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Architecture shinto

Publié le 23 mai 2015 par Aelezig

L’architecture shinto est celle des sanctuaires shinto japonais.

À quelques exceptions près, le schéma général d'un sanctuaire shinto est d'origine bouddhiste. Auparavant, il n'existait que de petits sanctuaires shinto temporaires, à usage particulier. Le bouddhisme a introduit au Japon l'idée de sanctuaires permanents et beaucoup du vocabulaire. La présence de vérandas, de lanternes de pierre et de portes complexes sont des exemples de cette influence.

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Torii

La composition d'un sanctuaire shinto est extrêmement variable. Toutefois, étant donné que leurs sites sont sacrés, les sanctuaires sont généralement tous entourés d'une clôture de pierre ou de bois appelée tamagaki, tandis que l'accès est rendu possible par une entrée appelée sandō. Les entrées elles-mêmes sont enjambées par des portes appelé torii qui sont le moyen le plus simple d'identifier un sanctuaire shintoïste.

Un sanctuaire peut inclure dans son enceinte plusieurs bâtiments, chacun destiné à un but différent. Parmi eux, le honden ou sanctuaire, qui contient le shintai abritant les kami (divinités) ; le heiden, la salle des offrandes et des prières ; le haiden ou salle de culte, où il peut y avoir des sièges pour les fidèles. Seul le haiden est accessible aux profanes. Situé derrière le haiden, le honden est habituellement beaucoup plus petit et sans ornements. Les autres caractéristiques notables du sanctuaire sont le temizuya, la fontaine où les visiteurs se lavent les mains et la bouche et le shamusho, le bureau qui supervise le tout. Les sanctuaires peuvent être très grands ou aussi petits qu'une ruche, comme dans le cas des hokora, petits sanctuaires fréquemment rencontrés sur les côtés des routes.

Avant la séparation forcée du shintoïsme et du bouddhisme (ère Meiji, XIXe), il n'était pas rare pour un temple bouddhiste d'être construit à l'intérieur ou à côté d'un sanctuaire, et inversement. Le lien entre les deux religions a été officiellement rompu, mais il a néanmoins perduré en pratique.

La pratique du marquage des aires sacrées a commencé au Japon dès la période Yayoi (d'environ 500 av. J.C. à 300 après J.C.) provenant des principes primitifs shinto. Des caractéristiques du paysage tels que les rochers, les cascades, les îles et les montagnes en particulier étaient des lieux supposés être susceptibles d'attirer les kami. Les lieux sacrés pouvaient être simplement marqués et une porte d'entrée. Plus tard, des bâtiments temporaires ont été construits pour accueillir les dieux. Au fil du temps, les structures temporaires ont évolué en des structures permanentes consacrées aux dieux. Les bâtiments avaient des toits à pignon, des sols surélevés, des murs de planches et étaient couverts de chaume ou d'écorce de cyprès. Ces premiers sanctuaires ne comprenaient pas d'espace pour le culte. Il existe trois formes importantes de style architectural pour les anciens sanctuaires : taisha-zukuri, shinmei-zukuri et sumiyoshi-zukuri. Selon la traditionnen sengū-sa, les bâtiments ont été fidèlement reconstruits à intervalles réguliers en respectant la conception originale. Ainsi les styles anciens ont-ils été reproduits à travers les siècles jusqu'à nos jours.

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Chien coréen, ou komainu

Caractéristiques communes

Le torii est une porte qui marque l'entrée d'une zone sacrée ou d'un sanctuaire. Il peut être en bois, en pierre, en métal, en béton ou tout autre matériau. Il peut y en avoir plusieurs, dans différents endroits au sein de l'enceinte. L'origine des torii n'est pas claire et aucune théorie existante n'a été acceptée comme valide.

Le sandō est la voie d'approche, l'allée qui mène vers le sanctuaire. Des lanternes de pierre et d'autres décorations peuvent jalonner son parcours. Il peut également y avoir plus d'un sandō.  

Avant d'entrer dans le sanctuaire, les visiteurs sont censés se laver les mains et la bouche à une fontaine construite à cette fin et appelée temizuya ou chōzuya.

Les deux « lions » en face d'un sanctuaire sont en réalité des chiens gardiens appelés komainu (chiens coréens). Ils sont appelés ainsi parce qu'ils sont supposés avoir été introduits au Japon en provenance de Chine via la Corée. Ils sont presque identiques, mais l'un a la bouche ouverte, l'autre fermée. C'est un modèle très répandu dans les paires de statues dans les temples et les sanctuaires, et qui possède une importante signification symbolique. La gueule ouverte prononce la première lettre de l'alphabet sanskrit (« a »), la gueule fermée la dernière lettre (« um »), représentant le début et la fin de toute chose. Le chien avec la gueule ouverte est appelé shishi i, l'autre komainu, nom qui au fil du temps en est venu à désigner les deux animaux.

Le honden, aussi appelé shinden est le bâtiment le plus sacré du sanctuaire, destiné uniquement à l'usage du kami qui y est vénéré. Le kami, en lui-même incorporel, est généralement représenté physiquement par un miroir ou parfois par une statue. Le bâtiment est normalement à l'arrière du sanctuaire et fermé au grand public.

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Kamo-jinja (irimoya-zukuri)

Le haiden est la salle de culte ou oratoire du sanctuaire. Il est généralement placé en face du honden et souvent construit sur une plus grande échelle que ce dernier. Le haiden est souvent relié au honden par un heiden, salle d'offrandes. Alors que le honden est l'endroit réservé au kami qui y est vénéré et inaccessible au grand public, le haiden fournit un espace pour les cérémonies et pour adorer le kami.

Un hokora ou hokura est un très petit sanctuaire qui se trouve dans l'enceinte d'un plus grand sanctuaire dédié à un kami populaire ou au bord d'une route et vénérant un kami qui ne relève pas de la juridiction d'un grand sanctuaire. Un dōsojin, kami mineur protégeant les voyageurs contre les mauvais esprits, peut par exemple être vénéré dans un hokora.

Les sessha et massha, aussi appelé eda-miya, sont des sanctuaires petits ou même miniatures ayant une forte relation historique avec un sanctuaire plus important ou avec le kami qui y est vénéré et qui relèvent de la juridiction de ce sanctuaire. Les deux termes avaient autrefois des significations différentes, mais doivent être aujourd'hui considérés comme synonymes.

Les styles les plus courants

Les bâtiments d'un sanctuaire peuvent avoir de nombreuses configurations de base différentes. Le suffixe -zukuri signifie bâtiment. Le style est en fait celui adopté par le honden.

Le toit d'un honden est toujours à pignon et certains styles prévoient aussi une allée véranda appelée hisashi (un couloir entourant un ou plusieurs côtés). Parmi les facteurs qui interviennent dans la classification : la situation de l'entrée principale, les proportions...

Les styles les plus anciens sont le tsumairi, le shinmei-zukuri, le taisha-zukuri et le sumiyoshi-zukuri, présumés antérieurs à l'arrivée du Bouddhisme au Japon. Les deux styles les plus fréquents sont le nagare-zukuri et le tsumairi kasuga-zukuri.

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Otori Taisha (otori-zukuri)

Nagare-zuruki : Il est caractérisé par un toit à pignon très asymétrique faisant saillie vers l'extérieur sur le côté non-pignon au-dessus de l'entrée principale, pour former un portique. C'est le plus fréquent dans tout le pays. La structure de base constituée d'une élévation partiellement entourée d'une véranda est parfois modifiée par l'addition d'une salle en face de l'entrée. Le plus ancien sanctuaire du Japon, le Ujigami-jinja (commencé au VIIIe siècle) à Uji, possède un honden de ce type.

Kasuga-zukuri : Il se caractérise par l'extrême petitesse de la construction. Le toit est à pignon avec une entrée unique à l'extrémité du pignon, couvert d'écorce de cyprès et recourbé vers le haut aux avant-toits. Les structures de soutien sont peintes en vermillon, tandis que les murs de planches sont de couleur blanche. C'est après le nagare-zukuri, le deuxième style le plus courant, la plupart des exemples se trouvant dans la région du Kansai autour de Nara. 

Hachiman-zukuri : C'est un style utilisé pour les sanctuaires consacrés au kami Hachiman dans lequel deux bâtiments parallèles au toit à pignon, correspondant à deux sanctuaires, sont reliés sur le côté non-pignon, formant en fait un seul bâtiment. Il ne subsiste que cinq exemples seulement de ce style (de l'époque d'Edo, du XVIIe au XIXe siècles), qui est peut-être d'origine bouddhiste étant donné que certains bâtiments bouddhistes comportent la même division.

Hiyoshi-zukuri : C'est un style rare qui n'est représenté de nos jours que sur trois sites, tous à Hiyoshi Taisha. Le bâtiment est composé d'un cœur appelé moya entouré sur trois côtés d'un hisachi. Le hisashi à trois cotés est unique et typique de ce style. Le toit à deux versants s'étend en petits portiques sur le devant et les deux côtés à pignons. Le toit à l'arrière a une forme particulière et caractéristique.

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Uda Mikumari-jinja (kasuga-zukuri)

Irimoya-zukuri : C'est un style de honden avec un toit à croupe et à pignon, c'est-à-dire un toit à double pente avec une ou deux hanches, utilisé par exemple dans le honden de Kitano Tenman-gū. Ce style d'origine chinoise est arrivé au Japon avec le Bouddhisme au VIe siècle. Il est à l'origine utilisé pour les salles de lecture des temples bouddhistes, mais a commencé plus tard à être utilisé également dans les sanctuaires durant la période médiévale du Japon.

Ishi-no-ma-zukuri : aussi appelé yatsumune-zukuri et miyadera-zukuri, ce style a une structure de complexe dans laquelle le haiden et le honden sont reliés sous un même toit en forme de H. Le passage de liaison s'appelle ai-no-ma. S'il est pavé de pierres, il est appelé ishi-no-ma, d'où le nom du style. Il peut toutefois être revêtu de planches. Un des exemples les plus anciens est le Kitano Tenman-gū à Kyoto.

Shinmei-zukuri shinmei-zukuri : un style ancien typique de Ise-jingū, le plus saint des sanctuaires Shinto. C'est dans la préfecture de Mie qu'il est se rencontre le plus fréquemment. Caractérisé par une extrême simplicité, ses caractéristiques de base se retrouvent dans l'architecture japonaise depuis la période Kofun (250–538) et il est considéré comme l'apogée de l'architecture traditionnelle japonaise. Construit en bois brut raboté, le honden possède un sol surélevé, un toit à pignon avec une entrée sur un des côtés sans pignon, aucune courbe vers le haut à l'avant-toit et des rondins décoratifs faisant saillie de la crête de la toiture. L'exemple le plus ancien en est Nishina Shinmei-gū, le sanctuaire qui donne son nom à ce style.

Sumiyoshi-zukuri : Il tient son nom du honden de Sumiyoshi-taisha à Ōsaka. Il possède une entrée sous le pignon. Son intérieur est divisé en deux sections, une à l'avant et l'autre à l'arrière. La construction est simple, mais les piliers sont peints en vermillon et les murs en blanc. L'origine de ce style est censée remonter à l'architecture des palais anciens. Il ne comporte pas de véranda.

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Funatama Jinja - Sumiyoshi-zukuri

Taisha-zukuri : Le plus ancien style de sanctuaire, tient son nom de Izumo-taisha. Il  possède des épis de faîtage et des rondins, ainsi que des traits archaïques comme des piliers à pignon et un pilier central unique. Son plancher est surélevé sur pilotis. Les escaliers qui mènent au honden sont couverts par un toit d'écorce de cyprès. Le plus ancien exemple existant de ce style est le honden de Kamosu-jinja dans la préfecture de Shimane, construit au XVIe siècle.

Owari-zukuri owari-zukurUn style complexe que l'on trouve dans les grands sanctuaires de ce qui était la province d'Owari près de Nagoya. Il dispose de nombreuses structures dans le même complexe, parmi eux, outre honden et haiden, on trouve un tsuriwata-ro (une voie de passage suspendue), un yotsuashimon (porte construite avec quatre piliers) et d'autres bâtiments. Les sanctuaires Owari Ōkunitama et Tsushima-jinja sont des exemples de ce style.

Otori-zukuri : Il doit son nom au Ōtori-taisha à Ōsaka. Sol surélevé, sans véranda ni balustrades. Ce style semble avoir la même origine que les anciens styles sumiyoshi et taisha auxquels il ressemble et l'absence de véranda peut être due à l'emploi à l' 'origine d'un sol en terre battue, encore en usage dans certains sanctuaires. L'intérieur est divisé en deux, le toit est recouvert de couches de bardeaux d'écorce de cyprès et possède une haute crête au rôle plus ornemental que fonctionnel. Il ne se courbe pas vers le haut mais dispose d'épis de faîtage et rondins.

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