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J’ai pu 20 ans. #viedadulte

Publié le 26 mai 2015 par Lamallette @Lamallette1
  • J’ai pu 20 ans.  #viedadulte

J’ai pu 20 ans. #viedadulte

Par Andréanne Tenhave

Les cheveux mouillés dans le fond de la douche m’écoeurent. Faire la vaisselle m’écoeure. Faire le ménage de mon char m’écœure. Mais ce qui m’écoeure dramatiquement, au point de m’en donner un haut-le-cœur-vomis-dans-bouche, c’est devenir une adulte. Aaaaaaarke.

Dans la vie, j’suis née le 30 avril. Pour la majorité des gens, ça sonne fin de session ou encore date limite des rapports d’impôt. Je sais pas si tu le sais, mais quand tu dois payer ton permis de conduire à ta fête (merci l’gouvernement, quel cadeau) pis qu’en plus, il faut que tu ailles fait tes déclarations d’impôts, en pleine semaine d’examens, c’est pas tant vieillir d’un an qui écoeure que de vieillir tout court!

Je rêve encore du temps où aller chez le dentiste me terrorisait parce que j’avais une carie et que l’aiguille pour me geler était énoooooorme (perception d’enfant oblige). Maintenant, c’est clairement le bill qui vient avec qui ne me donne pas envie d’y aller. Ça, c’est devenir adulte.

Quand la vie met sur ton chemin les to-do list, le manque de temps, le budget et les paiements, vieillir est pas mal moins intéressant qu’à l’époque où tu associais le tout à «avoir un char», «pouvoir sortir dans les bars» et «pas avoir à demander à tes parents». Mais il y a un jour où les obligations et les responsabilités arrivent aussi vite qu’une balle de fusil et qui atteint ton cœur d’enfant, à coup de brassées de lavage, de signage de chèques et de hangover de plus en plus difficiles.

La vie d’adulte c’est aussi ce moment où tes parents continuent à te payer des «p’tites gogosses le fun», mais qu’au lieu d’un nouveau paquet de cartes Magic ou quelques Pogs, ces «p’tites gogosses le fun» deviennent du lave-vitre, des chaudrons ou genre une pelle pour déneiger les marches de ton appart. C’est aussi là que tu réalises combien c’est poche être malade quand tes parents sont pas là. Ça, c’est clairement un deuil personnel et interne à vivre, que la douleur d’une gastro qui te cloue au lit en plus de celle que tu vis quand tu catches que si tu veux une soupe Lipton, FAUT QUE TU TE LA FASSES TOI-MÊME.

Comme c’est lourd d’avoir à déneiger ton char après une tempête (au lieu d’attendre dans la maison que papa le fasse en même temps que l’auto réchauffe), ou de faire la vaisselle d’un gros repas (genre pas la laver OU l’essuyer mais bien faire les deux) et savoir que ce sera ainsi le reste de tes jours.

Et là tu te mets à regarder la météo pour prévoir tes vêtements, à trouver que 2h00 du matin c’est tard pour être ailleurs qu’au lit, à avoir des plantes chez toi et à leur donner de l’engrais, à faire des listes de commissions, à apprécier un vendredi soir soft à regarder des films en pyj, à lire des livres sur la vie après la mort et à tricoter des pantoufles en fentex… Pis ça finit pu. (J’exagère à peine.)

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Les cheveux dans douche m’écoeure toujours. La vaisselle aussi. Et faire le ménage de mon char, j’y pensais même pas avant, PARCE QU’UN CHAR J’EN AVAIS PAS (tout comme le paiement qui va avec et celui des assurances, de l’essence, des p’tits accrochages, et j’en passe). Ma vie d’adulte m’attaque de plein fouet et le trou de la douche plein de cheveux, faut que je le vide moi-même. Pis la vaisselle, bin crime, j’ai un lave-vaisselle (au moins en tant qu’adulte, y’a ça qui ‘’sauve’’ de la vaisselle à la main même si c’est clairement un achat d’adulte cette affaire-là).

Je refuse. Je m’y oppose. La vie d’adulte attendra. Je ferai une Peter Pan de moi-même, et je vis dans le déni. Je veux continuer à tripper quand je vois un chat à l’animalerie, manger des Rolo-Fruits comme collation, donner des noms à mes toutous et jouer à la Tague-gelée dans la cour d’école avec Karine et Carolanne, mes bestfriends (avec qui j’ai un collier en cœur avec Best écrit sur un côté et Friend sur l’autre).

Bon, la montée de lait du jour est faite, on se repogne bientôt les copains, pour faire des châteaux de sable et continuer à se demander où s’en va l’eau qu’on met dans la piscine… Là, j’men va faire le ménage du printemps de ma Matrix familiale (aka Monique parce qu’à défaut de donner des noms à mes toutous, j’en donne un à mon char).

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