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Relations Suisse-France : je n’ai plus le droit d’en rire (ni d’en pleurer d’ailleurs)

Publié le 01 juin 2015 par David Talerman
Relations Suisse-France : je n’ai plus le droit d’en rire (ni d’en pleurer d’ailleurs)

Lorsqu'il y a quelques années, j'ai rédigé un post faisant la différence entre la Suisse et la France sur le sujet de l'immigration, j'ai déclenché une vague de commentaires, pas toujours très sympa à mon encontre, sur les réseaux sociaux. Alors que lorsqu'on regarde de plus près ce billet, il est factuel, et adresse de manière finalement assez chirurgicale et statistique des problématiques et des constats réels. Alors pourquoi ces réactions ? Simplement parce qu'il y a des sujets qui sont, en France, tellement sensibles, qu'on ne peut plus les adresser, que ce soit de manière factuelle ou avec humour.

C'est exactement ce qui est en train de se passer avec le sujet des étrangers en Suisse, ou des frontaliers. Certains frontaliers et étrangers en Suisse sont exaspérés par les commentaires de certains, collègues, automobilistes ou simple passants. Et pour l'avoir vécu personnellement, c'est très usant et particulièrement choquant quand, dans le tram à Genève, une personne se fend d'un " c... de frontalier " . Même si vous n'êtes pas la cible de cette insulte, ça vous touche forcément. Pareil du côté des Suisses ou de ceux qui habitent en Suisse, et qui finissent par s'agacer d'une situation dont les étrangers et frontaliers ne sont eux-même pas responsables. Au final, c'est beaucoup de frustrations, du clivage et des relations pas au top entre Suisses et Français. Alors quand vous avez le malheur d'aborder un sujet qui met en avant des problématiques de relations entre la Suisse et la France, vous devenez instantanément le messager à abattre.

Par exemple, avec ce tweet volontairement ambiguë, posté également sur Facebook, j'ai eu quelques réactions un peu vertes (sur Facebook) :

La vraie question est : pourquoi #JohnKerry s'est-il fait soigner à #Geneve et pas en France ? 😉

- Travailler en Suisse (@Expatwire) 31 Mai 2015

Ai-je le droit de donner mon avis ?

Lorsque j'ai récemment posté sur Facebook des billets reprenant, là-aussi de manière factuelle, des éléments chiffrés sur les retraites en France et en Suisse, j'ai visiblement importuné certains d'entre-vous, et me suis vu traité de pro-Suisse. Quand je démonte le syndicalisme à la française, on me dit que je n'ai pas le droit de le faire car des personnes se sont battues pour imposer ce syndicalisme. Je serai alors pro-patrons, un &%c! de libéral en quelque sorte. Je me suis même vu traiter de nazi quand j'ai parlé de la dénonciation en Suisse (la personne n'avait probablement pas remarqué mon nom). Bref, je le savais déjà mais à l'évidence, on ne peut pas plaire à tout le monde. Pour être concret, j'ai surtout remarqué 2 choses :

  • De nombreuses personnes qui réagissent ne prennent pas le temps de lire les billets : ils voient le titre sur Facebook ou Twitter, et posent un commentaire
  • Certains d'entre-vous m'ont mis dans une case (celui qui donne des informations sur l'emploi et la vie en Suisse) et n'attendent pas que je donne mon avis sur tel ou tel sujet (on m'a d'ailleurs récemment dit sur Facebook qu'il fallait que je me contente de donner ce type d'informations et que je ne parle pas d'autres sujets que je ne maîtrisais pas, véridique).

Il va falloir encore faire avec

Du coup c'est vrai, je l'avoue : je ne suis pas toujours très fin sur les sujets, car j'aime bien provoquer pour animer le débat, mais j'essaye d'être précis et pas trop de mauvaise foi. Je manie un humour parfois grinçant qui ne plait pas à tout le monde, c'est exact. J'ai aussi la fâcheuse manie de dire des choses qu'on n'a pas envie d'entendre, et je ne mâche pas mes mots. J'ai aussi mauvais caractères, parfois. Ce qui est sûr, c'est que le style que j'ai développé à dessein dans ce blog est trop direct pour certains. Mais il est authentique. Authentique car si je fais tout ceci depuis 2006, c'est bien parce que j'ai envie de faire passer des messages, au-delà de la simple information que je donne sur l'emploi et la vie en Suisse. En tant que Français, issu d'un pays que j'adore mais qui est définitivement bien trop gâté pour se rendre compte de la chance qu'il a, j'ai l'impression d'être dans un train qui, plutôt que de tenter d'échapper au brasier qui l'attend inexorablement, fonce droit vers celui-ci en se disant qu'il ne lui arrivera rien. Et sur le chemin, on croise le train suisse qui lui va dans le bon sens, avec probablement les bonnes personnes à bord. Alors oui, tout ceci m'exaspère, et j'aime bien échanger sur ces sujets dans ce blog. Vous constaterez que mes remarques et critiques ne vont jamais vers les citoyens (que je respecte et que j'aime sinon pourquoi ferai-je tout ceci ?) mais vers les politiques, dirigeants et autres " entités " nuisibles ou inutiles dans leur forme actuelle (vous remarquerez que je n'en cite aucune, et pourtant la liste est longue).

La Suisse devrait être, selon moi, une source d'inspiration permanente pour la France, du moins sur le plan de l'emploi et de l'éducation (ce ne sont pas les seuls sujets mais si déjà nous arrivions à mettre 10% de bon sens Suisse dans notre système français, nous ferions un très grand pas). Mais je ne rêve pas : au-delà des formules de complaisances, comme celle adressée par F. Hollande lors de sa visite à Berne le mois dernier, il est peu probable que la France veuille s'inspirer de la Suisse : autant tout recréer de A à Z, après tout la France est une grande nation que nos dirigeants, nos chères élites, ont su mener à la situation qu'on connait. Alors pourquoi changer une équipe qui gagne ?

En bref, il va encore falloir faire avec moi et ma mauvaise humeur, car je crois qu'il y a encore 2 ou 3 petites choses à dire...


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