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Le vrai visage de Cuba: Fuir, dans le sens de prendre un radeau de fortune et se tirer...

Publié le 11 mai 2015 par Pierre Thivolet @pierrethivolet

Le vrai visage de Cuba: Fuir, dans le sens de prendre un radeau de fortune et se tirer...

William Navarrete: En fugue

Le mythe Cuba est tellement bien ancré qu'il est difficile de le contrebalancer même par des livres ou des reportages bien documentés. 
Pour beaucoup, finalement, Cuba est une dictature certes, mais ... Et tout le scandale  la tromperie est dans ce "mais"...
Mais la Révolution a fait beaucoup de choses, l'éducation , la santé gratuites, etc... Mais les cubaines et les cubains si gentils, Cuba est si belle. Mais la Révolution a renversé une dictature épouvantable. Mais avant la Révolution , Cuba était tenue par la mafia et la prostitution. Le tout en sirotant un mojito dans l'ancien bar fréquenté par Hemingway... C'est sûr, la Révolution, c'était quand même plus sympa à Cuba qu'à Berlin-Est!
Castro a réussi à ré-écrire l'Histoire. Ainsi, l'on oublie que Cuba, avant la Révolution, n'était pas Haïti, ou le Salvador, ou l'Equateur. C'était le pays le plus développé d'Amérique Latine, avec des taux de scolarisation, d'éducation qui dépassaient ceux de certains pays du sud de l'Europe de l'époque, avec des classes moyennes et des élites intellectuelles nombreuses. On oublie de rappeler que Batista avant d'être un dictateur avait surtout été le premier "non blanc" à être élu Président . Aujourd'hui, combien de noirs au gouvernement cubain ? On oublie de rappeler que dans le premier gouvernement Batista participaient ... les communistes. Ce qui explique d'ailleurs que le Parti Communiste cubain n'ait rallié Castro qu'à la toute fin de la Révolution. 
En cinquante ans, Cuba s'est vidée de ses élites et de ses classes moyennes, par vagues. Et ce ne furent pas seulement d'infects capitalistes, des "gusanos", des "vers de terre" comme le prétend la terminologie révolutionnaire officielle. Cela a été des médecins, des infirmières, des techniciens, des ingénieurs, des commerçants, des journalistes, des artistes, et les plus grands. Comme l'icône de la musique cubaine, Celia Cruz, qui en quittant Cuba, s'était écriée: "Avec moi s'en va "el son", la musique cubaine".
Ce sont aussi des poètes, des écrivains. 
Comme par exemple, William Navarrete, écrivain, critique d'art, exilé en France depuis 1991... Son dernier roman "En Fugue" est un contrepoint doux amer aux images idylliques de Cuba selon les Castro:
" Fuir, dans le sens de prendre un radeau de fortune et se tirer parce que de toute façon, ici, nous passions notre temps à tout fuir, surtout le pouvoir, ses ténébreux ministères, les lois absurdes, les interdictions, la surveillance. Même le voisin pour qu’il ne sache pas qu’on avait éternué. Et la chaleur, l’ennui, la pénurie, les souvenirs. "
A lire sans modération.
William Navarrete, "En Fugue"vient de paraître chez Stock

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