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"Le fils du Highlander" de Rachel Zufferey

Publié le 10 mai 2015 par Francisrichard @francisrichard

Quand, l'an passé, j'ai rendu compte de La pupille de Sutherland, j'ignorais qu'il y aurait une suite à ce roman de kilts et claymores. J'écrivais:

"Il est difficile de quitter ce roman aux multiples rebondissements, que Rachel Zufferey enchaîne avec maîtrise. Sans doute parce que l'auteur sait fort bien éveiller la curiosité du lecteur pour ses personnages, dont, pris à un piège agréable, il a envie de connaître le sort."

Au dernier Salon du livre de Genève, j'ai appris de la bouche de l'auteur l'existence du Fils du Highlander qui en est la suite, et que, même, un troisième volume allait paraître. Je savais par avance que, si le deuxième volume était de la même veine que le premier, il me serait difficile de m'en déprendre avant d'avoir tourné la dernière page...

Avec la nouvelle de cette trilogie inattendue, le fait est que je me suis retrouvé dans la position du lecteur d'Alexandre Dumas, qui, après avoir lu Les trois mousquetaires, a eu le bonheur de retrouver ces personnages mythiques, au nombre de quatre, ou leur descendance, dans Vingt ans après, puis dans Le Vicomte de Bragelonne.

Dans ce tome II, quelque dix-sept ans après la fin du tome I, dans l'Ecosse de 1587, le lecteur retrouve donc avec bonheur, Kirsty Dunbar, la pupille de Sutherland, Hamish Ross, son époux, Iagan et Irving, les frère et beau-frère de ce dernier, tous trois highlanders, habitant le même village du clan Ross.

Kirsty, de naissance nobiliaire, a en effet préféré l'amour aux convenances, quitte à subir toutes les conséquences de cette mésalliance avec un highlander. Après la naissance de Seumas et d'Alasdair, Kirsty et Hamish ont vécu heureux dans ce village et ont eu cinq autres enfants: Mary, Idwal, Craig, Leslie et Bonnie.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des Highlands, si, un jour néfaste, Seumas et Alasdair ne faisaient une fâcheuse rencontre, alors qu'ils font sur ordre de leur père un tour du domaine. Cinq cavaliers le traversent, qui n'appartiennent pas au clan.

Deux des cavaliers se détachent. L'un d'eux, Henri Buchanan, arrivé à la hauteur des deux frères, feint de reconnaître un frère en Seumas, finit au bout de l'échange par le traiter de bâtard et sa mère, Kirsty, de putain, avant de disparaître avec ses compagnons.

Déstabilisé par les dires de Buchanan, Seumas, qui jusque-là avait fait preuve de retenue face aux entreprises de Maisie Fergusson, la fille de lady Morag, l'amie de sa mère Kirsty, l'entraîne dans une grotte, connue de ses seuls père, Hamish, et oncle, Irving, et cède à ses avances.

Retrouvés là, nus et enlacés, par Hamish et Irving, les deux jeunes amants sont ramenés au village. Au cours d'une violente discussion, Seumas apprend le secret de sa naissance et découvre qu'Henri Buchanan a travesti quelque peu la vérité pour le faire sortir de ses gonds et semer la zizanie, amoureux dépité, longtemps après, que Kirsty ne lui ait jamais cédé.

Accompagné de ses frères Alasdair et Idwal, Seumas se lance à la poursuite d'Henri Buchanan. Une fois rejointe la petite troupe de ce dernier, une bagarre éclate entre les cavaliers, au cours de laquelle Seumas est mortellement blessé...

Ces faits sont les prémices d'une nouvelle aventure des personnages créés par Rachel Zufferey, comme celle-ci sait si bien en raconter, dans un contexte historique évidemment très différent du nôtre. Ce qui permet certes l'évasion dans un autre temps et autres moeurs, mais aussi donne matière à réflexion...

Si l'un des  thèmes du premier tome était celui de la mésalliance, un de ceux du second, avec celui de la douleur d'une mère qui perd un fils, est la bâtardise, qui était certainement à l'époque moins bien admise encore que de nos jours.

Ainsi Seumas est-il bâtard, fils d'un régent d'Ecosse, royal bâtard, mais bâtard. Ainsi l'union de Seumas avec Maisie se traduit-elle par la naissance d'un fils posthume, bâtard donc. Ainsi Alasdair tombe-t-il amoureux de Neilina, bâtarde elle aussi. Henri Buchanan, par qui le malheur arrive, est lui-même un bâtard...

Si le fait ne l'est pas en soi, le mot de bâtard reste déshonorant et, de manière plus édulcorée, on parlera aujourd'hui d'enfant naturel, qu'il soit ou non adultérin... Au cours d'une dispute avec Neilina, qui, puisque bâtarde, se considère indigne de lui, Alasdair prend le contrepied de cette prétendue indignité et fait l'éloge de la bâtardise:

"Mon père a aimé Seumas comme son fils dès le premier jour et il savait toute la vérité. Jamais tu ne l'entendras dire que je suis l'aîné de la fratrie, pour mes deux parents je ne suis que le deuxième fils. Et je ne peux pas maudire ma mère parce que Seumas n'est pas entièrement mon frère! Lui et moi étions très différents, mais mon père était le nôtre! Et jamais je ne laisserai quelqu'un le traiter de bâtard devant moi."

Après avoir émergé de ce deuxième volume, qu'il n'a pu que lire sans s'accorder le moindre répit, le lecteur en redemande. A quand la parution du tome III ?

Francis Richard

Le fils du Highlander, Rachel Zufferey, 538 pages, Plaisir de lire

Tome I de la Trilogie du Sutherland:

La pupille de Sutherland (2013)


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