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La viande : je peux ou pas?

Publié le 17 juin 2015 par Lecoloblog @lecoloblog

NB Post-écriture : il se peut que je me sois laissée aller à écrire un post de 5000+ mots, je vous prie de m’excuser pour la longueur mais je vous remercierais vraiment de le lire jusqu’au bout!


Je décide aujourd’hui de me lancer dans un thème extrêmement polémique, surtout en France (1er consommateur AU MONDE en calories/tête), à savoir le fait de manger de la viande.

Je me rend compte que l’alimentation est l’une des choses que l’on fait avec le moins de conscience et de rationalisme. Tout le monde sait qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour, ni trop gras ni trop sucré, ni trop salé. Et pourtant, mon patissier se porte à merveille, j’ai toujours 1kg de sucre en rabe dans mon placard, 1 plaquette de beurre dans mon frigo et ma salière se vide toujours trop rapidement à mon gout. Sans parler des quelques kilos bien installés sur mes hanches et aui n’ont forcément pas décidé d’en partir.

Et je me rend compte au fil de mes lectures, qu’il en est finalement de même pour la viande. La plupart des gens ne pourraient pas tuer un animal eux-mêmes pour le manger. Tout le monde a entendu parler de l’élevage en batterie, des conditions d’abattages déplorables et j’en passe. Et pourtant la consommation de viande et autres produits animaux se portent plutôt bien. Pour l’alimentration, ce qui prime finalement c’est de ne rien savoir…

C’est Paul Mc Cartney qui un jour a dit « Si les abattoirs étaient fait en verre, tout le monde serait végétarien ». Moi la premiére, je serais bien incapable de tuer une vache ou même une poule pour la manger. J’aurais l’impression de commettre un meurtre. Et pourtant il m’arrive de manger du poulet, du boeuf, du porc, du poisson, des oeufs, du lait, etc.

Une autre question qui me laisse sans réponse, pourquoi y-a-t-il des animaux que l’on mange et d’autres que l’on protège? À quel moment s’est on dit qu’un chat avait le droit de venir se faire caresser en ronronnant au lit mais qu’un mouton devait finir en méchoui? Pourquoi un chien nous tient compagnie et une vache nous nourrit? Pourquoi le gorille bénéficie de notre protection et le porc fini enfermé toute sa vie dans un hangar pour terminer en saucisson?

J’ai donc décider de me lancer dans une étude, un tant soit peu approfondie, pour trouver des réponses. Je vous laisse découvrir le résultat, et je m’excuse par avance pour la longueur de la publication.

Depuis quand mange-t-on des animaux?

Le sujet est déjà très discuté entre pro-viande et pro-végétarien, et ce n’est que le début. Pour clarifier les choses tout de suite, les informations que vous trouvez au sujet du régime alimentaire avec ou sans viande sont tantôt sponsorisées par des lobbies pro-viande, tantôt par des lobbies pro-végétarien, donc pour rester neutre et impartial, ce n’est pas simple.

De ce que j’ai pu lire, aussi loin que l’humanité existe, les animaux ont fait partie de notre régime alimentaire. Il est communément admis que les Australopithèques, de par leurs caractéristiques, dentaires notamment, mangeaient principalement des végétaux mais aussi à 20% des insectes et autres petits animaux (rongeurs, lézards, etc.)

La viande : je peux ou pas?

Il y a environ 450 000 ans, les hommes préhistoriques commencèrent à chasser, principalement avec des pieux ou en rabattant des troupeaux vers des fossés pour leur tendre des pièges. On consommait alors du gros gibier ainsi que des plantes. Selon certains spécialistes, la consommation accrue de viande chez Homo erectus lui aurait permis d’assurer sa survie vis à vis d’autres groupes, végétariens, et de l’aider à développer son cerveau.

Il y a environ 35 à 40 000 ans, se sont développés les premiers outils de type arc, hache, et autres qui permettaient de chasser plus efficacement. Jusqu’à la sendentarisation et le début de l’élevage au Néolitique (vers -8000) l’homme mange principalement ce qui est issue de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

L’arrivée de l’élevage va cependant stabiliser voire réduire la consommation de viande au profit des céréales. La viande sera alors considérée comme un plat de luxe réservé aux populations les plus aisées.

Ainsi pendant longtemps, la viande va être un symbole de virilité et de force, notamment celle issue de la chasse et mise à mort par de valeureux guerriers. La viande cristallise également certains interdits religieux. On pense notamment au halal  ou au casher, aux hindous qui sont complétement végétariens, aux chrétiens qui s’interdisent de manger de la viande pendant Carême. On peut également citer l’exemple des pythagoriciens dans la Grèce antique, oui Pythagore n’est pas juste un théorème, c’était aussi un homme végétarien.

Dans l’ère moderne on assiste à deux courants. D’un côté en Angleterre, la création de la Vegetarian Society, établie en Septembre 1847, de l’autre l’augmentation généralisée de la consommation de viande pendant les 30 Glorieuses. Cependant, depuis les années 80-90, la consommation en Europe semble légérement diminuer, notamment grâce aux classes aisées. Elle augmente de maniére générale dans le reste du monde. Ce sont tout de même 9000kg de viandes qui sont ingurgité chaque SECONDE dans le monde!

La viande : je peux ou pas?La taille des pays dépend de leur consommation de viande

Pour conclure cette partie, soyons claire, l’homme a toujours plus ou moins mangé de la viande

Pourquoi mangeons-nous de la viande?

La première réponse qui ne vaut que pour une infime partie de la population : Parce qu’on n’a pas le choix. En effet certaines peuplades qui vivent dans des climats hostiles sont contraintes de se nourrir principalement d’animaux. Je pense par exemple aux Inuits d’il y a quelques siècles, qui se nourissaient quasi uniquement de poissons, d’élevage de rennes et de mammifères marins (phoques, petites baleines, etc.). Je pense aussi aux tribus africaines qui vivent dans le désert et qui se nourissent principalement de leur élevage de chèvres ou autre bétail. Pour eux, il n’y a pas beaucoup d’alternatives…

Le 2ème argument qui me viendrait à l’esprit pour une personne qui a le choix serait « Parce que c’est bon! » C’est vrai et incontestable pour beaucoup de gens. Au même titre que l’on se gave de sucre et de gras malgré le mal que ça nous fait, on mange probablement de la viande tout en sachant ce que ça implique. Cependant, si vous assistez en direct à l’abattage de la bête de votre prochain steak, pas sur que vous en ayez toujours envie, on va y venir.

Ensuite pourrait venir l’argument « santé » des omnivores. La viande apporte différents éléments nutritifs (protéines, fer, vitamine B12) plus difficile à trouver dans le règne végétale. Je suis assez d’accord avec cette affirmation mais je voudrais accentuer le fait que c’est plus difficile mais pas impossible. Aujourd’hui je pense qu’il est communément admis que l’on peut être en bonne santé sans manger de viande. Paul Mc Cartney, du haut de ses 72 ans s’en sort plutôt bien. Il est possible d’obtenir suffisamment de bonnes protéines, de fer et de vitamine B12 dans le lait, les oeufs et beaucoup de végétaux (sauf pour la B12) et on entend rarement parler de mort par végétarisme… Cet argument est, à lui seul, insuffisant.

Donc concrètement, si j’ai le choix de manger autre chose, si je sais que ce n’est pas indispensable à ma santé et si en plus, l’idée de tuer un animal me dégoute, alors pourquoi je mange de la viande?

Cette partie là a été une vraie prise de conscience pour moi. En fait je me suis rendu compte qu’aussi loin que je me souvienne, je n’avais pas remis en cause le fait de manger de la viande, c’était juste normal. Finalement la principale raison qui fait qu’on mange de la viande aujourd’hui, c’est parce qu’on a été éduqué comme ça. On nous sert un steak, une cuisse de poulet, une tranche de jambon et on mange parce que c’est le code social qui prime et qu’on oublie volontairement tout ce qui se cache derrière.

D’ailleurs je remarque avec le temps que le fait d’être végétarien est extrêmement stigmatisé, jugé. Comme si le contenu de l’assiette de notre voisin était un crime contre le bon vivant français. Donc finalement, même si on sait que les animaux vivent dans des conditions misérables, et qu’on ne cautionne pas ça, on oublie et on les mange parce que l’ensemble de la société a dit que… et parce que si vous ne le faites pas on va vous sortir des énormités comme le fameux « cri de la carotte » ou le « mais tu dois être carencé! » et vous ne pourrez plus manger en paix.

Donc finalement la réponse, par rapport à l’énoncé d’avant c’est que Oui, on peut faire sans viande, Oui on est conscient de la souffrance des animaux, mais Non on n’a pas le choix. On n’a pas le choix parce qu’on ne nous laisse pas avoir le choix. On considère que manger de la viande est presque un devoir plutôt qu’un droit. On choisit surtout de ne pas s’informer et de faire confiance aux acteurs du marché, de fermer les yeux et de faire comme les masses.

La viande : je peux ou pas?Mélanie Joy 48 ans (oui oui tu as bien lu)

C’est cette femme, Mélanie Joy, qui est en train de donner une certaine impulsion à cette prise de conscience, pas forcément de la meilleure manière qui soit d’ailleurs (pour l’avoir vu en TED Talk à Münich, je la trouve un peu trop violente). Elle a tout de même au moins le mérite d’avoir créer la notion de « carnisme » pour nommer aussi la norme de laquelle on différencie le véganisme ou le végétarisme.

Elle s’intéresse notamment aux raisons qui font que l’on choisit de manger certaines espéces et d’en avoir d’autres pour animaux de compagnie. Son questionnement est intéressant mais je ne pense pas que les foules soient assez ouvertes pour accueillir son argumentaire un tantinet trop moralisateur. Pour ceux que ça intéresse, c’est par ici

Ceci dit, arrivée à ce stade, je vous avouerais que ça a été un choc pour moi. J’ai pris conscience que 1) J’avais effectivement le choix aujourd’hui en France de NE PAS manger de viande, 2) ce que pensait la « société » m’était finalement égal, 3) je pouvais choisir de ne pas fermer les yeux sur ce qui se passe aujourd’hui dans la filiére viande.

Que se passe-t-il dans la filière viande?

On attaque ici un morceau délicat, sans mauvais jeux de mots. C’est à ce stade ou l’omnivore que je suis à tendance à se dire « encore un veggie yogume (le yoga, les légumes) qui va me montrer des images d’animaux qui souffrent pour me culpabiliser et me dire que c’est mal. Et rien que cette affirmation de moi-même me refait passer par la case : pourquoi ferme-t-on les yeux sur ce qui se passe? Pourquoi prend-on ce genre d’initiative comme une volonté de nous culpabiliser? Pourquoi éteignons-nous cette vague de pitié qui nous envahit en pensant à l’animal qui souffre, dès qu’on se retrouve devant un morceau bien juteux de sa jambe?

Malgré toutes mes recherches, ce point spécifique ne trouve pas d’autres réponses que la « pression sociale » ou plutôt le contexte culturel, l’habitude, le manque d’information, le manque de transparence. Toutes ces choses qui font qu’un morceau de viande est un morceau de viande et pas une partie d’un animal qui a été vivant.

Le but de cette partie n’est pas de vous culpabiliser chers lecteurs, simplement de vous retranscrire ce que j’ai découvert au fil de mes recherches, des faits, des choses réelles.

Élevage intensif

En fait dés le départ, il faut distinguer l’élevage traditionnel et l’élevage intensif, partagés en 20%/80%. C’est donc l’élevage intensif qui domine largement la filière. Par élevage intensif on entend par exemple l’élevage de poulet ou de porcs en batterie, les fermes avec animaux par milliers sur une surface réduite. Et ce qui s’y passe n’est pas vraiment beau à voir. Je tiens quand même rappeler qu’il n’est pas question ici de l’élevage traditionnel chez le petit fermier où les poules gambadent à l’air libre, les vaches paissent dans les champs et le porc de la famille retourne son lopin de terre en mangeant le reste des épluchures du diner de la veille. Il est bien question d’élevage industriel. La plupart des informations provient du site de l’association L-214, en référence à l’article du code rural (en vigueur, je précise)

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »

Les oeufs et poules pondeuses

La vie d’une poule pondeuse est finalement assez courte. Tout commence à l’éclosion de l’oeuf. les poussins sont triés par sexe. Les femelles sont gardées pour l’élevage. Les mâles sont broyés ou asphixiés, la souche génétique des poules pondeuses ne permettant pas un développement assez rapide des poulets.

Les poussins femelles sont ensuite élevés ensemble pendant 18 semaines, sans adultes, donc aucune éducation (les poules apprennent en imitant). leur bec est épointé pour réduire les risques de piquage et de cannibalisme. Le bec est une partie sensible de la poule, l’opération au laser est donc douloureuse.

Elles sont ensuites enfermées dans des cages, dans des hangars, à raison de 16 poules par m² soit moins d’une feuille A4 par poule. Ce confinement engendre des problèmes comportementaux comme le cannibalisme et un taux de mortalité élevé, de l’ordre de 5 à 12%

La viande : je peux ou pas?

Après 1 an de ponte, les poules sont réformées. Elles sont ramassées à la va vite, ce qui entraine de nombreuses fractures des pattes. Elles sont transportés jusqu’à un abattoir ou le « cours de la poule réformée » est satisfaisant (parfois dans d’autres pays), sont suspendues à des crochets sur une chaine automatique et plongées dans un bain d’electronarcose (courant électrique) qui les anesthésie, puis elles sont saignées, déplumées et conditionnées pour la consommation.

Il existe certes, plusieurs maniéres d’élever une poule pondeuse : en cage, au sol et avec accès à l’air libre. Les poules en voliére au sol ont un peu plus de place (moins de 2 feuilles A4) mais toujours pas d’accés à l’exterieur. Les poules bio/plein air ont 4 à 5m² par poule à l’exterieur mais seulement 2 à 3 feuilles A4 à l’intérieur.

Dans tous les cas les poussins mâles sont broyés, les becs épointés et les poules réformées et abattues. Finalement la seule manière de manger des oeufs sans engendrer une vraie boucherie, c’est encore d’avoir ses propres poules.

Les porcs

Si vous avez déja vu des sangliers dans un parc forestier, vous saurez comment fonctionnent les cochons. Groupe sociaux avec mâle dominant, activité principale de recherche de nourriture, besoin de grandes étendues, portées nombreuses, etc.

Un élevage de porc est très différent de tout ça. Premiérement, 95% des porcs français sont élevés à l’intérieur. Ils sont tous castrés à vif peu après leur naissance, malgré la quasi inutilité de la pratique (seul 3% des porcelets mâles non castrés – verrats – développent une odeur particuliére à la cuisson). On leur coupe également la queue et on leur meule les dents pour limiter les conséquences de l’agréssivité.

Les porcelets sont sevrés en 21 à 28 jours au lieu de 3 à 4 mois naturellement. Ils ont peu de contact avec leur mère. Les truies sont, en effet, bloquées dans des stalles où elles ne peuvent que se lever et se coucher, mais pas se déplacer.

La viande : je peux ou pas?

Après le sevrage, les porcelets sont rassemblés pendant 5 semaines dans de grands hangars sur un sol dur et troués (caillebottis) permettant l’évacuation des excréments et sans autre occupation que de manger de force la nourriture solide servie.

Ils sont ensuite transféré chez des engraisseurs qui vont les nourrir pendant 5 mois, jusqu’à ce qu’ils rejoignent l’abattoir où ils sont étourdies par électronarcose et saignés. Le taux de mortalité sur ces 6 mois est de 20%, malgré la consommation de 37% des antibiotiques vétérinaires. Il est par ailleurs fréquent que les petits chétifs soient abattus à coup de masse ou la tête contre un mur.

Les vaches

Une vache laitière est inséminée à partir de ses 2 ans, et ce tous les 12 mois environ, jusqu’à l’âge de 5 ans (soit 2 à 3 veaux, alors que la vache peut vivre jusqu’à 15 ou 20 ans). Pendant sa grossesse, la vache est déjà exploitée pour son lait. On estime qu’un effort de ce type (gestation + lactation) représente la déoense énergétique d’une course de 6 à 8h par jour pour un humain.

Le veau est retiré quasi á la naissance ou quelques jours plus tard, ce qui provoque un choc émotionnel violent. Certaines vaches risques leur vie pour retrouver leur veaux. Ils s’appellent mutuellement pendant des jours après leur séparation.

Une vache laitière actuelle produit 8000L de lait par an soit 3 fois plus qu’en 1950. Le rythme effréné d’insémination, gestation, lactation, séparation qu’on lui fait subir la rend stérile ou trop faible au bout de 5 ans. Sans parler des problémes de santé de type inflammation des pis.

Elle est donc conduite à l’abattoir ou elle est souvent saignée sans étourdissement préalable et dépecée encore consciente. 40% de la viande de « boeuf » est ainsi de la viande de vache laitière réformée

Du coté des veaux, ce n’est pas beaucoup mieux. leur nourriture est volontairement pauvre en fer pour les anémier et permettre à la viande de garder cette couleur rosé qui plait tant aux consommateurs. Les mâles sont tués au bout de 5 à 6 mois. les femelles suivent le même parcours que leur mère ou sont également abattues si le chetpel est déjà trop important.

Abattage

Je vous ai décrit ci-dessus principalement les conditions d’élevage intensif. Il existe bien entendu des élevages plus traditionneles et éthiques, notamment dans le bio, même si la réglementation n’est pas parfaite.

Cependant, même dans le cadre d’un élevage bio, la finalité pour les animaux reste la même, à savoir l’abattoir. Il est impossible pour un particulier d’abattre ses animaux tout seul, l’abattage devant respecter certaines normes d’hygiéne et de sécurité. Le mieux que puisse faire un éleveur c’est de choisir l’abattoir et d’essayer d’accompagner ses animaux le plus loin possible. Il ne faut pas perdre de vue qu’un éleveur traditionnel est souvent plus proche de ses animaux. L’abattage d’une des bêtes reste un événement qui les empêche parfois de dormir la nuit.

Malheureusement du côté des abattoirs, il est difficile d’avoir recours à un abattage « propre » et sans souffrance pour l’animal. Dès le départ, l’animal génère un stress important lors du transport et de l’attente dans le couloir de la mort. Les cris des animaux qui les précèdent et les odeurs de chair et de sang n’arrangent rien.

Ensuite les méthodes d’abattage, bien qu’en faveur du bien-être animal, reste assez violentes. Les animaux sont étourdies ou anesthésiés via des courant électrique (poulets, porcs) ou une trépanation (bovin). Les animaux sont donc vivant lorsqu’ils sont saignés par une coupure de la carotide. Certains sont encore conscient lorsqu’ils sont dépecés. Le tout s’effectue bien sur à la chaîne (âmes sensibles, s’abstenir)

Par ailleurs, les conditions de travail des ouvriers de la filiére viande sont peu enviables. Beaucoup témoignent du stress lié au travail pendant de longues journées avec des animaux vivant et dénoncent le traitement des animaux comme une simple marchandise. C’est cependant grâce à eux que beaucoup d’associations ont pu faire leurs investigations.

Voilà pour cette partie un peu compliquée. Ce n’est souvent pas la plus convaincante, curieusement. Beaucoup de consommateurs choisissent de fermer les yeux. Je pense personnellement qu’il vaut mieux une personne qui a connaissance de tout ça et choisi quand même de manger de la viande, du lait et des oeufs, plutôt qu’une personne ignorante.

Pourquoi ne pas manger de viande, c’est agir pour le climat?

Pour répondre facilement à cette question, je vous propose de regarder cette infographie, publiée par Terra Eco

Manger moins de viande c’est aussi agir sur l’environnement et les différentes pollutions liées à l’épendage de fumier, la pollution des nappes phréatique par le lisier de cochon, les algues vertes en Bretagne, etc.

Ne pas manger de viande c’est aussi permettre à des populations affamées de manger à leur faim. Aujourd’hui on considère que 70% des terres agricoles mondiales sont occupées par l’élevage ou la culture de la nourriture pour le bétail. Ainsi la quantité de nourriture produite permettrait de nourrir 4,5 milliards de personne, soit une bonne partie de ceux qui ont faim aujourd’hui. Les couts baisseraient mathématiquement (loi de l’offre et de la demande), et les terres non utilisées pourraient être utilisées pour la reforestation. Par ailleurs, la transformation d’énergie végétale en énergie est animale est très peu efficace puisqu’il faut 11 calories végétales pour 1 calorie de boeuf, 4 pour du porc, du poulet ou des oeufs.

Au Brésil l’élevage intensif est la premiére cause de déforestation de la forêt amazonienne, considérée comme le poumon de la terre car étant d’une échelle telle qu’elle permet de stocker une énorme partie du CO² dégagé au niveau mondial.

Viande et santé

Voici peut-être une autre partie polémique que je vais essayer de traiter de la maniére la plus impartiale qu’il soit.

Ma position sur ce point précis c’est que la viande est effectivement intéressante d’un point de vue nutritif. En revanche, je pense sincèrement que l’on en mange beaucoup trop et qu’à cette dose elle est plus nocive que bénéfique. je pense également qu’il est possible de vivre sans, mais tout cela reste un choix personnel.

Dans les faits :

La viande : je peux ou pas?

Citation du PNNS (Plan National Nutrition Santé) sur la viande

La consommation de viande en excès pourrait à long terme favoriser l’apparition de maladie. 100 à 150g par jour sont donc suffisant

Premier point positif, on est sur une tendance baissière. par contre on parle ici d’une valeur moyenne, il existe donc toujours des gens qui en mangent beaucoup trop, d’autant qu’il s’agit ici uniquement de la viande. Il faut rajouter les oeufs et le poisson.

La recommendation du PNNS est de 1 à 2 fois par jour de viande, poisson ou oeufs. Le poisson 2 fois par semaine minimum et attention á limiter les viandes grasses et préférer les maigres. On constate ici que le boeuf est la viande préférée des français. C’est aussi l’une des viandes les plus grasses et donc les plus « dangereuses » pour la santé avec la charcuterie, premier apport de viande!

Viande et cancers

Une étude, reprise par le CIV (Centre d’information des Viandes), gros lobby pro-viande, démontre chez le rat le lien entre un régime riche en fer héminique (celui de la viande) et l’apparition du cancer du côlon

Une autre étude de L’american Society for Human genetics, montre qu’une variation génétique sur le chromosome 10 entrainerait une augmentation du risque de développer un cancer du côlon en mangeant de la viante rouge et de la charcuterie. Ceci serait du a une réponse immunitaire lors de l’absorption de ces produits. Cette variation serait présent chez 1 personne sur 3. Pour les autres, l’étude précse que même sans variations, le risque de cancer du colon lié a la surconsommation de viande rouge et de charcuterie est bien existant.

On estime, par ailleurs que consommer 100g de viande rouge (1 steak haché) quotidiennement, augmenterait de 29% le risque de développer un cancer du côlon.

Viande et maladies cardio-vasculaires

Les principales raisons à la base des maladies cardiovasculaires sont le mauvais cholestérol et la hausse de la tension arterielle.

Une étude publiée dans la revue Nature Medicine montre que le métabolisme dans l’intestin de la L-carnitine, une molécule contenue dans la viande rouge, génére de l’oxyde de triméthylamine (TMAO) qui favorise le dépôt de cholesterol dans les artères, formant ainsi des plaques risquant de les boucher.

Une étude épidémiologique suédoise menée sur 12 ans auprès de plus de 37 000 hommes a montré un risque accrue d’accident cardiovasculaire chez les personnes mangeant beaucoup de charchuteries et autres viandes transformées.

Cela s’explique principalement par la présence d’acides gras saturés en masse, qui contiennent beaucoup de cholestérol et favorise son accumulation. La consommation de viande rouge et de charcuterie engendre également diabète et obésité, encore une fois à cause du taux d’acides gras saturés.

La viande blanche est moins incriminée que la viande rouge. Elle est en effet moins grasse et moins « toxique » pour l’organisme que la viande rouge et la charcuterie. Quitte à manger de la viande, autant favoriser la volaille maigre et le poisson

Surconsommation de protéines

Dans les pays occidentaux, nous sommes plus souvent confrontés à une surconsommation de protéines qu#a des carences. Je pense notamment aux gros mangeurs de viande et aux régime Dukan. Le besoin journalier en protéine se situe à environ 1g/kg/jour, plus ou moins selon le sexe et le niveau d’activité.

Sachant que vous pouvez trouver des protéines dans les céréales, les légumineuses, la viande, le lait, les oeufs, les noix, et certains légumes, il est important de ne pas en consommer trop. C’est pourquoi l’alimentation standard française à 2 portions de viande par jour est souvent trop élevée.

Une surconsommation de protéines engendre une hausse des déchets liés à la dégradation des acides aminés. Ces déchets sont notamments l’urée et l’acide urique qui peuvent surcharger le rein et entrainer des douleurs articulaires.

Une surconsommation pourrait également entrainer une augmentation de la masse graisseuse en agissant sur l’insensibilité à l’insuline qui elle même régule normalement le métabolisme des triglycéride et du glucose.

Le cas de la vitamine B12

On sait tout de même que la viande a des effet bénéfiques notamment via son apport en protéines complétes (variété d’acides aminés), en fer et en vitamine B12

Il est aujourd’hui communément admis qu’un végétarien n’aura aucun souci à compenser ces apports, notamment via la consommation de lait et d’oeufs

Pour un végétalien, les protéines peuvent être apportées par des céréales et légumineuses combinés pour avoir tous les acides aminés, ou par du soja et des pseudo-céréales (quinoa, sarrasin, amarante, chia) qui réunissent tous les acides aminés nécessaires

Le fer peutégalement être trouvé dans le règne végétale (fer non-héminique). Il est moins bien absorbé par l’organisme mais aussi moins dangereux (cf étude cancer du côlon). Son absorption peut être favorisée en l’associant à la vitamine C (contenue dans beaucoup de fruits et légumes)

En revanche la vitamine B12 n’est présente que dans le règne animal. Elle est synthétisée par des bactéries á l’interieur du tube digestif des animaux et se transet ensuite dans la viande, le lat et les oeufs. Un végétalien devra donc se supplémenter.

Le cas des antibiotiques

Le système d’élevage intensif tel qu’il est pensé aujourd’hui n’est viable que grâce à l’utilisation massive d’antibiotiques (60 000 tonnes par an dans le monde). Le confinement dans des hangars, la proximité lié au nombre d’animaux par m² et l’évacuation trop lente des excréments est à la base d’un risque extrêmement élevé de contamination. Sans les antibiotiques, antifongiques, vermifuges et autres, peu d’individus pourraient s’en sortir.

Le seul souci c’est que c’est différents médicaments se retrouvent immanquablement dans la viande que nous consommons. Alors quels sont les risques.

D’une part la présence d’antibiotique aussi massive engendre de plus en plus d’allergies chez les êtres humains. D’autre part la combinaison de différents médicaments, au départ inoffensif, peut engendrer des effets nocifs, avec par exemple des troubles nerveux du tronc cérébral quand on combine 3 des antifongiques les plus utilisés.

Cependant, le plus gros problème aujourd’hui c’est que les antibiotiques administrés aux animaux créent des resistances chez eux comme chez l’humain pour plusieurs souches de bactéries mutées. Or, aujourd’hui, le développement de nouveaux antibiotiques est de plus en plus long et difficile. On estime tout de même à 25 000 morts en Europe en 2007 des suites de résistance aux antibiotiques

Les solutions

La solution la plus radicale aujourd’hui pour lutter contre cette industrialisation de l’animal c’est encore d’arrêter complétement de manger de la viande, du lait et des oeufs. Avec tout ce que ça comporte, c’est à dire se supplémenter en vitamine B12 et varier son alimentation avec céréales, légumineuses, noix, fruits et légumes.. Je sais que beaucoup de français sont complètement réfractaires à l’idée mais c’est aujourd’hui une réalité, sans ça on arrêtera rien.

La deuxième solution qui serait tout de même bénéfique au moins à votre santé et à celle de l’environnement c’est de réduire son apport de viande à 2 ou 3 portions par semaines. C’est suffisant pour couvrir ses besoins en variant les sources pour les autres repas. Cette solution aura au moins le bénéfice de réduire le nombre  d’élevage et pourquoi pas en améliorer la qualité.

La troisième solution, qui ne va pas sans la deuxième, c’est d’essayer de tendre au maximum vers un élevage plus éthique ou les bêtes ont chacune suffisamment de place et un accès à l’exterieur pour s’épanouir. Ce n’est cependant pas compatible avec la consommation de viande actuelle

Cela n’enlève en rien les autres problèmes de la filière, notamment les conditions d’abattage et le broyage des poussins mâles, réalisé aussi dans les élevages bio. Pour les poussins, l’Allemagne a peut-être mis au point un système permettant un sexage à même l’oeuf, trois jours après la ponte. Ce système mesure, á l’aide d’infrarouge, la longueur des chromosomes différente selon si c’est un XX ou un XY. Les oeufs mâle pourraient alors être utilisé pour préparer de la nourriture animale sans avoir besoin d’éclore.

Pour ce qui est des conditions d’abattage, aujourd’hui pour les bovins, il se fait de plus en plus souvent sans étourdissement préalable (abattage rituel généralisé) ce qui engendre souffrance et stress jusqu’a la mort de l’animal. parfois un deuxième étourdissement est nécessaire. Parfois l’animal reprend conscience avant sa mort. Il est donc absolument indispensable de garantir un étourdissement correct et conforme et une saignée par les deux carotides pour accélérer la mort de l’animal.

Il est également nécessaire d’améliorer les conditions de pré-abattage pour réduire au maximum le stress de l’animal. Cela doit se faire en dehors des considérations économiques qui poussent à la rentabilité et entrainent une mauvaise gestion de l’animal avant sa mort.

Reste qu’il s’agit toujours d’animaux qui polluent toute leur vie, qui souffre énormément des conditions d’élevage et dont on peut se passer pour vivre. Je laisse le soin à chacun de répondre à son propre dilemme éthique, en connaissance de cause. Toujours est-il que le modèle tel que conçu aujourd’hui n’est pas viable pour faire face à la hausse de la population humaine et aux objectifs de limitation du réchauffement climatique tel que spécifiés pour la COP 21. Il faut à tout prix que les décideurs de ce monde se penchent sur le problème dans sa globalité, et pas seulement en trouvant des solutions de rafistolage comme « la vache qui rote moins » pourtant à l’étude dans les laboratoires de l’INRA

En tant que citoyen, vous avez le pouvoir, par vos achats d’agir sur beaucoup de choses, alors pensez-y. Et par pitié, laissez les végétariens et autres végétaliens en paix. Non ils ne sont pas carrencés, oui il font du bien à la planète et non la carotte ne souffre pas quand on la coupe…

La viande : je peux ou pas?

Et en bonus, un petit diaporama des végétariens célèbres


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