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Un accord israélo-palestinien aurait des retombées économiques considérables

Publié le 13 juin 2015 par Blanchemanche
#Israel #Palestine #Paix
NATHALIE HAMOU / CORRESPONDANTE À TEL-AVIV | LE 11/06/2015

Selon le think tank RAND, un accord de paix israélo-palestinien pourrait injecter 173 milliards de dollars aux deux économies.

Un accord paix israélo-palestinien l’option « profitable » partiesUn accord de paix israélo-palestinien serait l’option la plus « profitable » pour les deux parties - ShutterstockLes « dividendes de la paix » pourraient-ils inciter Israéliens et Palestiniens à mettre un terme à leur conflit ? Au début de l’été dernier, une étude commandée par l’ONG Initiative de paix israélienne, auprès d’une équipe d’experts comprenant l’ex-directeur du ministère des Finances israélien Yarom Ariav, avait tenté de chiffrer les retombées économiques d’un accord de paix : un gain annuel de 67 milliards de shekels (15,4 milliards d’euros) pour l’Etat hébreu. Mais cette projection n’aura guère eu le temps de marquer les esprits : dès le 8 juillet 2014, Israël et le Hamas engageaient une nouvelle passe d’armes meurtrière dans la bande de Gaza .Cette fois, c’est au tour du think tank américain RAND Corporation de faire tourner son outil, un « calculateur du coût du conflit ». Il passe en revue l’incidence économique de cinq scénarios pour le conflit israélo-palestinien, dont celui de la « résistance non violente », fondée sur les appels au boycott d’Israël qui ces jours-ci fait les gros titres des médias israéliens. Sans surprise, le principal enseignement de ce travail de recherche étalé sur deux ans, et basé sur des entretiens avec plus de 200 fonctionnaires de la région, est qu’un accord de paix serait l’option la plus « profitable » pour les deux parties.

« Un exercice académique »


Le scénario le plus optimiste, à savoir un accord de paix durable accompagné d’une solution à deux Etats, entraînerait – au bout de dix ans – un gain de 120 milliards de dollars (105 milliards d’euros) pour l’économie israélienne, assorti d’une hausse de 5 % du revenu moyen par habitant. Il injecterait 50 milliards de dollars à l’économie palestinienne, qui connaîtrait une hausse de 36 % du revenu par tête. Le scénario le plus pessimiste, celui d’un retour de la violence (de type Intifada) se traduirait par un manque à gagner de 250 milliards de dollars pour Israël ; tout en provoquant une chute de 46 % du PIB par tête palestinien.

Boycott : des pertes énormes pour les deux parties

Parmi les scénarios intermédiaires, figure celui de « la résistance non violente », qui s’appuie sur des campagnes en faveur de sanctions et du boycott économique d’Israël. Il serait lui aussi synonyme de pertes énormes pour les deux parties : 80 milliards de dollars pour les Israéliens et 12 milliards de dollars pour les Palestiniens. Et comparé aux résultats économiques générés par une solution à deux Etats, le manque à gagner atteindrait en fait 200 milliards pour Israël et 60 milliards de dollars côté palestinien. Enfin, les chercheurs de RAND ont examiné l’impact économique de deux autres scénarios prévoyant un retrait israélien unilatéral de Cisjordanie, l’un coordonné, l’autre non. En revanche, l’option d’un Etat « binational » n’a pas été explorée.Pour SamirAbdullah, directeur de l’Institut de recherche de la politique économique de Palestine, le rapport de RAND est surtout « un exercice académique plein de bonnes intentions ». Reste à savoir quelle influence cette modélisation pourrait avoir sur les décideurs israéliens et palestiniens.
Nathalie Hamou à Tel-Aviv

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