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Disparition du "Journal des Finances".

Publié le 14 août 2011 par Gigi75

On le savait depuis longtemps: les gens n'aiment pas les marchés financiers en général, et la bourse en particulier.

Les journaux reflètent particulièrement bien cet état de désaffection qui sanctionne les marchés de capitaux.

C'est en début d'année 2011 que l'on apprend la nouvelle: Le "Journal des Finances" est mort, après 143 années d'existances ! Né en 1867, il a vu pourtant bien des crises et des scandales financiers:

* Il était là lors de la construction du canal de Panama, grande réalisation humaine, mais aussi désastre pour ses premiers actionnaires;

* Il était présent lors de la crise de 1929, qui s'apparente sous bien des aspects, à la crise actuelle des "Subprimes". Hormis le fait qu'à l'époque les autorités monétaires avaient préféré couper le robinet des liquidités, au lieu d'innonder le marché de celles-ci, ces 2 crises sont similaires;

* Il a relaté la révolution russe, et les conséquences financière de bien des détenteurs Français de dette souveraine de l'époque: Les emprunts russes, émis par le Tsars, n'ont jamais été remboursés. L'actualité de la Grèce, avec sa dette souveraine doit nous rapeller qu'une dette d'Etat, n'est pas toujours remboursée, et c'est ce qui fait peur au marché avec les multiples conséquences associées.

* Il a survécu à la terrible létargie de la bourse suite au choc pétrolier de 1973, qui a relancé l'inflation jusque la fin des années 80.

* Il a connu l'exubérance irrationnelle, chère à Alan Greenspan, qui a dénoncé ainsi l'envolée folle des marchés durant la révolution internet de 2000, où les marchés financiers étaient prêt à payer des sommes astronomiques de simples idées sans "business plan". La chute des marchés a été aussi sévère que son envolée.

* Il aura connu la crise des Subprimes, dont nous sortons à peine, et qui n'a pas eu le temps de laisser au marché de soufler un peu avant la prochaine crise qui arrive...

* Il n'aura donc pas survécu à la crise des dettes souveraines qui arrive sous ses multiples formes. Cette crise a été annoncée par la Grèce, qui a triché sur ses finances pour rentrer dans l'Euro, et qui a profité de la monnaie unique pour émettre plus de crédit qu'elle n'était capable de rembourser. D'autres pays, avec une source différente de problèmes, telle l'Espagne avec l'exhubérance immobilière qui a trop fait monter les prix, vont devoir affronter le même type de problème de financement. Le marché privé s'appercevant du problème, refusera de prêter, poussant la BCE et le FMI à soutenir le pays. Nous avons enfin le dernier type de problème de dette souveraine, importé des USA cette fois: le maximum d'endettement public a été atteint, provoqué par la résolution de la crise des Subprimes. Il devra aussi trouver une solution tôt ou tard...

C'est donc dans cette dernière ambiance de crise Boursière que le "JdF" est mort [il a été absorbé par "Investir"]. D'autres revues auparavant avaient disparu. C'est le cas de "La Vie Française" (qui s'était renommée "La Vie Financière" pour mieux coller à son contenu), disparu lors de la crise précédente des Subprimes [racheté par MoneyWeek]... Cette revue avait d'ailleurs absorbé en 1975 "L'Opinion", en pleine tourmente de la crise pétrolière.

La presse financière papier (dont on retrouve un portail sur Internet) se réduit drastiquement: En revues hebdmadaires, il reste donc seulement " Investir" et " Le Revenu". Si on ajoute les publications mensuelles: " Mieux Vivre Votre Argent" (qui ne fait pas de publication hebdo papier).

Cette "concentration" journalistique reflète parfaitement le marché français: Les gens se détournent massivement de la Bourse, tant en investissement, qu'en information. La Bourse n'a pas la côte en France, on le sait. On en a ici la confirmation concrète: la disparition de la pluralité d'information.


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