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SOCIÉTÉ > La Croix-Rouge épinglée pour travail illégal

Publié le 01 juin 2015 par Fab @fabrice_gil
Emblème de l'action humanitaire d'urgence, la Croix-Rouge française est épinglée pour une organisation du travail "illégale" et "pathogène".

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Photo ©Guillaume Grange

Face à cette mise en cause, l'association a récusé toute confusion entre travail et bénévolat et assure chercher des solutions pérennes. Saisie au printemps, l'Inspection du travail a rendu fin mars un rapport sévère sur le non-respect de la législation sur le temps de travail, comme l'a révélé Le Parisien/Aujourd'hui en France. Le constat est fait d'une "organisation du travail illégale, dangereuse et pathogène", selon un courrier consulté par l'AFP. Il recense notamment pour 2014, 3 345 dépassements de la durée quotidienne de travail (10 heures), 291 dépassements de durée maximale hebdomadaire (48 heures), et 129 privations du repos quotidien minimal (11 heures). La CFE-CGC avait alerté au mois de février dernier l'Inspection sur les heures supplémentaires "non payées, afin de faire cesser ces pratiques. Et à notre grande surprise, l'organisme a relevé des infractions sur la durée du travail", dont "nous n'avions pas connaissance", raconte Eric Laurent, représentant CFE-CGC. Sur les 18.000 salariés de la Croix-Rouge française, les dérives concernent "environ 330 des 480 salariés du siège", rapporte M. Laurent qui évoque des horaires "délirants". "Au niveau du siège, ce sont les directions métiers "d'urgence" qui sont en grande majorité concernées par les dépassements d'horaires".

"Tous les domaines ne relèvent pas de l'urgence" mais du "travail classique d'entreprise", rétorque Eric Laurent désireux que "l'employeur Croix-Rouge respecte le cadre légal". Mais là, on constate que dans "toutes les directions, tous les services et toute l'année, des personnels tombent sous le coup des infractions". Pour se défendre, la Croix-Rouge souligne être "malheureusement confrontée depuis de nombreuses années" à "la question des heures supplémentaires", une situation liée à son "identité" et "à sa mission: sauver des vies." "Nous avons de plus en plus de pauvreté et de catastrophes naturelles, mais moins de financements. Nous avons plus de travail qu'hier", a également plaidé auprès de l'AFP Philippe Cafiero, DRH de la Croix-Rouge. Cependant, au regard du Code du travail, l'argument ne tient pas. Les infractions constatées sont sanctionnées de 750 euros, soit une amende de plus de 2,8 millions d'euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d'euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien. "Aucun chiffre n'a été donné par l'Inspection du travail", conteste Philippe Cafiero. "Nous serions de toute façon dans l'impossibilité de les payer. Nous n'avons pas l'argent." Des injonctions sont également tombées: l'Inspection du travail demande "d'ores et déjà" à l'association de donner des "directives pour que ces dysfonctionnements préjudiciables à la santé physique et mentale des salariés cessent immédiatement". Elle demande aussi "de communiquer dans les meilleurs délais les mesures organisationnelles adoptées" en ce sens. Philippe Cafiero affirme qu'une alerte informatique a notamment été mise en place "pour savoir si quelqu'un a dépassé les horaires la veille". Les échanges avec l'Inspection du travail ont eu "le mérite de re-poser les choses. Nous devons trouver le juste équilibre entre obligation humanitaire et droit du travail", a-t'il expliqué, précisant être "en discussions pour obtenir des autorisations continues ou ponctuelles et faire face aux pics de catastrophes, aux imprévus". Pour le syndicaliste Eric Laurent  ce non-respect de la durée légale de travail est "vraiment un problème d'organisation". Les missions d'urgence et de secourisme de la Croix-Rouge, comme celles réalisées récemment au Vanuatu ou au Népal, "demandent une grande mobilisation et disponibilité" des salariés et des 56.000 bénévoles, "quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, le jour de la semaine", argue l'association dans un communiqué.FG

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