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LE MONDE DE SOPHIE > Le roi des bals : le Lion Dior

Publié le 30 mai 2015 par Fab @fabrice_gil
C’est la bonne nouvelle de l’année, le réalisateur Frédéric Tcheng sort un documentaire sur les débuts du designer belge chez Dior. Son film Dior et moi offre une vision exclusive du travail de Raf Simons pour la maison de luxe, de sa nomination à aujourd’hui.par Sophie Faucillion /LE MONDE DE SOPHIE alt= Le roi des bals : le Lion Dior" /> Le roi des bals : le Lion Dior" border="0" title="LE MONDE DE SOPHIE > Le roi des bals : le Lion Dior" />Alors que Dior et moi de Frédéric Tcheng se dévoilera sur les grands écrans le 8 juillet prochain, moi, je me promène dans les souvenirs de visites à la Villa Les Rhumbs à Granville, l’inspirant berceau d’un génie, d’un virtuose de la couture, Christian Dior : "J’ai dit (…) ma répugnance à sortir de notre jardin, ce qui n’empêcha pas les premiers bals d’enfants, les carnavals -charmants en province à cette époque- de m’impressionner oisivement. Tout ce qui était brillant, orné, fleuri, léger, suffisait pendant des heures à me distraire". Fin XVIIIe s., les arbres de la forêt de Marly se courbent sous le souffle des furieux désirs jaillissants du désert aux dix-huit folies, celui de Retz, de François Henri Racine de Montville, l’homme aux idées lumineusement décadentes. Sangs bleus, écrivains, compositeurs et favoris s’inclinent, s’offrent et s’accouplent s’inféodant en soubrettes, bergères ou valets pour s’enflammer dans la soumission lutine. À l’aube, seuls leurs visages demeureront voilés. À Paris, dans le quartier Latin, des carabins masqués, adeptes de François Villon, brusquent, grisent et agitent les rues aux pavés, estampillés chacun de turbulent ou sombres fantasmes.1915, Granville, le casino est en banqueroute, le carnaval chahute le vert hautain de ses tapis. A la roulette, les jeux sont faits, rien ne va plus : le rouge s’emballe et le noir est maussade. Au Baccara, le banquier boit des scotchs, et fume des cigares. Les joueurs se sont envolés, éclipsés, tentés par les hurlements de démiurges fantasques aux yeux cernés de loup. Au Rhumbs, dans la villa familiale s’emparant des bords de mer, Christian Dior, anime les étoffes de coquillages, lichens ou algues. La plage ne peut se refuser au futur Neptune de la Couture.1925, "Paris est une fête". Le comte de Noailles et de Beaumont réinterprète l’aristocratie en s’accoquinant avec le monde de l’art et de la littérature. La volonté de briller lors des soirées mondaines et des bals costumés stimule l’exubérance de l’imagination : "Valentine se décida pour le manège de la foire. Autour d’une jupe en forme d’abat jour, elle accrocha les silhouettes en carton découpé d’un cheval, d’une vache, d’un traîneau, d’un vélocipède, d’un cochon et d’une sirène : un corsage en velours rouge à franges d’or s’ouvrait sur un moule à pâtisserie qui figurait l’orgue ; Un chapeau chinois orné de boules de verre couronné l’édifice…" (Jean Hugo). Pendant ce temps dans ce Paris de l’entre-deux-guerres, Christian Dior élabore son esthétisme. Son ami, le compositeur Henri Sauguet l’entraîne dans le tourbillon des arts et des lettres, qui le propulsera au fil de ses rencontres vers celui de l’étoffe et de la broderie.1947, Christian Dior fonde sa propre maison de Couture avec le soutien de Marcel Boussac, industriel au nez fin. Dior devient le centre de ce fructueux et turbulent tourbillon artistique. Sa présence s’impose désormais aux soirées du comte de Beaumont et des autres mécènes. De tous les bals masqués, costumé ou costumier, Dior s’emballe et s’évertue dans la transformation identitaire. En Barbey d’Aurevilly au château de Versailles, en Roi lion au bal "des rois et des reines", en domino serti des quatre géants, imaginés avec Dali et Gala, au palais Labia ; La simplicité et l’extrême surréalisme est au goût du jour. Dans la Maison de Couture, la sainte Catherine est consacrée.Et puis tous ces gens qui remplissent les salons, toutes ses femmes, tous ses hommes sots, ces deux sexes vaniteux étaient le sang de son sang. Ils étaient lui-même, il ne s’entendait qu’avec eux, avec eux seulement il se sentait à l’aise. "Je suis peut-être plus intelligent, je suis certainement plus cultivé qu’eux, mais je suis de la même espèce, je dois me solidariser avec eux" (Le guépard - Giuseppe Tomasi di Lampedusa). Aujourd’hui le guépard, c’est Raf Simons ! Et dans nos années tristes et pauvres de légèreté, il perpétue la tradition en véritable maître de cérémonie.

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