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XAVIER DOLAN : Sur le tournage de « Juste la fin du monde »

Publié le 27 mai 2015 par Misteremma @misteremma

Hier matin en me réveillant, j’ai eu une pensée pour Xavier Dolan. En effet, ce dimanche 25 mai 2015, le réalisateur canadien a clôturé son rôle de juré de la compétition officielle de la 68ème édition du Festival de Cannes. 30 heures plus tard, il se retrouvait sur le plateau de son nouveau long métrage Juste la fin du Monde.

Epuisé par les quinze jours passés à courir la Croisette et à produire 10 épisodes de Cinem(m)a et du web-doc C’est Quoi Cannes ?, je n’avais qu’une envie : dormir ! Alors que mon radio-réveil me rappelait à l’ordre, je tentais de me mettre dans la peau de Xavier Dolan pour ressentir l’énergie qu’il pouvait dégager pour mener à bien ce nouveau projet. Comment pouvait-il diriger un casting exceptionnel (Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Gaspard Ulliel) et une équipe technique qui allaient le solliciter à chaque instant sans lui laisser un moment de répit pour les prochains jours et semaines ?

Je suis emballé par Juste la fin du monde. La perspective de travailler avec ces acteurs m’enchante, bien évidemment. Ma passion la plus viscérale, mon absolue priorité sur les plateaux est toujours le perfectionnement de la relation avec l’acteur, la précision du langage. Rassembler tous les acteurs dans la même pièce fut un casse-tête chinois de qualification olympique, mais tous les sacrifices paraissent futiles quand je pense que je vais me retrouver dans le même espace artistique que ces cinq individus si extraordinaires, si créatifs.

Juste la fin du Monde est l’adaptation d’une pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce : après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude. C’est son actrice fétiche, Anne Dorval, qui lui avait fait découvrir ce texte il y a plusieurs années.

J’ai pensé que Juste la fin du monde saurait bien tendre un pont entre Mommy et John F. Donovan, deux projets dont les genres et profils sont assez distincts.

Il faut dire que le tournage de ce film n’était pas vraiment au programme. Cela fait, par contre, des mois que l’on nous annonce le premier film américain de Xavier Dolan avec notamment Susan Sarandon, Kit Harington et Jessica Chastain au casting, The Life and Death of John F. Donovan.

Je suis très enthousiaste à l’idée de tourner John F. Donovan, mais le film n’étant prévu qu’à l’automne prochain, je voulais d’ici là garder la main et retrouver le terrain de jeu du plateau de tournage avant de démarrer la grosse machine que sera Donovan.

Pendant que Xavier Dolan regardait les films de la compétition ou s’entretenait en secret dans un palace avec ses acteurs (Marion Cotillard était présente en compétition pour MacBeth, tout comme Léa Seydoux pour The Bobster, et Vincent Cassel pour Le Conte des Contes et Mon Roi), Anick Poirier, la vice-présidente pour ventes internationales des Films Séville, s’est activée et a multiplié les rencontres pendant le festival.

L’Angleterre, l’Italie, l’Australie, l’Allemagne, la Suisse… On a vendu partout dans le monde, sauf peut-être aux États-Unis et dans quelques petits territoires en Asie et c’est tout. On a fait un excellent travail avec le film. C’était phénoménal. C’est mon meilleur marché à vie. (interview publiée dans Ici Radio Canada)

Mommy a donc véritable marqué un tournant dans la carrière du jeune réalisateur. Il y a un avant et un après Mommy.

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