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Une production d'avions valorisée à 5 600 milliards $ sur 20 ans

Publié le 12 juin 2015 par Toulouseweb

Qu’il s’agisse des prévisions d’Airbus ou de celles de Boeing, les perspectives que dressent tous les ans les experts des deux principaux avionneurs mondiaux sont trčs attendues par la chaîne des fournisseurs. Car en effet, ces derniers – et principalement les sous-traitants- basent leurs prévisions d’activités sur le nombre d’avions ŕ produire, mais aussi incidemment des moteurs et de leurs équipements. Des données sur lesquelles les fournisseurs se basent pour élaborer leur plan stratégique d’investissement ou d’embauches et qui, pour ces fournisseurs français (composantiers, petits équipementiers, et au sens large les PME sous-traitantes) peuvent ętre affinées lorsqu’ils sont adhérents du Gifas. Car chaque mois, ces adhérents –et principalement ceux du Comité Aero-PME- ont accčs ŕ des données directement fournies par les grands maîtres d’œuvre que sont Airbus, Dassault Aviation, Safran, Thales, etc.
Alors, ŕ 3 jours de l’ouverture du salon aéronautique et spatial du Bourget (du 15 au 21 juin), les perspectives qu’a l’habitude de divulguer Boeing chaque année étaient trčs attendues. Elles sont de nature ŕ conforter toute la chaîne des fournisseurs quant au niveau de production auquel ils auront accčs durant les vingt prochaines années (d’oů la possibilité d’investir ŕ long terme) mais elles ont aussi pour corollaire d’inquiéter un certain nombre d’entre eux ainsi que nombre de cabinets de conseil, sur leur capacité ŕ faire face ŕ une croissance de la montée en cadence de production qu’aucun industriel aéronautique –qu’il soit maître d’œuvre ou partenaire industriel- a jamais dű gérer jusqu’ŕ ce jour.
En effet, le cabinet AlixPartners rappelait il y a quelques jours que dans le domaine des monocouloirs, les carnets de commande ŕ fin 2014 représentaient environ 10 années de production, tandis que ceux des gros porteurs étaient de 8 années. Cela, en ne tenant compte que des commandes détenues par Airbus et Boeing.
Des carnets commandes qui conduisent les deux avionneurs ŕ envisager des hausses de cadence mensuelle plus importantes que ce qu’ils n’envisageaient il y a encore quelques mois, principalement pour les monocouloirs, c’est ŕ dire les avions de type A320 (ceo ou neo) et Boeing 737 (classiques ou MAX).
Les chiffres dévoilés par Boeing ce jeudi 11 juin ne font que confirmer toutes les analyses présentées ces derniers jours. D’autant plus que Boeing prend en compte tous les appareils commerciaux qu’ils soient régionaux (hors turbopropulseurs) jusqu’aux plus grands d’entre eux (les gammes 747 et A380) en version transport de passagers ou transport de fret.
Le résultat est édifiant, entre 2014 et 2034, la flotte mondiale va doubler pour atteindre 43 560 avions en 2034 dont la grande majorité seront des appareils de transport de passagers (40 630) et ce, bien que le transport de fret prévoie de connaître ŕ nouveau une embellie, ce qui n’était plus le cas ces derničres années. Pour Boeing, le trafic de passagers va croître sur la période de 4,9 % par an et le transport de fret de 4,7 %.
Sur les 21 600 appareils en service en fin 2014, 5 510 seront toujours en service en 2034, 16 090 seront retirés progressivement du service pour ętre démantelés et remplacés par des avions neufs, et prčs de 21 960 appareils neufs seront mis en service pour assurer la croissance du secteur. Un total donc de 38 050 appareils ŕ produire en 20 ans.
Une croissance soutenue principalement par les pays émergents dont le pouvoir d’achat croît parallčlement ŕ une classe moyenne qui prend de plus en plus d’importance. Une croissance aussi qui concerne les marchés intérieurs dans des zones trčs étendues mais dans lesquelles les monocouloirs sont les plus Ť en vogue ť. Ainsi selon Boeing, les monocouloirs représentent 70 % des avions ŕ produire d’ici ŕ fin 20134. Ce sera l’Asie qui absorbera le plus d’appareils (14 330) suivie de l’Amérique du nord (7 890) et en troisičme position l’Europe (7 310 avions). Viennent ensuite le Moyen-Orient (3 180), l’Amérique latine (3 020), l’Afrique (1 170) et les 9 pays de la CEI (1 150). Un volant d’affaires qui selon les estimations de Boeing s’élčvera s’il se confirme ŕ 5 600 milliards de dollars sur 20 ans.
Nicole Beauclair pour AeroMorning

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