile de perdre du temps à écouter des irresponsables. Malheureusement, c'est tout le pays qui perd avec cette attitude généralisée de déresponsabilisation infantilisante : ensemble nous pourrions construire des solutions plus pertinentes et plus efficaces.

On l'observe à l'échelle nationale lorsque des parlementaires UMP reprochent au gouvernement socialiste de faire des économies de dépenses. Pourtant, chacun connait la situation budgétaire et l'endettement de la France. Le retour aux équilibres publics devrait faire l'objet d'un consensus généralisé de tous ceux qui estiment que la stabilité de la France exige le retour aux équilibres budgétaires. Loin de cela, les députés UMP dénoncent partout les économies socialistes.... et dans les minorités municipales socialistes, certains dénoncent des mesures d'économies rendues nécessaires par les baisses de dotation décidées par le gouvernement socialiste. Soyez adultes, vous n'en serez que plus crédibles.

On peut aussi s'étonner lorsqu'une association de parents d'élèves crie au scandale et tente sans succès une mobilisation générale de la ville contre la contribution des familles qui gagnent plus de 2000 euros par mois aux coûts de l'accueil périscolaire. Une contribution très partielle puisqu'elle ne couvre que le tiers des coûts du service. L'essentiel du coût reste supporté par les contribuables, dont une partie d'entre eux ont à peine les moyens de vivre et n'ont pas d'enfants dans les écoles. Bien sûr, personne ne s'attend à ce que les parents soient heureux de payer plus. Bien sûr personne ne s'attend à ce qu'ils soutiennent une telle mesure. Mais mesurent-ils le discrédit qu'ils font porter à leur propre cause aux yeux de tous les contribuables de la commune en faisant de ce sujet une révolte ? On peut s'étonner de la disproportion des moyens de protestation mis en œuvre par cette association de parents d'élèves. Des moyens de protestation qui n'ont pas été mis en œuvre depuis 15 ans alors que la commune n'a toujours pas construit une salle de classe supplémentaire, alors que la commune a toujours refusé de revoir sa carte scolaire pour assurer une meilleure mixité sociale, alors que la commune transporte toujours les enfants de maternelle pour aller à la cantine, alors que la commune a perdu en route quelques enfants lors de la mise en place des rythmes scolaires. Est-on dans le dialogue entre adultes responsables ou dans l'activisme partisan ? Bien sûr, l'association de parents d'élève ne fait aucune proposition pour alléger le poids financier qui pèse sur les contribuables de St Julien ni pour réduire les coûts publics colossaux des inscriptions de confort (36000 euros par an pour les contribuables de St Julien). Elle se contente de protester c'est plus facile que de proposer.

Hier matin, j'ai découvert avec surprise qu'une société savante de St Julien comparait la destruction malheureusement nécessaire du pont Manéra aux destructions gratuites de patrimoine mondial de l'humanité par les terroristes de DAECH. Il fallait oser ! 9 alternatives ont été étudiées. Toutes sont irréalisables pour des raisons écologiques, pratiques ou techniques. La municipalité a du se résoudre à la décision de la destruction du pont Manéra faute d'alternative. Nous avons consulté des spécialistes qui ont relevé que a) rares sont ceux qui connaissent ce pont et ont eu l'opportunité de le voir depuis 40 ans, b) son architecture est banale. Nous proposons de le documenter, de le scanner, de le nettoyer, de le photographier, de l'archiver et de reconstruire son arche pour un surcoût total de 300 000 euros pour les St Juliennois. La Salévienne ne fait pas de contre proposition. Ou tout au plus celle de maintenir le pont pour en faire un axe de mobilité douce... un axe qui serait perché à 7 mètres de hauteur au dessus de la route, qui nécessiterait des pentes inaccessibles et qui se heurterai en cul de sac sur une voie ferrée ! Bien sûr, une société savante d'histoire est au dessus de telles considérations pratiques. Une société savante se préoccupe peu du temps de parcours d'une ambulance pour rejoindre l'hôpital de St Julien à partir de l'entrée de ville. Une société savante se préoccupe peu des problèmes d'accessibilité de la ville que rencontre ses habitants et ses usagers matins, midis et soirs. Elle se contente de protester contre la destruction d'un pont que nous aurions, comme elle, souhaité pouvoir conserver. Bien sûr, personne ne s'attend à ce que des passionnés de patrimoine soutiennent un projet qui oblige à détruire un vieux pont, mais au minimum, et par respect de l'histoire, pourraient-ils éviter de comparer un projet utile qui contraint à une destruction regrettable à des destructions gratuites de patrimoine mondial de l'humanité !

Pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés, chacun devra y mettre un peu du sien dans la recherche de solutions collectives. Cela suppose qu'on sorte des dialogues de sourd et que chacun prenne en compte aussi les contraintes des autres au delà de son seul nombril. Si chacun se comporte de manière irresponsable et infantile, alors les décideurs continueront d'être libres de décider tous seuls. D'assumer seuls la tâche de la responsabilité, mais seuls, ils seront forcément moins efficaces et moins pertinents.

Nous souhaitons au contraire associer chacun, responsabiliser chacun. Nous souhaitons informer chacun. Pour être libres, il faut être responsables.

Concernant les 2 premiers paragraphes de l'article, je tiens à dire que je vous rejoins complètement M. le maire sur vos remarques à propos de l'infantilisation des élus, des syndicalistes ou des responsables associatifs; j'y ajouterai même en tout premier les médias qui ramènent souvent les débats au plus bas niveau avec des y a qu'à ou des faut qu'on, souvent sans se préoccuper des conséquences de leur action....

Je ne vous suis en revanche pas du tout sur votre conclusion qui vous conduit à dédouaner les élus qui n'écoutent pas les "irresponsables" et n'en font donc qu'à leur tête.
Peut être prêchez vous là pour votre paroisse! En effet, il suffit de se remémorer comment a été prise la décision unilatérale d'inverser le sens de circulation de la Grande Rue par notre municipalité dont vous êtes à la tête. Faisant fi de l'opposition des commerçants et de nombreux habitants, ceux que vous voyez probablement comme des "irresponsables" , vous avez décidé que ce serait comme ça, un point c'est tout!... Alors que cette mesure n'apparaissait nullement dans votre programme de campagne. Un tel déni d'écoute et de prise en compte des avis contraires augure mal du sens démocratique du nouveau maire que vous êtes désormais. A vous lire, on comprend mieux votre justification: ceux qui s'opposent à vous sont au choix des irresponsables, voire des incompétents...

Oui le sectarisme est mauvais, qu'il soit de gauche comme de droite, et il serait grand temps effectivement que nos élus, privilégiant pour une fois le pragmatisme à l'idéologie , recherchent ensemble les meilleures solutions aux problèmes de notre pays, de notre département, de notre commune. Quand Manuel Valls critique l'attitude négative et contre-productive de l'opposition UMP, il a raison! Mais pourquoi diable le Parti Socialiste ne s'est-il pas appliqué cette doctrine quand il était dans l'opposition (TVA sociale, etc....)

Pareillement, j'aurais aimé que vous  M. Vielliard vous appliquiez à vous même cette méthode lors de la dernière campagne départementale en reconnaissant le bon travail de M. Monteil, tout en proposant des améliorations ici ou là,  plutôt que de vous discréditer en dénigrant systématiquement votre adversaire et en cherchant à le disqualifier par tous les moyens (vol d'un agenda, accusations à la limite de la diffamation....) Les électeurs ne s'y sont cependant pas trompé et ont flairé le double discours, vous renvoyant M. le maire à vos chères études (de marché?). Une leçon à méditer sans doute.

J'en viens maintenant au 3ème paragraphe de votre billet. Je vous soutiens M. le maire dans votre décision de transférer une partie du coût des activités périscolaires du contribuable à l'utilisateur. Cela me parait une décision équitable, et quand l'argent manque ou se fait rare, il faut bien trouver des solutions et entre deux maux, choisir le moindre!

Mais votre problème cher M. Vielliard est fort similaire à celui de M. François Hollande. Il y a un gouffre entre ce que vous avez l'un et l'autre promis lors de votre campagne ( "mon ennemi c'est la finance" vs "avec moi tout ira mieux dans le meilleur des mondes") et ce que vous devenez obligés de faire une fois aux affaires, quand la réalité vous rattrape. Dans ce cas bien précis, l'irresponsable c'est vous M. Vieliiard qui avez promis des choses dont vous saviez fort bien qu'elles seraient impossibles à tenir. Si autrefois Paris valait bien une messe pour Henri IV, pour vous St-Julien vaut bien aujourd'hui un programme démagogique irréalisable. Le problème est que vous avez constitué votre équipe autour de ces promesses que vos équipiers ont peut-être pris pour argent comptant. Las, ils réalisent aujourd'hui qu'ils se sont fourvoyés, puisque vous revenez sur vos promesses de campagne. Qui sème le vent, ....

Rien d'étonnant donc à voir certains membres de votre équipe municipale abandonner leurs fonctions après avoir réalisé que vous les avez roulé dans la farine puisque vous ne concrétisez pas les promesses que vous leur aviez faite! Y en aura t-il d'autres dans le futur? C'est fort possible, l'avenir le dira; mais cela ne vous affecte pas le moins du monde puisque vous l'assumez pleinement en affirmant droit dans vos bottes, dans une phrase d'anthologie qui fait sourire, en parlant de votre équipe municipale : "Notre force c'est notre faiblesse".

Et que dire de la claque électorale reçue lors des élections départementales à l'occasion desquelles la population du canton vous a envoyé un message fort en vous éjectant de votre poste de conseiller départemental  après seulement un demi mandat de 3 ans comme conseiller général, et un an seulement comme maire de la ville. Cela ne vous interpelle t-il pas sur le rejet de votre méthode? Et cela ne vous encourage t-il pas à vous corriger? Visiblement pas puisque vous avez trouvé la solution en qualifiant ceux qui ne vous suivent pas aveuglément d'"irresponsables"

J'ajouterai, et je suis sûr que les amis de MM. De Smedt et Thénard abonderont dans mon sens, qu'avec vous, c'est l’hôpital qui se fout de la charité. Reprocher à une association d'être dans "l'activisme partisan" alors que pendant 6 ans vous n'avez cessé de faire vôtre cette attitude de critique systématique pendant les Conseils Municipaux à l'époque où nous siégions ensemble sur les bancs de l'opposition, c'est un peu fort de café. Je veux rappeler ici que c'est cette attitude  non constructive de votre part, uniquement destinée à  promouvoir votre future campagne électorale, qui m'a fait me désolidariser de vous et mener une liste face à vous lors des dernières élections municipales.
En effet, en 6 ans entre 2008 et 2014, je n'ai pas souvenir d'une proposition concrète que vous ayez pu faire pour améliorer la qualité de vie des habitants à St-Julien, alors que dans le même temps vous nous avez conduit à quitter par deux fois la séance du Conseil Municipal faute de quorum, pour embarrasser la municipalité en place et ainsi faire parler de vous. Mais force est de constater que votre stratégie fut la bonne puisque vous avez été élu...., comme François Hollande d'ailleurs.

Quand je lis dans votre prose, à la dernière ligne de ce paragraphe "Elle se contente de protester, c'est plus facile que de proposer", je ne peux m’empêcher de rire: c'est exactement ce que vous n'avez cessé de faire lors de toutes vos campagnes, que ce soit contre M. Thénard ou M. Etallaz, puis M. Monteil. Cessez de nous prendre pour des enfants M. le Maire, ça ne prend plus....Nous sommes peut être des adolescents irresponsables, mais nous ne sommes pas non plus que des imbéciles!

J'en viens maintenant au cœur de ma réponse, l'attaque frontale que vous faites envers la Salèvienne que vous tentez de ridiculiser en la traitant de "société savante" qui selon vous mettrait sur le même plan la destruction du pont Manera décidée par vous à celle menée par DAECH envers le patrimoine de l'humanité. On trouvera ci-dessous l'article de La Tribune de Genève auquel vous faites allusion et chacun pourra constater à quel point vous caricaturez leur position.

J'ai pour ma part le plus grand respect pour cette société savante (eh oui, c'est bien le nom par lequel on appelle ce genre d'organisations) qui oeuvre avec beaucoup d'abnégation et de bénévolat en faveur de la promotion de la connaissance de l'histoire de notre territoire et de la préservation de notre patrimoine. La plupart de ses membres sont des gens honorablement connus et vivant de longue date dans notre canton. Vous ne pouvez mépriser ces gens là, et feriez mieux de vous intéresser à leurs actions plutôt qu'à les dénigrer. Le patrimoine, il faut en tenir compte, nous le devons à nos enfants!...

D'ailleurs, quel changement d'attitude de votre part! Il y a 15 mois, on vous entendait partout déplorer haut et fort, à juste titre d'ailleurs, la disparition de la Villa Taponnier. Il suffit de se reporter à l'article publié sur votre blog le 20 juillet 2012 (voir sa reproduction en fin de cet article), pour constater avec quelle vigueur vous défendiez alors la préservation du patrimoine de notre ville. Mais à l'époque, auriez vous voté la dépense municipale pour racheter celle-ci face aux horribles promoteurs qui détruisaient le patrimoine commun des Saint-Juliennois? De plus, dois je rappeler que cette villa était un patrimoine privé datant des années 1930 alors que le pont Manera est lui un patrimoine public qui a plus de 250 ans et qu'en l’occurrence le vilain destructeur cette fois-ci c'est vous!

Mais bien sûr, si Pascal pouvait dire au XVII ème Siècle "vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà" vous avez, cher Antoine, mis cet adage au gout du jour en vous affirmant:  "défendeur du patrimoine dans l'opposition, destructeur de ce même patrimoine aux affaires". Un nouvel exemple de ce double langage auquel vous nous avez désormais habitués.

Pour en venir au fond de l'affaire, et cela vous surprendra peut-être, je suis de votre coté! Face aux impératifs de recréer un accès Ouest dont la ville a impérativement besoin, il faut malheureusement parfois se résoudre à des décisions difficiles et qui ne font pas plaisir. Et oui, j'adhère au principe que l’intérêt de la population actuelle prime sur la protection du patrimoine, dans certaines limites cependant. Je confirme aussi pour avoir participé aux travaux en commission urbanisme qu'il n'y a pas vraiment d'alternative possible et que le seul itinéraire viable est celui qui a été retenu, du temps d'ailleurs de votre prédécesseur, et pour lequel le Conseil Municipal avait en son temps voté à l'unanimité. Vous ne faites donc que chausser les pantoufles de M. Thénard en mettant en oeuvre ce projet initié par la municipalité précédente.

Ceci étant dit, je pense que si l'on accepte la triste exigence de la démolition du pont, il faut retravailler et mieux étudier la possibilité de reconstruire ce pont et de préserver ainsi le chef d'oeuvre architectural qu'il représente pour notre ville. Rappelons que ce pont date de 1780, et que son architecture est loin d'être banale comme vous le dites; selon le responsable du patrimoine de notre département Joël Serralongue, il s'agit d'une commande royale émise par le Roi de Sardaigne à l'époque où le Royaume Sarde tentait de concurrencer Genève en développant la ville de Carouge dont Manera fut l'un des principaux concepteurs et architectes.
Toutes choses étant égales par ailleurs, et sans bien sûr vouloir comparer l'incomparable, je tiens à rappeler ici que quand Nasser a voulu faire le barrage d'Assouan en Egypte, ce qui faisait disparaître ce chef d'oeuvre de l'humanité qu'était le temple d'Abou Simbel, on a reconstruit celui-ci à l'identique un peu plus loin. Dans la même veine, on vient d'inaugurer en Ardèche une réplique de la grotte Chauvet afin de préserver l'originale.
En réfléchissant un peu, il y a surement une solution qui donnerait satisfaction aux nécessités de la vie actuelle tout en préservant un élément important de notre patrimoine Saint-Juliennois.

Puisque vous reprochez à La Salèvienne de ne pas faire de contre-proposition, j'annonce officiellement ici que d'ici la fin de ce mois, je présenterai une proposition détaillée de ce qu'à mon sens il convient de faire pour concilier les deux impératifs, le tout dans une enveloppe budgétaire compatible avec les finances de notre commune.

Je le ferai, non pas pour promouvoir un quelconque intérêt personnel, je suis désormais retiré de la vie publique, mais bien pour l’intérêt supérieur de ma ville.

J'espère que le fait d'avoir été des adversaires politiques lors de la dernière campagne municipale ne vous empêchera pas d'y prêter attention et, si nécessaire, de me convoquer avec l'architecte conseil de la ville  M. Antoine Grumbach et les représentants de la Salèvienne pour en discuter plus avant, une fois que la proposition sera sur la table. 

Sincères Salutations

Pierre Brunet
Ancien Conseiller Municipal 

Ci dessous l'article de La Tribune de Genève qui a fait sortir le maire de ses gonds

Pont Manera TDG1.JPG

Pont Manera TDG2.JPG

Cliquer sur l'image pour un meilleur confort de lecture 

Et pour finir sur une note d'humour, je vous invite à lire ci-dessous  les commentaires de Mme Estelle Daval, de l'association La Ville est à Vous sur le billet d'humeur de M. le Maire Antoine Vielliard.

"En tant qu’irresponsable et infantile parent d’élève, voici ce que m’inspirent les propos tenus sur son blog par notre maire, Antoine Vielliard, à l’encontre de la FCPE de Saint-Julien et de la Salévienne sous le titre "Pour un débat public entre adultes responsables" :

DU BON USAGE DE LA DÉMOCRATIE SOUS LE RÈGNE D’ANTOINE « L’OMNISCIENT », PATRIARCHE DE SAINT-JULIEN ET SAINT PATRON DE LA CONVIVIALITÉ

Face à l’obscurantisme d’archaïques groupuscules dont la mission, hormis celle de nuire au prince, est de défendre des principes d’un autre âge tels que le service public et la transmission du savoir, notre Antoine municipal a, dans son infinie mansuétude, pris de son temps précieux pour éclairer son bon peuple sur les principes de la démocratie.

Ces pauvres âmes égarées sur les voies diaboliques du scepticisme ont en effet eu l'outrecuidance de douter des choix de notre respecté bourgmestre et de critiquer ses nobles pratiques en matières de débat public.

Honte à ces sujets irresponsables qui estiment que l’écoute, dont Sire Antoine a fait un des piliers de la démocratie locale avec la transparence et la convivialité, passe avant tout par les bases du savoir-vivre comme d'apporter une réponse à leurs missives.

Pauvres candides qui pensent que l’Égalité, cette poussiéreuse valeur républicaine, doit s’appliquer sans concessions à tout ce qui concerne l’éducation et qui, incapables de proposer d’arbitraires solutions au maintien de l’équilibre budgétaire de notre belle cité, n’ont rien trouvé de mieux que demander une réflexion collégiale.

Et que dire de cette hermétique société savante fondue d’histoire locale et de patrimoine qui, sortie de ses anciens grimoires, use d’immorales figures de style pour faire part de son mécontentement et a le culot de prétendre que plus loin on regarde vers le passé, plus loin on voit vers l’avenir; et de croire que la réflexion nécessite un temps de retrait et de réserve mais aussi que la confrontation des idées est indispensable à la prise de décision.

Qui sont-ils pour oser mettre en doute les compétences décisionnelles et les méthodes de concertation orientées de notre édile passé maître dans l’art de la fourberie mentale et pour ainsi fustiger la domination technocratique qui guide ses choix ?

Et bien, figurez-vous que n’ayant aucune réponse à leurs impertinentes requêtes, ces insubordonnés coquins, ignorants de l’intérêt général, ont eu l’audace d’utiliser ce dangereux outil qu’est le droit de pétition, symbole de la souveraineté populaire et des droits du citoyen.

Ces enfantillages ont, vous le comprendrez, fâché tout rouge notre premier magistrat !

Comment ne pas être reconnaissant à ce bienfaiteur de la collectivité qui souhaite juste adapter les méthodes de gestion des entreprises privées aux affaires de la cité en faisant le choix de l’efficacité au détriment de l’éthique ?

Comment ne pas croire aux bonnes paroles prêchées par ce chantre de l’orthodoxie économique dont les modèles formalisés ont été érigés en vérité absolue. Et tant pis si les solutions sont socialement inadaptées !

Mais qu’ont-ils donc à rejeter les principes d’un nouvel hygiénisme qui cherche à nous élever vers un ordre moral bienveillant, soucieux de notre sécurité, de notre bien-être, de notre insertion heureuse dans une ville conviviale où chacun a sa place (et doit surtout y rester) ?

Comment ne pas applaudir les visions eucharistiques de ce Monsieur Propre du comportement sociétal et ne pas entendre ses sermons qui tendent à une normalisation sans limites d’où serait évacuée toute parole alternative ?

Rappelons à ces brebis perdues, victimes de la pensée critique et du libre arbitre, que dans sa grande générosité, notre bailli sera clément et prendra toutes les dispositions nécessaires pour les ramener sur le droit chemin du prêt-à-porter intellectuel afin d’en faire d’obéissants et responsables sujets".

Estelle Daval
Journaliste

Ci-dessous copie du post de M. Antoine Vielliard sur son blog Portevoix en date du 20 juillet 2012 dans lequel il peste et fustige ceux qui détruisent le patrimoine de Saint-Julien. Aurait-il perdu la mémoire depuis qu'il est devenu maire? 

vendredi, 20 juillet 2012

Une villa construite par Alphonse Laverrière sera prochainement détruite à St Julien en Genevois

Photo de la maison tapponier.jpg
Dans quelques semaines sera détruite la villa Taponier au 1 avenue de ternier à St Julien-en-Genevois. Une villa construite en 1939 par l'architecte Alphonse Laverrière. Un architecte de renomée internationale connu pour la conception du tribunal fédéral de Lausanne, de la gare de Lausanne ou encore du mur des réformateurs au parc des bastions à Genève.

Cette villa est remarquable par son architecture sobre et allongée. Elle appartient au patrimoine architectural de la commune. Elle sera réduite à un tas de pierre dans quelques semaines. Allez la voir avant qu'il ne soit trop tard ! Faites des photos ! Une nouvelle promotion immobilière la remplacera : "Venez vivre l'exception" prétend la publicité ! En l'occurence il s'agit surtout de détruire l'exception.

Petit à petit le patrimoine architectural de la commune disparait tout comme les espaces naturels de respiration. La commune aurait pu protéger ce patrimoine en définissant une zone de bâti remarquable ou en fixant des règles d'urbanisme qui correspondent au bâti actuel. Loin de faire cela, le Plan Local d'Urbanisme a fixé des densités d'habitations modernes. En raison des règles d'urbanisme de la commune, les propriétaires et les promoteurs vont toucher le jackpot pour la destruction de cette villa.

Il y a 50 ans, St Julien en Genevois et Carouge avait beaucoup de similarités : deux communes qui ont longtemps été du même côté de la frontière. Mais depuis 50 ans Carouge a préservé son coeur de ville et construit des tours espacées par des espaces verts pour loger ses nouveaux habitants. St Julien a détruit son patrimoine et construit maintenant des immeubles qui se font face, séparés par des rangées de parking et sans espaces verts pour que le regard s'échappe et les enfants jouent. Ces quartiers vieilliront mal, leurs habitants aussi.

Oui ! Il faut construire des logements ! Oui ! Il faut densifier : c'est à dire construire dans les villes. Mais cela n'autorise pas tout. Cela ne doit plus autoriser de détruire le patrimoine architectural qui fait l'identité des villes. Les habitants ont besoin de savoir où ils habitent : ils ne vivent pas sur une partition de musique ni dans des îles grecques comme le nom des promotions pourrait le faire croire. Ils vivent en Haute-Savoie dans le Genevois français. Ils ont le droit de vivre dans des logements qui ont du caractère et une identité et pas dans des rectangles incipides concus par milliers aux quatre coins de la France comme d'autres produisent des pots de yaourts.

Les habitants ont le droit aussi d'avoir des espaces de respiration naturels. Il y a 40 ans lorsque le Favernay a été construit à côté de l'hôpital on avait prévu des espaces verts pour les enfants. Des espaces qui servent maintenant aussi aux voisins du nouveau quartier de Paisy pour lesquels les documents d'urbanisme de la commune n'ont rien prévu. Les enfants ont toujours besoin de jouer sur l'herbe et pas seulement sur des aires de jeu construites au milieu d'un carrefour sur les délaissés existants.

La densification prévue dans le projet d'agglomération doit être une densification de qualité pour être une réussite. Nous en sommes loin. Dans certaines communes le seul paysage que l'on voit ce sont des immeubles séparés par des parkings. Des cités nouvelles si inhumaines que des extraterrestres pourraient penser en arrivant que les habitants de ces communes sont les voitures qui décident de l'urbanisation et qui, la nuit venue, rangent leurs conducteurs dans les logements attenants.

Les promoteurs, avec des marges qui dépassent les 50%, ont largement les moyens d'assumer les coûts de règles d'urbanisme plus strictes qui préservent les espaces naturels et le bâti remarquable.

Photo de la maison tapponier.jpg
Dans quelques semaines sera détruite la villa Taponier au 1 avenue de ternier à St Julien-en-Genevois. Une villa construite en 1939 par l'architecte Alphonse Laverrière. Un architecte de renomée internationale connu pour la conception du tribunal fédéral de Lausanne, de la gare de Lausanne ou encore du mur des réformateurs au parc des bastions à Genève.

Cette villa est remarquable par son architecture sobre et allongée. Elle appartient au patrimoine architectural de la commune. Elle sera réduite à un tas de pierre dans quelques semaines. Allez la voir avant qu'il ne soit trop tard ! Faites des photos ! Une nouvelle promotion immobilière la remplacera : "Venez vivre l'exception" prétend la publicité ! En l'occurence il s'agit surtout de détruire l'exception.

Petit à petit le patrimoine architectural de la commune disparait tout comme les espaces naturels de respiration. La commune aurait pu protéger ce patrimoine en définissant une zone de bâti remarquable ou en fixant des règles d'urbanisme qui correspondent au bâti actuel. Loin de faire cela, le Plan Local d'Urbanisme a fixé des densités d'habitations modernes. En raison des règles d'urbanisme de la commune, les propriétaires et les promoteurs vont toucher le jackpot pour la destruction de cette villa.

Il y a 50 ans, St Julien en Genevois et Carouge avait beaucoup de similarités : deux communes qui ont longtemps été du même côté de la frontière. Mais depuis 50 ans Carouge a préservé son coeur de ville et construit des tours espacées par des espaces verts pour loger ses nouveaux habitants. St Julien a détruit son patrimoine et construit maintenant des immeubles qui se font face, séparés par des rangées de parking et sans espaces verts pour que le regard s'échappe et les enfants jouent. Ces quartiers vieilliront mal, leurs habitants aussi.

Oui ! Il faut construire des logements ! Oui ! Il faut densifier : c'est à dire construire dans les villes. Mais cela n'autorise pas tout. Cela ne doit plus autoriser de détruire le patrimoine architectural qui fait l'identité des villes. Les habitants ont besoin de savoir où ils habitent : ils ne vivent pas sur une partition de musique ni dans des îles grecques comme le nom des promotions pourrait le faire croire. Ils vivent en Haute-Savoie dans le Genevois français. Ils ont le droit de vivre dans des logements qui ont du caractère et une identité et pas dans des rectangles incipides concus par milliers aux quatre coins de la France comme d'autres produisent des pots de yaourts.

Les habitants ont le droit aussi d'avoir des espaces de respiration naturels. Il y a 40 ans lorsque le Favernay a été construit à côté de l'hôpital on avait prévu des espaces verts pour les enfants. Des espaces qui servent maintenant aussi aux voisins du nouveau quartier de Paisy pour lesquels les documents d'urbanisme de la commune n'ont rien prévu. Les enfants ont toujours besoin de jouer sur l'herbe et pas seulement sur des aires de jeu construites au milieu d'un carrefour sur les délaissés existants.

La densification prévue dans le projet d'agglomération doit être une densification de qualité pour être une réussite. Nous en sommes loin. Dans certaines communes le seul paysage que l'on voit ce sont des immeubles séparés par des parkings. Des cités nouvelles si inhumaines que des extraterrestres pourraient penser en arrivant que les habitants de ces communes sont les voitures qui décident de l'urbanisation et qui, la nuit venue, rangent leurs conducteurs dans les logements attenants.

Les promoteurs, avec des marges qui dépassent les 50%, ont largement les moyens d'assumer les coûts de règles d'urbanisme plus strictes qui préservent les espaces naturels et le bâti remarquable.


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