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Palmyre tremble en ses ruines

Publié le 23 mai 2015 par Fabianus
PALMYRE TREMBLE EN SES RUINES
L’Etat islamique (EI) élargit de jour en jour sa zone d’influence. Le groupe djihadiste s’est emparé jeudi 21 mai de la ville de Palmyre en Syrie. La chute de cette vieille cité au passé millénaire suscite bien des craintes ! Les fous d’Allah ne vont-ils pas détruire des ruines inestimables classées au Patrimoine de l’humanité ?
Mais, bien plus que les vestiges ne doit-on pas redouter une terrible tuerie et le massacre des habitants d’une cité dont l’ancien nom, c’est mythique, est Tadmor (tas d’morts). Un nom particulièrement sinistre de résonance carcérale. Tardmor, soit Palmyre, possède en effet une prison dans laquelle le régime Assad enferme ses détracteurs politiques depuis des décennies.
En mettant dans son escarcelle la sinistre demeure, l’Etat islamique ôte un outil de répression à Bachar El Assad et transforme davantage ce dernier en ultime recours contre l’invasion de Daech et les risques de plus en plus aigus de l’instauration d’un Califat !
Car, en dépit des frappes aériennes de la coalition conduite par les USA, les combattants au drapeau noir ont réussi en quelques jours à consolider hégémonie sur une vaste zone à cheval sur la Syrie et l’Irak, soit environ 300 000 km2, dont la moitié du territoire syrien.
En Syrie, outre la région de Palmyre, Daech contrôle désormais la majeure partie des provinces de Deir Ezzor et Raqa (nord). Sa présence se consolide  dans les provinces de Hassaké (nord-est), d’Alep (nord), de Homs et de Hama (centre).

Le Calife autoproclamé, Abou Bakr al-Baghdadi, peut se frotter les mains. Il est en passe de réussir son pari et se rend déjà maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers du pays. Son petit commerce florissant lui fait envisager l’avenir en rose pour la plus grande noirceur des Syriens et Irakiens qui, en masse, deviendront les prochains passagers des rafiots de fortune qu’affrètent des passeurs mafieux et qui se perdent dans les flots de la mer Méditerranée.

Palmyre tremble en ses ruines de fierté millénaire Les démons de Daech de son decumanus Pourraient bien, d’ici peu, en furieux cumulus Foudroyer les géants d’âme gréco-romaine
Sous le tumulte sourd des canons rougissants Le vieux temple de Bel tremble sur ses colonnes Chapiteaux corinthiens qu’un espoir abandonne Affrontent vents de sable entremêlé de sang.
Palmyre bien davantage au cœur de ses enfants Sent grandir la menace d’une grande hécatombe L’épuration cruelle et des bouquets de tombes Comme une vallée des morts en notre fin des temps
Sont-ils moins importants que les grands tétrapyles Ces milliers d’habitants que les soldats syriens En battant en retraite aux premiers crocs des chiens Ont abandonné là, en leurs demeures fragiles ?
Au nom du Califat la noirceur terroriste De son voile assassin ôte à nos cœurs perdus Tout autant vieilles pierres d’un passé révolu Que les longs trémolos de nos chœurs humanistes.
Daech aveuglément épure les fondements Des civilisations : l’ancienne comme la neuve Vestiges profanés ou larmes d’une veuve Il naît dans son enfer aucun discernement.
Et Bachar de rêver d’esprit de reconquête En érigeant posture d’unique bouclier Contre l’envahisseur au sunnisme zélé Après lui le chaos fruit de mille défaites.
Comme un plongeon pérenne dans une obscurité Loin de celle qu’on prise en ces salles cannoises Le temps  d’un festival en paillettes bourgeoises Tapis rouge et diamants pris de mondanités.

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