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Lundi 17 mai 1915

Par Cantabile @reimsavant

J'ai passé un dimanche triste, triste. La raison en est que je sais que le fils Collard, Alfred, a été tué il y a trois jours. Toute sa famille le sait. Il n'y a que la mère à qui on le cache et qui comme moi le croit prisonnier. Je me suis mis dans la tête qu'il en était de même pour moi, qu'on me le cachait peut-être. Et puis que veux-tu, on ne voit que des deuils autour de soi. M. Vandenberg a reçu le mortuaire de son fils Henri qu'on appelait 'Le chemineau'. Il aurait été tué aux Eparges. D'Adolphe, il n'a pas non plus de nouvelles. Que je voudrais être plus vieille et de voir mes deux beaux petits si gentils et que tu n'es pas là pour les voir grandir...

Si tu voyais notre André, il cause et il chante, il fait la joie de tout le monde et il parle toujours de son tit papa Charles. Quand il sera grand il ira te rechercher, il tuera tous les boches. Il est bien plus intelligent encore que le petit Fender. Et la petite sœur, un petit ange. Pauvre coco, elle rit toujours ; elle aura bientôt des dents. Elle est belle.

Je te quitte mon Charles. Je pense à toi, toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu'elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu'au 6 mai 1917 (avec une interruption d'un an). Poignant.(Alain Moyat)

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