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Tatouée, un an après

Par Gabee @Grabirelle

Aujourd'hui je vous parle un peu de moi. Ou plutôt, je vous parle de mon bras. Si vous me lisez régulièrement vous le savez, j'ai une pieuvre tatouée sur le bras gauche, le bras du coeur. Et justement cette pieuvre je l'aime d'amour parce qu'elle signifie beaucoup pour moi en termes de symboliques. Elle a été tatouée, comme griffonnée à l'aiguille pas un tatoueur très talentueux dont je suis les travaux depuis ; Sacha. C'était il y a un an et j'avais envie maintenant de revenir sur ce choix et sur tout ce qu'il a engendré. J'ai régulièrement des questions à sujet et je me dis que cet article pourrait me permettre d'y répondre.

Avant toute chose, c'est mon premier tatouage. Peut-être le dernier, peut-être pas. J'ai eu un projet de sirène complément canon avec la formidable Favry, que j'ai du mettre sur pause pour une raison que je vais expliquer plus loin. Pour un premier tatouage, c'était un bon morceau. J'ai eu mal mais ça n'était pas non plus insurmontable. Je connaissais la finalité à cette douleur et j'ai trouvé le moyen de passer outre pour obtenir ce que je veux. Et c'est là l'un des sens de cette jolie pieuvre justement. Aujourd'hui, un an après, je ne me souviens plus de cette douleur et du temps qui passait très lentement. J'ai même parfois une pulsion étrange qui me donne envie de repasser sous les aiguilles. Pas pour "l'instant", plus pour la finalité.

Tatouée, un an après

J'ai appris à vivre avec ce joli dessin sur mon bras. Mais c'est comme s'il avait toujours été là. C'est en fait et surtout avec le regard des gens que j'apprends à vivre. Regards curieux, amusés, perplexes, scandalisés, admiratifs... je n'ai jamais eu l'habitude que des regards insistants se posent sur moi, encore moins que des inconnus m'abordent sur quelque chose qui touche à mon apparence. Le choc. Non je n'exagère pas. Ça fait vraiment tout drôle. Les échanges que j'aime le plus sont ceux qui touchent le travail du tatoueur sur le dessin et la technique. Les questions sur la signification et le choix du motif me mettent un peu mal à l'aise alors que je suis pourtant tout à fait en mesure de l'expliquer. Mais cela touche à mon moteur, à l'essence même de ma raison d'avancer dans la vie. C'est une chose sur laquelle on ne s'étend pas lors d'une soirée blogueurs ou entre deux tomates cerises à un anniversaire. Enfin, je crois.

Ce tatouage, j'ai appris à l'entretenir, à l'embellir. Un gommage doux par semaine et de la crème matin et soir, sans exception. Cela permet de garder un grain de peau bien net, un trait bien pigmenté et toute l'intensité des gris et sépias (même si je pense qu'il faudra les repasser, un de ces quatre). J'ai aussi appris qu'il réagissait à certaines choses. Ce dont je ne me serais pas doutée. Je suis allergique au pollen et poils de chat et quand je suis en contact avec eux je n'ai plus seulement les yeux qui piquent mais mon tatouage aussi se met à me piquer ! Lorsque j'ai des semaines très stressantes, tout le haut du tatouage gonfle et me gratte et cela peut mettre plusieurs jours à passer. Enfin, lorsque je vais être malade, je le sais en général 48 heures avant puisque mon tatouage gonfle et devient tout chaud. Comme si la fièvre s'y établissait un peu avant de me gagner. Pratique. Tout ceci ne l'a bien entendu jamais abîmé. J'ai craint à une hypersensibilité à l'encre mais ma dermatologue m'a rassurée : mon tatouage réagit juste comme une cicatrice récente. Rien d'inquiétant. J'ai tout de même préfèré attendre un peu avant de faire le deuxième à cause ça.

Tatouée, un an après
Tatouée, un an après

Pour ce qui est de la vie professionnelle, en général je le cache mais il est très voyant et ça n'est pas toujours facile. Je ne me contrains pas et s'il dépasse de ma veste alors tant pis. Je n'ai eu aucune remarque désobligeante des gens avec qui je travaille. C'est d'ailleurs dans le cadre pro que j'ai rencontré les réactions les plus saines : curiosité, surprise, compliments. Étonnant non ?

Parfois, j'aime le maquiller ou l'agrémenter. Je n'ai pas voulu de couleurs (et difficile de refuser ça à Sacha qui fait DES MERVEILLES avec les colo' et dégradés) parce que j'avais une idée plutôt précise et arrêtée. J'ai craqué pour quelques crayons waterproof et hyper-pigmentés d'Urban Decay et j'y ajoute parfois un peu de bleu, parfois un peu de vert, parfois des paillettes, parfois du doré (et le noir + doré, c'est le combo canon, franchement). Je maquille mon tatouage comme je maquille ma bouche ou mes yeux. Une signe qu'il fait partie de moi pour de bon ?

J'ai toujours eu un physique commun et je n'ai jamais pris l'habitude que l'on pose son regard sur moi, que l'on me porte un intérêt fort. J'ai l'impression que ma créativité a été mise en avant et que je suis devenue "digne" d'un peu de curiosité pour certaines personnes qui jusque là n'avaient jamais trop prêté attention à moi. Je me méfie de cet intérêt soudain. Un tatouage ne fait pas de moi quelqu'un de plus charismatique ou de plus assuré. Tout au plus, il révêle un aspect de ma personnalité que je m'étais bien gardée de montrer jusque là. J'ai préféré illustrer ma force de caractère par des actes concrets avant de la poser sur mon bras. J'ai voulu me donner les moyens d'emprunter les chemins qui me semblaient les plus intéressants à défaut d'être les bons avant de porter sur moi le symbole de ces choix. C'est un peu comme si cette pieuvre, ce trophé, je l'avais gagné. Et le nouveau regard des gens, il ne veut pas dire grand chose à côté de mon propre regard sur les chemins parcourus et à parcourir. Personne n'a besoin d'un tatouage pour être digne d'intérêt. Personne ne devrait avoir à se démarquer ou au contraire à entrer dans un moule pour qu'on le juge comme ayant du potentiel. Alors les petites phrases anodines telles que "je ne te voyais pas comme ça", "t'es quelqu'un de fun en fait", "si j'avais su...", et bien elle me font doucement sourire. Je n'ai pas changé, je porte juste désormais la trace évidente de ce que la plupart des gens n'ont pas pris la peine de voir.

Je vais quitter ce ton mélodramatique qui ne me convient pas vraiment, ahah. Je ne sais même pas si le sentiment que je tente d'exprimer est vraiment compréhensible. Je suis preneuse de vos avis sur la question. Tatouées ou non.

Pour finir sur une note plus frivole, je vais vous exposer un grand mystère que je n'explique pas. Les moustiques adorent mon tatouage et se font un malin plaisir de le piquer. Et ça... S'ils pouvaient éviter ce serait vraiment sympa parce qu'il gonfle avec les piqûres d'insectes et c'est tout sauf agréable. Heureusement que je ne suis pas du genre allergique à tout.

Une chose est certaine, je ne regrette pas. Je ne vois d'ailleurs pas comment je pourrais. Je me sens... au complet. Je ne sais pas si c'est clair et je suis curieuse de savoir si d'autres tatouées ont se sentiment d'avoir été complétées. C'est un sentiment étrange et très satisfaisant.

Voilà voilà, vous savez tout. Si vous avez des questions, n'hésitez pas !

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