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Le défi des nouveaux prothésistes dentaires dans le futur.

Publié le 26 mai 2015 par Gifam

Lorsque que j'ai débuté ma carrière, nombre de mes confrères avaient déjà un discours défaitiste quand à l'avenir de leur métier. Je ne compte plus les fois où l'on m'en a prédit la fin des prothésistes et où l'on m'a dissuadé de persévérer dans cette voie. Pourtant, 35 ans plus tard, nous sommes toujours là, l'apocalypse n'a pas eu lieu et osons le dire, la prothèse dentaire a de beaux jours devant elle, n'en déplaise à certains.

Tout d'abord pour des raisons démographiques :

La population mondiale ne cesse de s'accroitre. En 2020 nous seront quelques 10 milliard sur Terre…soit 320 milliards de dents ! Et parmi eux, 400 millions de chinois auront plus de 60 ans à ce moment là.

Ensuite parce que la demande esthétique est grandissante, et quelque soit l'âge, nous voudrons un beau sourire.

Ces deux facteurs, on ne peut plus objectifs, suffisent à se rassurer sur le potentiel de pérennisation du métier de prothésiste dentaire.

Mais ces données nous alertent également sur notre capacité de produire vite et bien de la prothèse en nombre toujours croissant.

Voila le défi du prothésiste de demain.

Comment adapter notre manière d'exercer notre métier afin de répondre à cette réalité ?

Cette question est le cœur de mon métier. En effet, chaque année, mes écoles diplôment la moitié des prothésistes dentaire de France, aussi j'ai la responsabilité d'observer les évolutions de mon métier afin de concevoir une formation en phase avec leur avenir professionnel.

Une tendance est en train d'émerger, celle du rapprochement entre prothésistes dentaires et chirurgiens dentistes. Il y a plusieurs raisons à cela :

- D'une part, les nouveaux matériaux et les nouveaux protocoles de fabrication ne nous laissent aucun droit à l'erreur. La qualité du dialogue entre les deux métiers conditionne en grande partie la réussite de l'intégration esthétique de la prothèse pour le patient.

- D'autre part, les investissements dans les outils de dernière génération sont importants et les différents acteurs du domaine dentaire choisissent de plus en plus de mutualiser les coûts.

Ces deux raisons laissent penser que la tendance à créer des super-structures dentaires au service du confort du patient a de bonnes chances de se généraliser. Dès la formation ces deux métiers doivent apprendre à travailler ensemble. Il semble aussi nécessaire de former des professionnels à un exercice plus “transversal” et même de créer de nouveaux métiers intermédiaires.

D'un point de vue des matériaux, il semblerait que nous soyons arrivés à une période de “maturité”. En effet, les investissements en recherche et développement des firmes internationales ont eu lieu en même temps et les découvertes majeures qui en sont issue - comme la céramique de silicate de lithium dopée au dioxyde de zirconium (vita surpinity) ou vitro céramique au disilicate de lithium (IPS e-max) - sont apparues durant la dernière décennie.

En revanche, nous sommes à l'orée d'un bouleversement majeur. Actuellement, la recherche et le développement sont essentiellement tournés vers les problématiques de biotechnologie. Par exemple, les résultats de recherche de Paris-Descartes sur les cellules souches et la possibilité de recréer de la pulpe dentaire sont très prometteurs. On peut raisonnablement penser que dans les années qui viennent, ce sont ces résultats qui modifieront la pratique de la médecine dentaire et donc des métiers satellites. Il est tentant de penser qu'il y aura de moins en moins de soins curatifs et donc de prothèse curative et que nous répondrons d'avantage à des demandes esthétiques. Il est probable que la prothèse esthétique se démocratise autant que cela a pu être le cas pour l'orthodontie.

Dans ce contexte le prothésiste devra avoir conscience que :

- l'aide de la technologie est un allié pour produire vite et bien de la prothèse pour un nombre de patients toujours croissant.

- son exigence esthétique devra être sans faille et elle devra être une recherche permanente de la perfection. Il deviendra un “smile designer”. Cela passe par une formation initiale d'excellence et une curiosité perpétuelle abondée par formation continue.

- en plus d'être un artiste, le prothésiste dentaire est l'ingénieur de son œuvre et devra faire preuve d'une connaissance exhaustive sur les forces et propriétés s'exerçant dans la biosphère orale ainsi que sur les matériaux à sa disposition pour répondre à la problématique du patient.

Pour conclure, d'après les données dont nous disposons, il parait évident que le métier de prothésiste dentaire va subir une mutation profonde dans les 15 prochaines années. Loin d’être effrayés, nous devons être curieux, impatient de s'adapter à ces nouveau défis.

Mais une chose est sûre, les patients auront toujours besoin de notre coup de pinceau pour sublimer le cosmétique !


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