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DELPHES (Grèce)

Publié le 30 mai 2015 par Aelezig

Au pied du mont Parnasse, Delphes est le site d'un sanctuaire panhellénique où parlait l'oracle d'Apollon à travers sa prophétesse, la Pythie ; il abritait également l'Omphalos ou « nombril du monde ». Investi d'une signification sacrée, Delphes fut du VIe siècle avant JC au IVe siècle avant JC le véritable centre et le symbole de l'unité du monde grec.

Les sanctuaires panhelléniques étaient des complexes architecturaux extérieurs aux cités : ils constituaient les seuls lieux où tous les anciens Grecs, et certaines autres cultures, prenaient part à des célébrations religieuses communes.

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Histoire du site

Le nom de Delphes vient du mot dauphin (delphís) : dans la poésie homérique, Apollon aurait pris la forme de cet animal pour attirer les marins crétois chargés d'instaurer son culte sur le site.

Les traces les plus anciennes d'une occupation humaine dans la région remontent au néolithique. Sur le site du sanctuaire, un village modeste de -1400 environ a été reconnu : ce site, nommé Pythô (dans l'Iliade et dans l’Odyssée), est abandonné entre -1100 environ et -800. Le sanctuaire se développe probablement à partir de cette date, avec l’apparition d’un premier autel et d'un premier temple.

On attribue la destruction du temple au tremblement de terre de -373, mais la catastrophe, provoquée par un glissement de terrain, fut pourtant assez limitée. Perdant son importance politique et surtout son autonomie à partir du IVe siècle avant JC, le site a surtout commencé à entamer un long déclin, marqué par les troubles politiques qui agitent la Grèce à cette époque.

Après la conquête de la Grèce par Rome, peu d'édifices importants sont construits, si ce n'est le stade refait par Hérode Atticus.

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Le stade

En 392, l'interdiction des cultes païens dans l'empire romain marque la fin officielle du culte d'Apollon Pythien. Une ville chrétienne s'installe alors dans le sanctuaire (églises, villas importantes), puis disparaît probablement au VIIe ou VIIIe siècle. Le site est provisoirement abandonné et les ruines sont progressivement recouvertes. Le site est ensuite occupé jusqu'à la fin du XIXe siècle par un village du nom de Kastri.

L'oracle d'Apollon Pythien

Apollon lui-même aurait fondé le sanctuaire de Delphes après avoir construit le temple de Délos. Le site est alors gardé par un serpent nommé Python, fils de Gaïa (la Terre) et gardien d'un oracle consacré à Gaïa. Apollon, désireux d'établir un oracle pour guider les hommes, tue Python et s'appropria l'oracle. Pour faire venir des prêtres, il détourne un bateau crétois.

Selon une autre tradition, l'oracle a d'abord été celui de la Terre, puis celui de divinités féminines successives pour être enfin transmis à Apollon.

Le sanctuaire de Delphes est célèbre pour ce fameux "oracle" : la parole du dieu y est transmise aux hommes par l'intermédiaire de la Pythie, dont la tradition antique fait une jeune vierge inculte, installée sur un trépied placé dans une fosse oraculaire, juste au-dessus d'une fissure d'où les Anciens pensaient qu'émanaient des vapeurs toxiques ; la Pythie tient une branche de laurier, l'arbre du dieu Apollon, et une phiale, récipient plat dépourvu d'anses, servant aux libations.

La consultation de l'oracle est au départ annuelle. Elle se fait ensuite le sept de chaque mois durant la période de neuf mois où Apollon est censé occuper le site.

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Temple d'Apollon

Des rites précèdent la consultation : ils sont accomplis en fonction de la prophétesse et requiert la présence de deux prêtres. Ces derniers exercent leur charge à vie et sont secondés par sept peronnes. Dans le détail, on ignore si la Pythie est visible, aucun témoignage digne de confiance n'étant explicite sur la question. La tradition la plus courante rapporte cependant que la Pythie était cachée par un voile et que le consultant ne pouvait la voir.

Le déroulement de l'oracle a certainement subi des changements notables au cours du temps. Il n’y a pas d’oracle en l'absence d'Apollon, et de nombreux fidèles attendent son retour. Un ordre de passage est déterminé par les prêtres. Des cadeaux sont faits à la divinité, puis les prêtres jettent des gouttes d’eau sur une chèvre qui, si elle ne tremble pas, fait perdre son tour au pèlerin. Ce dernier, en cas d'acceptation, entre dans l'adyton où se tient la Pythie et peut poser sa question.

L'omphalos du temple d'Apollon

Delphes était, selon la mythologie grecque, le centre du monde. L'omphalos (littéralement le « nombril ») y était représenté par une pierre de forme conique, directement placée dans l’adyton du temple, entourée d'un réseau enchevêtré et surmontée de deux aigles en or. Dans la mythologie grecque, en effet, Zeus avait fait partir deux aigles, chacun d’un côté du disque terrestre et ces oiseaux de proie s'étaient rencontrés au centre du monde.

Le culte de Dionysos

Pendant les mois d'hiver, Apollon est réputé quitter le sanctuaire de Delphes pour aller se purifier en Hyperborée. Il est alors remplacé à Delphes par Dionysos. Il est inférieur au dieu solaire, mais il devient progressivement indissociable de la divinité apollinienne ; ainsi, le culte de Dionysos profita probablement de la renommée de Delphes dans l'ensemble du monde grec.

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Temple d'Apollon

Les monuments

Temple d'ApollonIl abrite la statue de la divinité et revêt une importance particulière à Delphes, puisqu'il abrite l'oracle. Il est construit, selon la tradition, sur une faille volcanique qui plonge dans les entrailles de la terre et met les hommes en communication avec le dieu, par l'intermédiaire de la Pythie. Le temple d’Apollon à Delphes est situé sur les flancs du mont Parnasse, sommet qui culmine à 2459 mètres d'altitude et domine la Grèce centrale. Il se trouve implanté sur une pente très raide. Un peu plus bas, un autre temple est dédié à Athéna Pronaia, divinité qui « protège » ou « précède » le sanctuaire. Six temples successifs auraient été construits sur l'emplacement. Les cinquième et sixième temples, de plan similaire, sont les mieux connus. C'est le dernier temple, daté du IVe siècle, qui subsiste aujourd'hui. Il est rectangulaire, de forme allongée, avec six colonnes doriques à l'avant et à l'arrière et quinze colonnes doriques sur chaque côté. Son architecte est Spintharos de Corinthe qui se contenta dans une large mesure de rebâtir l'édifice précédent. L'autel sur lequel étaient pratiqués les sacrifices, était situé devant le temple.

Dans la partie basse du sanctuaire, un chemin permet d'accéder à la terrasse du temple : de part et d'autre de ce chemin étroit (la « Voie Sacrée ») se trouvent des monuments de types divers conçus pour abriter des offrandes au dieu, pour lui exprimer des remerciements ou pour commémorer un événement heureux.

Ces monuments sont soit des édifices (en général des trésors mais aussi des portiques), soit des bases de statues, simples ou élaborées. 

Les trésors sont des édifices de taille généralement modeste, implantés sur le site selon les emplacements disponibles ou en raison d'un voisinage significatif. Érigés par les cités à l'occasion d'un événement important, ils servaient de « chapelles votives » en présentant des offrandes ou en glorifiant un exploit. Delphes en comptait au moins une vingtaine. Le plus ancien trésor connu est celui des Corinthiens, érigé à l'initiative du tyran Cypsélos vers -600. Le trésor de l'île de Siphnos (vers -525), élevé par les habitants de l'île, est un véritable écrin architectural où le goût de l'ordre ionique pour le décor ornemental et sculpté est porté à son comble : la frise est continue, chaque côté de l'édifice étant consacré à un épisode historique. On peut également citer le trésor des Athéniens, le trésor de Thèbes et de Cyrène...

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Trésor des Athéniens

À partir du IVe siècle avant JC, une autre forme d’offrandes devient populaire, en raison du changement de nature des dédicants : il s'agit des nombreux piliers et colonnes votives. Des colonnes (simples ou doubles) et des piliers étaient dressées pour mettre en valeur une offrande qui les surmontait : souvent des statues en bronze représentant des souverains, mais aussi des groupes familiaux, notamment étoliens. Ainsi la colonne offerte par les habitants de Naxos vers -575 est le plus ancien de ces monuments ; on peut également citer le Pilier des Messéniens ou la colonne des Danseuses.

De nombreuses statues sont également parsemées sur tout le site, ainsi que divers monuments érigés par tel ou tel citoyen d'honneur, désireux d'ériger un édifice commémoratif de son action.

Visité en 1992

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