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Avec Yomoni, la fortune commence à 1000 €

Publié le 13 juin 2015 par Patriceb @cestpasmonidee
Yomoni Certes un peu exagérée, la promesse de Yomoni est celle de tous ces acteurs émergents qui veulent apporter la révolution numérique à l'épargne : grâce aux technologies et à l'automatisation, les avantages de la gestion de fortune – jusque-là réservés aux nantis – deviennent accessibles au commun des mortels, quel que soit leur patrimoine.
Les ingrédients mis en œuvre par la jeune pousse sont désormais connus : langage clair et sans jargon, compréhensible par les néophytes, souscription et suivi (en « temps réel ») exclusivement en ligne, gestion totalement intégrée, diversification des investissements, réallocation dynamique pour garantir l'alignement dans la durée avec les objectifs fixés, préférence pour les fonds indiciels (ETF), frais réduits et – surtout – totalement transparents (en l'occurrence 1,6% du portefeuille)…
Sur cette base, Yomoni propose une solution destinée prioritairement à des personnes qui veulent commencer à épargner, pour leur premier projet d'importance. Cette population – comprenant naturellement les « digital natives » – n'est pas familière de l'offre existante et se retrouve aujourd'hui écartelée entre un livret A rassurant mais très peu rémunérateur et des produits plus complexes dont ils se méfient, parfois à juste titre. Elle est donc certainement prête pour une approche intermédiaire.
Avec Yomoni, le client commence par définir son objectif d'épargne, en termes concrets (achat immobilier, retraite…), déclinés ensuite en un montant et une échéance, mis en regard de sa situation et de ses revenus. S'ensuit une incontournable évaluation de son appétence au risque, par l'intermédiaire d'un questionnaire personnel. Il se voit alors proposer un portefeuille (en assurance vie) et une stratégie d'investissement adaptée, parmi 10 modèles disponibles. Après acceptation, les automates s'occupent de tout, opérant régulièrement les rééquilibrages nécessaires afin de maintenir le cap fixé.
Accueil Yomoni
Si ce principe de l'investissement automatisé commence à se répandre, Yomoni espère – une fois son agrément AMF obtenu – être la première en France à l'implémenter de bout en bout, c'est-à-dire en prenant en charge la gestion sous mandat. Ce positionnement – qu'a également retenu Anatec – requiert des moyens lourds, notamment pour faire face à la réglementation, en comparaison des entreprises qui se « contentent » d'un rôle de conseil. En contrepartie, il représente une étape – que j'estime essentielle – vers la simplification ultime de l'investissement pour les non spécialistes.
Les exigences correspondantes (qui demandent des capitaux) offrent des opportunités aux institutions financières traditionnelles, qui commencent à se laisser séduire par les perspectives de la gestion robotisée. Yomoni vient ainsi de lever 3,5 millions d'euros auprès d'une filiale de la Financière de l'Échiquier et du Crédit Mutuel Arkéa. Après une période d'observation, ces établissements (qui ne sont cependant pas les plus frileux de la place) prennent conscience du potentiel de ces trublions, qui transposent leurs métiers historiques sur un segment de clientèle qu'ils ne savent pas adresser eux-mêmes.
Se pose tout de même la question à terme de l'évolution de ce marché. Car, si l'automatisation démontre ses qualités, elle va immanquablement empiéter sur le territoire des modèles plus classiques, ne serait-ce que parce que ceux qui l'auront adoptée dans leur jeunesse n'auront aucun raison de changer plus tard (sauf peut-être à bénéficier d'une « vraie » gestion de fortune, pour les plus chanceux). Il faut donc probablement s'attendre à terme à une cannibalisation du marché, qui risque de provoquer, là encore, la disparition de quelques dinosaures trop peu agiles…

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