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Shell reconnaît que le réchauffement climatique ne pourra pas se limiter à 2 degrés

Publié le 22 mai 2015 par Blanchemanche
#réchauffement #climat #AIE #Shell
Vue aérienne de la station de pompage Shell dans le delta du Niger en mars 2013.
©Pius Utomi Ekpei/AFP
Le géant anglo-néerlandais a reconnu en interne que la planète risque de se réchauffer de 4 degrés selon un document interne révélé par The GuardianOn peut parler d'une bombe lancée dans un océan d'hypocrites. L'enquête publiée cette semaine par The Guardian, l'un des nombreux volets de la campagne «Keep it in the ground» («Gardez-le au sol») menée par le quotidien britannique pour lutter contre le réchauffement climatique, est édifiante. A travers les lignes, on y découvre l'existence d'un document interne, appartenant à l'entreprise New Lens Scenarios, s'appuyant sur les prévisions de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), qui envisage une augmentation de la température terrestre de près de 4 degrés d'ici à 2100, accompagnée ensuite d'un réchauffement de six degrés dans les années suivantes.Selon le scénario de l'AIE, la consommation énergétique mondiale augmente à un rythme soutenu depuis de nombreuses années en raison du développement économique des pays émergents. Dans le même temps, les émissions de gaz à effet de serre restent importantes et l'Agence prévoyait en 2014 une réduction nécessaire de 40 à 70% par rapport à 2010 afin de limiter l'augmentation de température à 2°. Au contraire, si la tendance actuelle était conservée, la température du globe pourrait augmenter de 3,6 à 5,3 degrés d'ici 2100.Le journal rappelle de son côté qu'avec un tel scénario, le réchauffement serait donc deux fois plus important que les 2 degrés souvent avancés par la communauté internationale. Cette augmentation est jugée comme la limite pour éviter des inondations massives, des crises alimentaires voire des désertifications. Dans un document interne, le PDG du groupe anglo-néerlandais, Ben van Beurden avoue que «tous les scénarios que l'on a étudié ne permettent pas aujourd'hui de limiter la hausse de température à 2 degrés - avec un calcul de 450 particules par million (ppm) de CO2 (gaz carbonique). Nous ne voyons pas les gouvernements prendre les mesures nécessaires dans ce sens pour le moment.»«Pourtant, le modèle économique de Shell semble suivre une autre philosophie»The Guardian, 18 mai 2015

Barack Obama laisse faire le forage en Arctique

Durant l'ensemble de son enquête, le journaliste Terry Macalister passe en revue l'ensemble des activités de Shell pour briser la rhétorique du groupe pétrolier sur le réchauffement climatique. L'article pointe notamment les extractions de sables bitumineux, souvent désignés comme très polluants par les associations de défense, au Canada mais aussi son rôle dans la hausse des émissions en lien avec ses activités dans les eaux profondes brésiliennes, nigériane et américaines.Ces activités ont prit une nouvelle dimension il y a quelques jours. Shell a en effet annoncé, après l'approbation du président des États-Unis, Barack Obama, qu'il allait reprendre ses explorations pétrolières en Arctique dès cet été. Cette annonce a provoqué une manifestation près d'une plate-forme de Shell, à Seattle (États-Unis), le week-end dernier pour protester contre le projet.Plus encore, c'est la dimension que vient de prendre le groupe depuis une semaine qui interpelle. Mercredi dernier, Shell a annoncé le rachat du numéro trois de l'énergie britannique, BG Group, pour 64 milliards d'euros. De quoi devenir le patron mondial dans le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) et devenir la plus grande compagnie étrangère au Brésil selon le Guardian, qui rappelle l'importance de la région.Le PDG de Shell se défend en prônant le fait qu'il y a «aujourd'hui trois milliards de personnes sur Terre qui n'ont pas accès à l'énergie moderne. Ce n'est pas une simple question d'accès à un aspirateur ou à un poste de télévision. L'accès à l'énergie marque souvent la différence entre la pauvreté et la prospérité. La demande grandit parce qu'il y a de plus en plus d'habitants, plus de citadins et en même temps une certaine hausse de la pauvreté. La question est maintenant de savoir comment, d'un point de vue moral, on peut trouver un équilibre entre l'accès à l'énergie pour tous et la lutte contre le réchauffement climatique».http://www.lefigaro.fr/societes/2015/05/22/20005-20150522ARTFIG00013-shell-reconnait-que-le-rechauffement-climatique-ne-pourra-pas-se-limiter-a-2-degres.php

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