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Un petit peu de violence

Publié le 11 juin 2015 par H16

Aujourd’hui, je vais vous parler violence. Violence en vrac, violence mal gérée, violence républicaine voire endémique, bref, de la bonne violence comme notre pays semble maintenant mûr pour en distiller à chaque coin d’une notule journalistique crapuleuse. Mais surtout, je vais parler d’actes violents dont les motivations supportent mal d’être mises côte-à-côté, parce qu’elle heurteront inévitablement la sensibilité des plus bisounours d’entre nous.

Tenez, prenez de la violence standardisée, celle qu’on trouve maintenant de façon assez commune dans les banlieues françaises, ces banlieues dont on croirait qu’elles ont été cultivées exprès pour ça, avec la dérive complète des élus locaux les arrosant d’aides publiques pour acheter une paix factice, une société devenue bien trop permissive entraînant une police beaucoup trop nerveuse et consciente de l’inutilité de sa présence ou de son travail. Laissez pourrir quelques décennies. C’est facile, c’est avec l’argent des autres (il y en a plein) ou la dette sur les générations futures (c’est facile, ils gueuleront trop tard). Puis faites monter en sauce avec un événement à la fois banal et violent. Cela peut nécessiter un transformateur électrique un peu trop facile à visiter, ou un platane malencontreusement présent dans une courbe.

Recette efficace : quelques jours de violence suivront et de nombreuses voitures seront brûlées, comme ce fut le cas à Tourcoing la semaine dernière.

Notez le traitement médiatique particulièrement modeste de la presse nationale, qui commente cette actualité comme elle le ferait d’une météo agitée : des voitures ont brûlé (pouf, comme ça, la foudre sans doute), mais c’est l’accalmie, voire le reflux des violences comme celui d’une marée dans son étiage normal. N’en parlons pas (ou pas trop).

En revanche, cette même presse aura fort à faire lorsqu’il s’agira de rapporter les abominables souffrances endurées par les immigrés clandestins lorsque la police sera intervenue pour les déloger de leurs campements sauvages. Là encore, notez (comme le fait d’ailleurs Corto sur son blog) qu’on les appellera « migrants » plutôt que clandestins et qu’on insistera sur la violence des policiers, au besoin en utilisant le mot « rafle » qu’on sait venu d’un autre siècle plein d’heures sombres, parce qu’après tout, s’il y a bien un problème en France, c’est que le pays tourne à la violence policière comme à Ferguson, voyons. Si si, tout le monde le sait.

méchantes fleurs

Notez enfin que la presse ira bien vite interroger les uns et les autres sur leurs pertinents avis (forcément pertinents) et sur les fonds qu’il va falloir mobiliser pour lutter contre ces dérives, ce fléau, ces souffrances.

Vous trouvez l’écart de traitement entre ces deux formes de violence étonnant ? Allons. Ressaisissez-vous, morbleu !

Pour une autre forme de violence, on pourra parler de celle, régulière, qui ne déclenche pas de réaction des témoins autour (vilains, vilains témoins apathiques !).

En son temps, Laurence Rossignol, alors sénatrice, avait été toute émue de cette léthargie citoyenne : s’étant fait dérober de l’argent alors qu’elle venait de le retirer au distributeur, la sénatrice poursuivant son voleur s’était scandalisée de l’absence totale de réaction des témoins pourtant nombreux autour d’elle. À l’époque, je remarquais que, justement, une réaction de la part d’un quidam aurait probablement signifié pas mal d’ennuis pour ce dernier. Plus récemment, une agression dans le métro de Lille avait défrayé la chronique pour des raisons similaires. Les méchants ne sont décidément pas en voie d’extinction puisqu’il y a quelque jour, rebelote, l’un d’entre eux violait une étudiante dans un train et profitait ainsi de la passivité des voyageurs.

laurence rossignol

Oh, mais, que vois-je ? Regardez ici une autre louchée de violence, cette fois-ci avec un fêtard qui tente d’agresser sexuellement une femme endormie sur une banquette de discothèque. Surprise, Arnaud Gonnet, un père de famille, réagit, s’interpose fermement mais sans violence au départ, se prend tout de même un bourre-pif du tripoteur pas honteux pour un sou, contre-attaque donc et … fracasse l’impétrant. L’agresseur confronté aux risques de ses comportements décidera bien évidemment de porter plainte pour coups et blessures contre Arnaud.

Sans surprise (et avec un petit coucou pour Laurence Rossignol qui continue actuellement ses exactions au gouvernement), la Justice condamne l’honnête (mais trop impulsif) père de famille à deux mois de prison avec sursis, pendant que l’agresseur, lui, s’en prend quatre.

Ce pourrait être un jugement à la Solomon si le message ainsi envoyé ne corroborait pas exactement les remarques que je faisais il y a deux ans lorsque la pauvre sénatrice Rossignol découvrait la dure réalité de la vie en République Française : au-delà du discret appel téléphonique aux pompiers (la police ne répond plus, elle est débordée par la protection des VIP républicains), mieux vaut largement ne rien faire lorsqu’on est témoin d’une carabistouille criminelle. Bien sûr, cela n’est vrai que pour le Français moyen. Le citoyen Modèle Supérieur, lui, saura parfaitement garder son sang-froid et doser sa réponse pour la garder parfaitement proportionnelle à l’agression. Seul souci : on n’en trouve plus en rayon, les stocks ont été consciencieusement détruits par une société plus du tout d’accord avec eux.

méchante méchante légitime défense

Tout ceci n’est pas simple.

Tout comme il est difficile d’y voir clair dans ce qu’il convient de penser et de faire à tel point que la définition même de Camp du Bien devient fuyante, tout comme il devient particulièrement complexe de déterminer ce qu’est, exactement, une république exemplaire qui ne comprendrait pas de repas au Fouquet’s mais pourrait s’autoriser des allers-retours footballistiques en Falcon, il devient finalement impossible de déterminer exactement à quelle sauce la Justice va gober du citoyen. Il devient impossible de savoir s’il existe vraiment une défense légitime, ou si, plus simplement, il faut juste subir et fermer sa gueule.

Et à cette confusion déjà grande d’une Justice illisible par le citoyen pour lequel elle est normalement rendue, s’ajoute celle d’une presse tout aussi illisible qui opère manifestement plus souvent comme un filtre déformant que comme une source équitable d’information. C’est finalement elle qui décidera de monter en épingle (ou pas) certains événements plutôt que d’autres ; c’est elle qui favorisera certains discours politiciens gluants de démagogie par des lâchers réguliers de gros micros mous sous leurs nez turgescents ; c’est cette même presse, perdue dans un siècle révolu et ivre des importantes subventions qu’elle reçoit, qui croit toujours qu’elle éclaire son lectorat de sa sagesse et de la finesse de ses analyses, et c’est donc elle qui peut se permettre de définir ce qu’il convient de penser ou ce qu’il est bon de fustiger en dodelinant du chef.

Je résume : les politiciens font tout et son contraire ; la Justice distribue ses verdicts comme un malade de Parkinson des tic-tacs goût foie de morue ; et là-dessus, la presse boucle le tout de ses analyses ineptes et de ses sermons moralinés. Pas de doute : ce pays est foutu.

Un petit peu de violence

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